SOLENCE NATHALIE Version imprimable
 
 
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Photo Monique Chartier
 
Nathalie Solence, côté coeur et côté cris 

Quand on écoute Nathalie Solence on se dit que la bonne chanson française n'est pas prête d'être enterrée, et cela nous rassure. Au travers d'elle, la chanson de conviction et d'expression prend pleinement sa dimension.

Nathalie aborde des préoccupations de femmes, sans être féministe à tout crin, mais simplement pour revendiquer le droit à être citées, reconnues et puis bien sûr d'exister, comme dans sa chanson "L'européenne". Elle rend un hommage pudique à son mari chanteur, hélas disparu, Jacques Serizier, dans son album "Dans la maison blanche", compagnon avec lequel elle partageait passion de la chanson et vie commune.

Elle est capable de s'insurger contre les inégalités, le capitalisme, l'injustice et la privation de la liberté d'expression "Refuser", "Place Tian Anmen" & "Pour être poli". Nathalie brosse également des portraits touchants et attendrissants "La dame du dessus"

Mais Nathalie pratique aussi l'autodérision "J'suis dans les choux" ou s'amuse avec une histoire de moustique avec beaucoup d'humour "Le moustique" ou de robinet qui fuit "Le plombier".

Nathalie est l'auteur des textes de ses chansons, avec une écriture fine et ciselée, empreinte de sensibilité. A noter la mise en musique d'un texte que lui a inspiré le roman "La traversière" d'Albertine Sarrazin.

Elle a composé la majorité des musiques de ses chansons, et sa voix est assurée et mélodieuse, touchante au coeur et aux tripes, un bel exemple que devraient suivre les chantaillonneux actuels dont l'inconsistance est de notoriété publique.

Alors, continue Nathalie à nous faire vibrer par tes chansons, et égoïstement je mets mes pas dans tes pas car la fraternité ne s'invente pas.

"Refuser" (Nathalie Solence / Nathalie Solence & C. Gaisne)
Avec l'aimable autorisation des auteurs
 
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  Avec Claude Gaisne (photo Antonio Pedraza)
 
Le parcours

1973 : Pendant cinq ans, elle apprend la guitare classique à la Schola Cantorum avec Roger Ychaï (élève d’I. Presti et d’A. Lagoya). Ce sont ses premières bases techniques en musique, qui seront complétées par des cours de piano à partir de 1985 avec Roger Le Sourd (pianiste de C. Aznavour et de C. Vaucaire), des cours de solfège au Conservatoire de Puteaux, puis la pratique très professionnelle des logiciels d’écriture musicale (à partir de 2000).

1983 : Après avoir suivi pendant deux ans des ateliers chansons et des ateliers théâtre au Centre Georges Brassens de Nanterre, Nathalie monte sur les planches pour la première fois en 1983, côté théâtre à Nanterre où elle tient le rôle titre de La Locandiera de C. Goldoni, côté chanson, c’est au Temps des Cerises, Paris XIIIe où elle chante en public sa toute première chanson "La Machine". Elle continue sa formation théâtrale (Studio 34, Centre américain…), tout en poursuivant des études de Lettres classiques qui l’amènent à enseigner le Latin pendant quelques années.

1985 : Sa rencontre avec Jacques Serizier l’entraîne au cœur de la belle chanson. Avec lui, elle fait partie de l’aventure des "Goguettes" de Claude Duneton en 1985 : fait plusieurs émissions de radio sur France Culture, un disque 33 tours chez JAM, deux émissions de télévision sur FR3

1987, elle chante à la Mutualité à Paris, en duo avec Jacques Serizier pour la sortie de ses 2 Coffrets (total 6 cassettes). Nathalie Solence arrêt l’enseignement pour se consacrer à la scène.

1988 : Elle réalise, de la conception à la manipulation en passant par la mise en scène, une pièce de théâtre pour marionnettes "Chanson Baluchon" de Jacques Serizier qui est créée au Festival de Charleville-Mézières en 1988.

