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Photo Sophie Vincent
Un tondu un chevelu, des cris avec calme
Je les ai écoutés dans des conditions un peu difficiles, un bistrot
associatif dont l'auditoire était composé d'amoureux de la chanson
française, mais aussi de certains qui avaient usé de la dive bouteille,
de voisins venus en curieux et de gens simples qui voulaient danser,
étrangers aux paroles mais qui voulaient bouger sur la musique.
Et bien nos trois complices sont restés impassibles, malgré les
événements qui parasitaient l'ambiance, tout à leur interprétation,
chapeau pour la performance.
Un petit clin d'oeil de Didier Hominal du groupe "Monsieur Bidon" qui a joué du piano à bretelle sur une de leurs chansons.
Les textes de Jean Monier (le tondu) touchent au coeur et aux tripes
car Jean aborde des sujets peu traités dans le landerneau de la chanson
actuelle : "J'irais cracher" (la prostitution), "Johny la nuit" (les
séquelles traumatiques chez un ancien de la guerre d'Algérie), "Vivre
avec des morts" & "L'enterrement" (sur le thème de la mort, avec
gravité ou humour). Bref pas la facilité du "Je t'aime, on s'aime"
utilisée dans les tubs que nous serinent les médias. Les chansons sont
bien écrites, le texte concis, profonds avec un style empreint de
poésie et de réalisme.
Photo Sophie Vincent
La zique, non tonitruante, sert
parfaitement les textes, et San-K (le chevelu, banjo, guitare, mandoline,
ukulélé) et Erik Jeulin à la basse se font musicalement complices et soutiennent
pleinement l'interprétation de Jean.
Continuez sur votre chemin de création, car
le monde du spectacle est
hélas sans concession et fait tout pour laminer les vrais auteurs en nous
fourguant des "écrivaillons" et des "faiseurs de décibels". Mais pour
cela je vous fais confiance, vous êtes déjà passés en résistance par rapport à la
connerie ambiante.
Avec l'aimable autorisation des auteurs
Photo Sophie Vincent
Parcours
C'est la rencontre de Jean et San-K qui donne naissance, en 2002, à
Un Tondu Un Chevelu. Le duo réalise sa première démo éponyme en 2003, à
la bonne franquette sur un vieux 4 pistes cassette. C'est aussi à ce
moment que Guillaume, le contrebassiste, les rejoint.
La formation enchaîne les concerts dans les bars, les concerts de soutien pour des lieux ou des initiatives libertaires.
En 2004, le groupe enregistre sa deuxième démo « Gare à la revanche.
». Première vraie expérience studio pour le groupe qui lui vaudra de
toucher un public plus large bien qu'encore confidentiel, mais aussi
des structures comme la MJC de Chambéry ou l'APEJS, avec lesquelles le
groupe va travailler de manière étroite.
Les concerts qui se succèdent aident le groupe à acquérir une
première expérience de scène : timides, certes, mais pas intimidés !
Le style d'écriture s'affirme, San-K se multi-instrumentalise
(mandoline, ukulele, banjo), et l'identité du groupe se précise pour
déboucher en 2005 avec l'album « sur la corde ».
La sortie de l'album, des concerts importants, artistiquement et
humainement au Rabelais à Meythet dans le festival Attention les
Feuilles, au Totem en 1ère partie de Loïc Lantoine, font de cette année
2005, une année charnière.
Photo Sophie Vincent
Début 2007, 3 résidences successives soutenues par la région
Rhône-Alpes, la S.A.C.E.M. et l’A.D.I.M.I. permettront au groupe de
réaliser un premier travail de fond sur les aspects techniques du son,
ainsi que sur une création lumière. Ils entrent ainsi de plein fouet
dans le monde de la professionnalisation musicale.
Jean Monier, l’auteur de Un Tondu Un Chevelu se consacre depuis à l’écriture du second album.
Fruit de ce travail de création, une démo 3 titres « Les
Naufragés » a été enregistrée cet été. En 2007, un
« son » nouveau est né !
C’est dans cette recherche quasi constante que le groupe un tondu un
chevelu s’affirme et bien des raisons nous font dire que leurs chansons
trouveront écho auprès du public et des professionnels.
Avec l'aimable autorisation des auteurs
Discographie
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1ère
démo, CD 9
titres, 2004 épuisé
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"Gare à la revanche",
CD démo, 2004, épuisé
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"Vivant", CD, 2005, épuisé
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"Sur la corde", CD,2006
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"Les naufragés", CD 3 titres, 2007,
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Ils parlent de la chanson française
"Je ne sais pas pour vous, mais il y a de ces soirées dont on se dit qu’elles n’auront pas servi à grand chose sinon à épancher notre soif passagère de camaraderie. L’une d’elles pourtant m’est aujourd’hui d’une utilité inespérée ; alors qu’à une heure déjà tardive, le téléviseur dégoulinait encore des crachats collégiaux qui avaient entaché la retransmission des Victoires de la Musique, étalés çà et là par les bombardements sporadiques de quelque pantoufle rageuse, je me suis prêté au jeu de l’interview avec mon ami Fred Ruttini, à l’époque pigiste stagiaire au journal culturel et alternatif suisse Backstage of Vintage.
