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Béatrix de Toulouse-Lautrec a écrit un témoignage réaliste dans son livre "J'ai eu vingt ans à Ravensbrück", camp de concentration dans lequel elle a passé une année de sa jeunesse.
Béatrix a été arrêtée, avec sa mère, par la Gestapo de Lyon en juin 1944. D'abord internées au fort de Montluc à Lyon, elles ont été ensuite déportées à Ravensbrück en avril 1945.
Dès 1946, elle a raconté son "épreuve", sans intention de la publier, pour se libèrer de ce qu'elle avait vécu, de ses cauchemars. Son manuscrit a circulé anonymement sous le pseudonyme "75 537" (qui était son matricule de déporté), trente-trois ans avant sa première édition en 1981.
Son livre est une succession de scènes et de dialogues remplies d'émotion, de simplicité, d'amour et de peur. Elle n'a pas cherché à philosopher, ni à juger, juste de témoigner des misères de ses compagnes de déportation, des siennes et de celles de sa mère, de ses angoisses face à la mort, mais aussi de l'espoir et des petites joies à l'ombre des cheminées des fours crématoires.
Béatrix de Toulouse-Lautrec lors d'une séance de dédicaes
Dans son livre Béatrix de Toulouse-Lautrec a insèré des passages de la chanson "Ô terre de détresse" dont je vous livre le texte ci-dessous et que vous pouvez écouter interprétée par Serge Utgé-Royo.
"... Le paradoxe s’éclaircit cependant, une fois qu’on se penche sur l’histoire de cette chanson : certes chantée en français par Utgé-Royo dès ses premiers faits d’armes au sein de son collectif d’alors (le CAPRO - pour Cabaret Prolétarien d’Angleur), elle est née en Allemagne, en 1933, sous la plume d’un certain Esser et de Walter Langholff et une musique de Rudi Gogel. Trois détenus de Börgermoor, un camp d’internement qui accueille les premiers prisonniers politiques, dont l’oeuvre se propagera rapidement et deviendra un classique du répertoire antifasciste. Il y a des valeurs sur lesquelles même les légionnaires et les anarchistes s’accordent."
(Source : http://www.blogotheque.net/Terre-de-detresse )
LE CHANT DES MARAIS.
Loin vers l'infini s'étendent
De grands près marécageux
Et là-bas nul oiseau ne chante
Sur les arbres secs et creux
Ô terre de détresse,
Où nous devons sans cesse
Piocher, piocher, piocher.
Dans ce camp morne et sauvage
Entourés de murs de fer
Il nous semble vivre en cage
Au milieu d'un grand désert.
Ô terre de détresse,
Où nous devons sans cesse
Piocher, piocher, piocher.
Bruits de pas et bruits des armes
Sentinelles jour et nuit
Et du sang, des cris, des larmes
La mort pour celui qui fuit
Ô terre de détresse,
Où nous devons sans cesse
Piocher, piocher, piocher.
Mais un jour dans notre vie
Le printemps refleurira
Liberté, liberté chérie
Je dirai "tu es à moi"
Oh terre enfin libre
Où nous pourrons revivre
Aimer, aimer, Aimer.
Serge Utgé-Royo
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