1989 : De cabarets en cafés-théâtres et de cafés-théâtres en théâtres, elle chante ses chansons. Elle participe aussi à des spectacles collectifs dont les thèmes sont "I sing french m’itou", Aristide Bruant, La Révolution (en 1989 bien sûr !), "La Chanson Imbécile". Les lieux sont le Limonaire, la Tanière, Peinture Fraîche, la Vieille Grille, le Cithéa… (pour ne citer que quelques lieux parisiens).
Au théâtre, elle joue dans "Tragédie de Maïakovski" à Lille, dans "L’Innocentement" de Claude Confortès aux Bouffes du Nord et en Région Centre, dans "Requiem Amori", spectacle pour orchestre symphonique, chœurs, solistes et comédiens d’A. Desmars et P. Guiral à l’Onyx de Saint-Herblain…

1993 : Elle sort un premier album de 12 titres personnels, paroles et musique, «Que le jour s’en souvienne», arrangements Jean Morlier, production Crescendo Moderato.
Jacques Serizier, son compagnon depuis leur rencontre et son époux depuis 1990, est alors gravement malade. Atteint d’un cancer du poumon, révélé par une tumeur à la tête opérée en 1993, il meurt le 11 février 1994.
Poussée par Vania Adrien Sens, elle met des chansons de Jacques à son répertoire.
Il y a un avant et un après. Il y avait le théâtre et la chanson, dorénavant il y a le théâtre, la chanson et Jacques Serizier. Il ne s’agit en aucune façon de vivre au passé, il s’agit simplement de faire vivre l’œuvre de Jacques Serizier du mieux possible au milieu des marchands de soupe et des machines à fric. La tâche n’est pas aisée !

 
"Brûle pour poings" (Nathalie Solence / Nathalie Solence & C. Gaisne)
Avec l'aimable autorisation des auteurs 
 
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Avec  Didier Lamothe (Photo Nathalie Mazéas)

1995 : Elle sort un deuxième album de 10 titres, paroles et musique de Nathalie Solence, intitulé «Dans la maison blanche – Chansons à Jacques», arrangements Jean Morlier, production Crescendo Moderato. Gala de sortie au music-hall Les Étoiles à Paris.

1995 : Hommage à Jacques Serizier au Théâtre Silvia Monfort à Paris (scène sur laquelle il a joué sa dernière pièce de théâtre) : spectacle avec une quarantaine d’artistes parmi lesquels P. Avron, G. Allwright, les Blankass, M. Bühler, L. Escudero, B. Haller, B. Haillant, G. Laffaille, P. Louki, F. Solleville, M. Havet… ; sortie d’un CD de 19 titres sélectionnés et projection d’un film réalisé pour l’occasion par Jacques de Chavigny (réalisateur sur FR3).
C’est vers cette époque qu’elle rencontre Claude Gaisne, musicien guitariste, avec lequel elle partage, depuis, bon nombre d’aventures artistiques, qu’il s’agisse de compositions, de disques ou de spectacles.
De fil en aiguille, les spectacles autour de J. Serizier aboutiront au «Temps de la Serize, textes et chansons drôlement poétiques de Jacques Serizier», spectacle dont le noyau dur est formé par Nathalie Solence, Jules Bourdeaux, Claude Gaisne et Vania Adrien Sens, mis en scène par Christian Dente à partir de l’an 2000.

1999 : "Le Temps de la Serize" est donné en Janvier, 15 spectacles dans 11 lieux différents de Paris, dont la finale au Théâtre de la Passementerie (salle J. Serizier).

1999 4 juin, sortie en fête du coffret de 4 CD et un livre (99 chansons et textes de Jacques Serizier) à Paris au Glazart avec une trentaine d’artistes, A. Sylvestre, C. Paccoud, A. Leprest, C. Duneton, C. Astier, M. Ogeret, V. Haïm, M. Valette, le Théâtre à Bretelles, co-production Le Loup du Faubourg/Nathalie Solence. Le coffret reçoit le Prix de l’Académie Charles Cros en décembre.

2002 : Troisième album, 14 titres «Et si nos maisons brûlaient», arrangements Jean Morlier, Claude Gaisne, Robert Suhas, John Faure, production Crescendo Moderato, distribution Le Loup du Faubourg/Mélodie. Le gala de sortie a lieu le 18 novembre à Paris, au Théâtre de Dix heures.
En 2002 également, Nathalie Solence édite "Le Théâtre de Jacques Serizier" : cinq pièces de théâtre de J. Serizier, Éditions Rizières © 2002.

