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Monsieur Georges-François Hirsh
Direction de la création artistique
Délégation de la musique
62, rue Beaubourg
75003 PARIS
Ref ; CC/8625/MMi
CC/5468/CBU
Saint Paul en Jarez, le 4 septembre 2010
Monsieur Georges-François Hirsh,
J’ai lu avec beaucoup d’attention votre réponse du 27 juillet à mes précédents courriers que j’avais adressés à Monsieur Frédéric Mitterrand.
Il me semble qu’il y ait une méprise dans le concept même que laisse supposer votre réponse. En effet nous ne parlons pas de la même catégorie de chanteurs, alors que vous faîtes allusion à des têtes d’affiche connues du grand public, je prends fait et cause pour les chanteurs peu diffusés, alors que leur créations méritent tout notre intérêt (je pense que vous avez dû le constater en parcourant mon site).
Les festivals que vous soutenez, comme les Francofolies de la Rochelle, le Printemps de Bourges ne programment que très peu des chanteurs en émergence. Les Scènes de Musique Actuelles quant à elle ont des programmations éclectiques, mais la chanson de conviction et d’expression y est peu présente.
Le Centre National de la Chanson, des Variétés et du Jazz est plus axé sur des données administratives et financières, et là encore il est question de « Variétés », pas de chanson d’expression. Le Hall de la chanson fait un amalgame entre variétés et chansons de conviction. Cette autre chanson que nous défendons n’a donc pas de véritable identité reconnue, alors qu’il existe un public potentiel qui serait susceptible d’être un bon auditoire. Jean François Khan a animé une émission il y a quelques années, également « Le pont des artistes » (France-Inter) et des émissions de radios associatives démontrent que ce public existe, et la fréquentation de mon site par de nombreux internautes non négligeable en est une preuve objective.
Reste alors les festivals organisés par des associations : « Poémélodies », « Paroles de musique », « Les rencontres Marc Robine », « Le festival des vieilles charrues » etc. qui sont de véritables cassse-têtes pour les organisateurs afin d’obtenir un budget équilibré, les subventions des collectivités territoriales étant en forte baisse. Ces festivals programment des chanteurs en émergence.
De même les grandes salles de spectacle, comme les Zéniths entraînent trop souvent la mort des petites salles, donc la non-programmation des chanteurs en émergence.
Il paraît également urgent de revoir le fonctionnement des Commissions Régionales Culturelles censées donner une aide financière à la création. J’en prends pour preuve un spectacle d’une compagnie qui avait créé un spectacle sur Léo Ferré et qui a été mis à l’écart au motif « que le spectacle n’était pas original ». A noter dans ce cas qu’une seule personne de la commission s’est déplacée pour l’audition, et dans un lieu n’ayant pas la licence d’organisateur de spectacle.
J’estime qu’il est du devoir du Ministère et des collectivités territoriales d’envisager la chanson comme un art majeur, donc d’organiser des tables rondes pour pallier de manière pédagogique à ce déficit de diffusion. En guise d’anecdote, lorsque je fais un spectacle de rue et chante « L’affiche rouge » (Louis Aragon / Léo Ferré) les badauds s’arrêtent pour écouter, cela prouve que le public sait reconnaître les bonnes chansons.
En ce qui concerne les médias publics, le matraquage des auditeurs par des « tubs » mainte fois entendus est une preuve qu’il n’y a pas de diversité, ce qui est bien dommage. Il serait peut-être important de fixer des quotas, comme ce fut le cas il y a quelques années pour la diffusion de la chanson francophone.
J’attire également votre attention sur le statut des intermittents du spectacle, car une chanson de trois minutes demande souvent une centaine d’heures de préparation qui elles ne sont pas rémunérées.
Restant à votre disposition, veuillez agréer, Monsieur Georges-François Hirsh, l’expression de mes salutations distinguées et de ma légitime colère
"Que rebelle soit la chanson"
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