Evidemment, l’interview était pour de rire, et n’aurait de toute façon pas intéressé le comité de rédaction du journal, plus porté sur les confidences d’artistes de la trempe de CW Stoneking et autres Dead Brothers. Néanmoins, elle trouve aujourd’hui sa place dans une rubrique de ce site, d’autant plus qu’étant donné qu’elle était pour de rire, on y parle de choses sérieuses.
- Fred : utiliserais-tu le terme de chanson française pour qualifier la musique de un Tondu Un Chevelu ?
- Jean : Je l’utiliserais à défaut.
- F : Pourquoi à défaut ?
- J : Parce que c’est un terme qui n’a pas la même définition d’une personne à l’autre. De plus, il ne résume pas à lui seul un style musical, si tant est que ce soit possible. Non, franchement, si je devais utiliser ce terme, sur une affiche de concert par exemple, ce serait uniquement parce que je sais que certaines personnes ne vont pas aux concerts juste parce qu’ils ne vont pas comprendre les paroles. Au moins, avec ce terme c’est clair, ils viennent ! (rires)
- F : c’est plutôt positif ! Tu ne l’utiliserais pas tant à défaut que ça, alors ?
- J : Ben, si... (soupir) Parce que je sais qu’il y a des personnes qui ne viennent pas aux concerts juste parce que ça chante en français. Ils voient « chanson française », et ils se disent tout de suite que ça va être chiant...
- F : Il faut pourtant bien trouver un terme qui donne suffisamment d’indications, pour que les gens sachent qu’ils vont entendre des chansons chantées dans une langue qu’ils comprennent, avec des textes auxquels on aura pris soin de donner un minimum de relief ?
- J : Il paraît, oui... Quand on éprouve le besoin de cloisonner la musique par genres, c’est soit pour des motifs marketing, soit pour revendiquer une approche musicale particulière. Personnellement, je n’utilise ces « cases » qu’avec parcimonie dans mes goûts musicaux. Je suis plutôt du genre à classer la musique en deux genres distincts : la bonne et la mauvaise ! (rires) Cela dit, j’accepte que certaines personnes s’appuient là-dessus pour s’orienter dans leurs choix musicaux. Mais je ne vois pas comment la langue peut être un réel critère de choix musical.
- F : Tu accordes pourtant une grande importance aux textes dans ta musique...
- J : Je suis attaché à la langue française, et j’essaie de lui trouver un rythme et une sonorité qui correspondent à ma démarche musicale. La chanson est un exercice musical particulier, dont on ne peut dissocier le texte de la musique. Il est donc important de soigner la musique, le texte, et l’interprétation du texte. D’autres ont une approche du chant différente : ils vont choisir une langue pour les sonorités qu’elle propose, ou même l’inventer purement et simplement, et je ne considère pas cette approche moins valable que la mienne. C’est juste autre chose.
- F : L’usage généralisé de l’anglais, par exemple, ne te pose pas de problèmes ?
- J : Si, quand il sert de cache-misère. Quand on n’ose pas explorer les sonorités de sa langue maternelle, de peur de se vautrer, alors qu’elle a besoin qu’on la fasse vivre aussi à travers la musique. Je trouve cette attitude typique de la France. Quand Nina Hagen a utilisé l’allemand sur ses premiers albums, ça a mis tout le monde d’accord : le rock pouvait sans problème adopter cette langue, ouvrant même de nouveaux horizons. Nous, on doit avoir un complexe : soit on sous-estime notre musique, soit on surestime notre langue et on a peur de ne pas être à la hauteur pour l’exploiter.
- F : il y a pourtant un paquet d’artistes francophones, dont ceux qu’on vient de voir aux Victoires...
- J : il y a une fâcheuse tendance à abandonner notre langue aux seuls artistes de variété. C’est à mon avis pour cette raison que le terme « chanson française » existe, pour tenter de distinguer une autre chanson de celle qui est proposée pour la culture dite de masse. Pour ma part, si j’ai des choses à défendre, ce n’est pas sur le terrain de la sémantique. Ce que je cherche à faire, c’est réconcilier la musique avec ma langue. Peu m’importe que les gens nous écoutent pour la musique, pour les textes, ou pour les deux, ce que je veux c’est que chacun-e y trouve son compte et que notre musique les rassemble, ne serait-ce que le temps d’un concert."
Avec l'aimable autorisation des auteurs
Photo Sophie Vincent
Actualié
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