2004 : Nathalie édite un recueil de partitions de ses 43 premières chansons, paroles et musiques, (Éditions Nathalie Solence © 2004).

2005/2006 : Parallèlement aux concerts de ses chansons qu’elle donne régulièrement, elle est conviée à enregistrer quelques titres sur des CD collectifs «Brassens et compagnie» (Bernadette Delchambre, La route aux quatre chansons) et "Moi j'aime le Papotin" (textes d’auteurs autistes avec Jacques Yvart, Franck Margerin, Pierre Barouh, Éditions Saravah).

2007 : Année de cumul, elle enregistre deux nouveaux albums, l’un en tant qu’auteur compositeur «Refuser» (orchestrations Jean Morlier), l’autre en tant qu’interprète «Mes amis de la rive gauche» (arrangements Claude Gaisne). Production Crescendo Moderato/Label Édito-Musiques/Distribution Rue Stendhal).
Sortie des albums à Paris au XX° Théâtre le 1er octobre et bis le 17 mai 2008 au Forum Léo Ferré

En remontant le temps
- Invitée régulièrement sur France Inter à l’émission de Serge Levaillant «Sous les étoiles exactement» (qui a préfacé le disque «Refuser»)
- Invitée dans des spectacles «Hommages» à Jean Ferrat, Léo FerrésGeorges Brassens, Bernard Haillant, Armand Babel, Jéhan Jonas, Manolis Agnostakis, Aristide Bruant, Patrick Deny, Gaston Couté, Victor Hugo.
- Invitée dans des festivals de chansons : Festival Notes en Bulle à Artigues (09) en 1998, Lutte Ouvrière en 2000, Fête de l’Humanité en 2000, Festival d’Avignon Salle Jean Vilar en 2002, Journée des femmes Paris 2002 et Sevran 2003, Festival Chant d’Elles à Rouen en 2004, Festival de l’été pourri à Paris jusqu’en 2005, Festival Poèmélodies à Pujols (47) en 2008…
- Nombreux spectacles sur Paris (les «petites salles» et les «grandes», le Théâtre Essaïon, l’Européen, le Connétable, Le Trianon, La Vieille Grille, La Colombière…), en régions (Les Bains Douches à Lignières, La Table Ronde à Grenoble, les tournées des Cafés historiques et patrimoniaux d’Europe…), à l’étranger (Luxembourg, Allemagne, Québec…). 


Discographie
 
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 "Que le jour s'en souvienne", CD, 1993

                    "Dans la maison blanche", CD, 1995

                               Chansons à Jacques 

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Solence12.jpg  "Et si nos maisons brûlaient", CD, 2002
                                                               "Refuser", CD, 2007
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Solence14.jpg  "Mes amis de la rive gauche", CD, 2007
  
Disques en participation


"Brassens et Compagnie", CD, La Route aux quatre chansons, 2005
"Les Chansons du Papotin", CD, Réalisation Jacques Yvart, Éditions Saravah, 2005
"99 chansons et textes de Jacques SERIZIER", Coffret livre-4 CD, Grand Prix du disque Académie Charles Cros 1999 (Nathalie Solence/Le Loup du Faubourg/Distribution Mélodie 1999)
"Au Limonaire", CD, Compagnie du ZINC, 1995
"La Goguette d'Enfer" de Claude DUNETON, 30 cm, JAM 1986

 

 Initiatives & Créations

Avec les adultes handicapés 

De 1990 à 2003, sur la commune de Montreuil, Nathalie Solence a animé des ateliers et monté des spectacles, au sein de l’association l’Aspirale (théâtre, musique, marionnettes, sculpture).
Chaque année, cela donne lieu à des représentations exceptionnelles, à des créations collectives interprétées par plus de vingt acteurs handicapés, « Jérôme, tendresse et désespérance », « La misère, la machine et les rêves », « Les Tambours »… difficilement oubliables pour ceux qui ont eu la chance de les voir sur scène. Nathalie Solence a une jeune sœur handicapée trisomique, Marie-Hélène, qui est une des interprètes (Théâtre Berthelot, Théâtre du Sapajou).

