Troy Davis a été exécuté par injection mercredi soir dans une prison de Jackson en Géorgie, peu après le rejet d'un ultime recours par la Cour suprême des Etats-Unis.
La justice américaine a refusé d'accorder la grâce à Troy Davis, un Noir condamné à mort en 1991 pour le meurtre d'un policier blanc, ont annoncé mardi les médias américains à la veille de son exécution prévue en Géorgie. Il était devenu le nouveau symbole de la lutte contre la peine de mort. Troy Davis, 42 ans, condamné en 1991 pour le meurtre d'un policier à Savannah, doit être exécuté par injection létale mercredi à 19 heures (1 heure à Paris) à la prison de Jackson (Georgie), malgré des doutes sur sa culpabilité. A Atlanta, capitale de l'Etat, le comité des grâces, qui délibérait depuis lundi 19 septembre soir, a confirmé sa condamnation à mort.
Alors la loi du talion, pratique barbare de temps révolus, est encore appliquée aux Etats-Unis, pays donneur de leçons d'ordre moral à l'ensemble des nations ? Nous ne pouvons imaginer la souffrance psychologique et la torture morale de celui qui pendant 20 ans attendait chaque jour l'annonce de sa prochaine exécution. Cette situation inhumaine est une honte pour ceux qui lui ont infligée cette persécution pendant tant d'années.
A l'occasion des 30 ans de l'abolition, l'association "Ensemble contre la peine de mort" organise une série d'événements, notamment dans les écoles, pour sensibiliser les enfants à cette question, encore d'actualité. Vendredi, Amnesty International se mobilisait pour Troy Davis, condamné à mort aux Etats-Unis alors que persistent de sérieux doutes quant à sa culpabilité, et qu'il attend depuis plus de vingt ans dans ce que l'on nomme "Les couloirs de la mort" où les condamnés à la peine de mort attendent le jour de leur exécution.
Robert Badinter, dans son célèbre discours à l'Assemblée nationale le 17 septembre 1981, le garde des Sceaux prononce un plaidoyer virulent contre la peine capitale, invoquant Camus, Hugo, Clémenceau et Jaurès. Dans l'hémicycle, quelques députés grognent mais le vote est sans appel : 363 voix pour l'abolition, 117 contre. Parmi les députés de l'opposition ayant voté pour se retrouvent Jacques Chirac, François Fillon, Pierre Méhaignerie et Philippe Séguin. La loi est votée à l'Assemblée le 18 septembre et promulguée le 9 octobre.
Discours de Robert Badinter à l'Assemblée Nationale, le 17 septembre 1981
Déclaration des droits de l'homme :
Article 5
"Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants."
J'espère que vous serez nombreux à réagir à cet article, et que nos témoignages conjugués pourront faire avancer l'abolition de la peine de mort dans certains états d'Amérique. Pour ma part je suis révolté par ce que j'appelle un assassinat par procuration, qu'il soit coupable ou non du crime qui lui est repproché.
"Je conteste la légitimité des guerres, la justice qui tue et la mort qui punit." (Georges Moustaki)
Georges Brassens
Jean-Loup Dabadie / Julien Clerc
Si vous connaissez d'autres chansons contre la peine de mort, contactez-moi ou envoyez la moi.
Gérard Gorsse, 20 Septembre 2011