Jacques Serizier a écrit (1988) une pièce de marionnettes pour enfants Chanson Baluchon les manipulatrices, couturières, décoratrices, n’étaient autres que les deux sœurs de Nathalie Solence, Amalia et Marie-Hélène.
Jacques Yvart propose en 2006 à Nathalie Solence de participer à son disque avec Le Papotin, journal rédigé par des personnes autistes de l’Hôpital de Jour d’Antony.

Avec le théâtre engagé 

En 1997/1998, Nathalie a été une des collaboratrices de Claude Confortès, cinéaste, auteur, comédien, metteur en scène, pour son ouvrage "Répertoire du Théâtre contemporain de langue française", paru aux Éditions Nathan. 420 pièces, 420 auteurs de 1945 à nos jours.

Ce travail littéraire sur le théâtre est complémentaire de son activité de comédienne (Nathalie Solence a joué dans sa pièce «L’Innocentement » (contre les erreurs judiciaires) et chanté dans le spectacle « Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent » (sur Victor Hugo).

Avec l’Union Pacifiste 

Depuis plus de dix ans, avec le souvenir de son ami MOUNA (pour qui elle a écrit la chanson « On gueulera pour toi »), Nathalie Solence participe régulièrement aux galas de soutien de l’Union Pacifiste , section française de l’Internationale des résistants à la guerre.

Avec « Vie Libre », Éclats de verre, (sur les problèmes de l’alcoolisme) 

Spectacle créé en 2007, avec ses amis de la Compagnie du Tournezinc, construit autour de la lettre d’un ancien buveur (Alain Callès) intitulée « Lettre à mes amis de vingt ans », ponctuée par une douzaine de chansons, mis en scène par Claude Confortès. Il est chaque fois suivi d’un débat.

"Le moustique" (Nathalie Solence / Nathalie Solence)
Avec l'aimable autorisation de l'auteur 
 
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Avec Claude Gaisne (Photo Anne-Marie Panigada)
 
Nathalie parle de la chanson française 

"Un crayon, un grand cahier à carreaux, ma voix, plus un instrument de musique à proximité, piano ou guitare, et voilà comment j’écris mes chansons.

Que les musiciens ne m’en veuillent pas si je vais parler du texte plus que de la mélodie ou de l’arrangement qui pourtant, je le reconnais, vont le plus souvent faire le succès de la chanson.

La chanson est multiple. Elle peut naître d’un hasard, ou d’une réflexion, d’une idée, d’une sensation, d’un état, d’une musique, d’une douleur, d’une information, d’une envie de dire, d’un moment vécu, d’une absence, d’un rêve, d’une commande, d’un rien, de tout !

En fait c’est la grande liberté. Et pourtant… J’aime, quitte à me rendre la tâche difficile ou me casser les dents, me donner un carcan, une structure, une séquence qu’il faudra renouveler sur le même modèle autant de fois qu’il le faudra. S’il y a rimes, il y a rimes. S’il y a absence de rimes, il y a absence de rimes. Je choisis au début et après je m’y tiens. De même pour les féminines et les masculines, le nombre de pieds, le nombre de vers, le nombre de strophes, les leitmotive… De même également pour les e muets. Ça peut paraître un peu rigide. Mais je suis gênée quand j’entends par exemple une chanson où l’auteur a élidé tous les e muets, et soudain il y en a un qui ne sonne pas du tout, et qui n’est là que pour le nombre de pieds, même pas pour rire ! Autrement dit, dans cet espace de liberté de mon grand cahier à carreaux, je me donne beaucoup (ou peu – je suis le maître à bord ! –) de règles.

Et avec tout ça, il faut trouver le mot juste, et le mot qui va sonner. Je ne peux pas écrire sans répéter ou plutôt sans chanter les mots. Quelquefois le mot est juste mais ne sonne pas. Je l’abandonne, j’en cherche un autre. Cela peut durer longtemps. Je cherche, je cherche, je ne trouve pas. Bloquée, c’est l’impasse. Et un jour sans que j’y pense, il va venir tout seul. Ça, j’adore. C’est comme une délivrance. Mais oui bien sûr ! Ça paraît évident ! Trois mois de temps pour une évidence !

J’aime le côté non-dit et le côté concision. Un condensé, pas d’étalage, pas de littérature, pas de bla-bla et surtout pas de points sur les i, pas de lourdeurs, pas prendre les gens pour des imbéciles. Bien sûr j’écris pour me faire comprendre. Mais il y a dans mes chansons une multitude de jardins secrets, que je pense être bien la seule à pouvoir traduire.

La chanson est populaire. Elle est à chacun, elle est à tous. Une fois écrite, elle vit sa vie, elle n’appartient en quelque sorte plus à son auteur. Elle se transmet, on la fait sienne, et qu’elle soit écrite par x ou y, quand on l’aime, on y est comme chez soi.

Bizarrement, ce qui séduit mon oreille, qui fait que je cesse toute activité pour être en suspens, à l’écoute, c’est la voix, les voix. Alors bien sûr, cela ne veut pas dire que je resterais béate devant n’importe quelle chanson idiote sous le charme du chanteur. Simplement c’est la voix qui est le premier lien entre la chanson et moi. Il y a sans doute de belles chansons à côté desquelles je suis passée, n’étant pas sensible et pire encore ayant le poil hérissé à la voix qui les chantait.

Cela va de pair avec une pensée qui m’habite profondément. C’est que la chanson est un art (n’ayons pas peur des mots) vivant. Une chanson dans un tiroir, fusse-t-elle merveilleusement bien écrite, n’est rien si elle n’est pas « oralisée », transmise, répétée. Elle n’a pas de vie, elle ne sert à rien, pas même à faire plaisir à son auteur. Je la comparerais volontiers à une belle maison superbement construite, mais jamais habitée. C’est une maison sans vie. Une maison prend son « âme » avec les gens qui vivent dedans. C’est pareil pour la chanson. Une chanson non chantée, c’est peut-être beau, mais c’est triste et ça meurt bien vite !

"Place Tian Anmen" (Nathalie Solence / Nathalie Solence)
Avec l'aimable autorisation de l'auteur 
 
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Avec Anne Gouraud 

C’est pourquoi j’en veux terriblement à la main mise du show-biz sur la chanson. La télé, les producteurs, les grandes maisons de disques ont subtilisé ce bel outil de transmission d’émotions pour en faire des produits commerciaux. D’accord il faut vivre avec son temps. Le fric mène le monde. Difficile de s’en passer, de ne pas le prendre en compte. Mais nous nous sommes fait voler nos chansons en quelque sorte. Elles ont été remplacées, selon les époques, par la « Variété », la « Nouvelle Chanson Française », la « Jeune Chanson », comme si la chanson n’existait plus ou était ringarde, dépassée, vieux jeu… alors qu’elle est dans le cœur de tous et de toutes !

On sait très bien que chacun aime à réentendre une chanson qu’il a découverte en telle année, à telle occasion, avec un tel ou une telle. On sait tous que les chansons véhiculent des morceaux de nos vies, qu’elles rendent présents de façon aussi forte qu’une odeur, qu’un goût, qu’un paysage, des souvenirs enfouis ! Alors si nos chansons ne sont pas entendues aujourd’hui, qui pourra les réentendre un jour ?

Il y a une tonne de belles chansons qui n’arrivent pas aux oreilles d’un assez grand nombre de gens, bref qui ne sont pas suffisamment diffusées. C’est une sorte de censure. Et cette censure, volontaire, tue les chansons. Je ne dis pas qu’elle tue les chanteurs. Les chanteurs sont nombreux, les talents sont multiples. Mais quand nos chansons sont peu entendues, c’est un peu comme si elles mouraient enfants, ou jeunes filles. Avoir un air dans la tête, se le chanter, se le fredonner, en faisant bien souvent « lalala », c’est ça la chanson vivante ! Et en ne la diffusant pas, on l’empêche tout simplement de vivre. Non, elle n’est pas morte, loin de là. Mais je dirai qu’elle « vivote ».

Alors vive Internet ! La terre entière peut se brancher sur Michel Bühler (par exemple) ! Enfin les grands médias voient leur monopole de l’information un peu empiété ! Et bravo pour ton site, Gérard!"

 
Hommage à Jacques Serizier 

En accord avec Nathalie, nous rendons un hommage à Jacques Serizier avec cette chanson écrite entre 1981 et 1983.

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Jacques Serizier (Photo de Monique Chartier)
 
"Tu l'auras pas p'tit père" (Jacques Serizier / Claude Préchac)
 Avec l'aimable autorisation de Nathalie Solence & de Claude Préchac
 
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