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Quand l'uniforme rend con !
 

  Le site est dédié à la chanson, mais la chanson a des rapports étroits avec les phénomènes de société. La page est donc un reflet de certaines interventions policières idiotes, musclées et non justifiées face à une attitude non-violente de manifestants qui n'étaient pas armés.

Les images parlent d'elles-mêmes.

Intervention musclée de la gendarmerie
 

Le vidéaste amateur qui a diffusé cette première vidéo a communiqué au Monde.fr une version longue de ses "rushes", "toutes les images que j'ai filmées ce jour-là", précise-t-il. Sur la vidéo ci-dessus publiée le 23 janvier par le vidéaste et blogueur Edmond Zimmermann sur Dailymotion, on voit le chef d'escadron Frédéric Warrion, bombe de gaz lacrymogène à la main, asperger un puis plusieurs manifestants.

Jeudi 21 janvier, Louis Julian, vigneron de 60 ans de Ribaute-les-Tavernes, était parmi les manifestants s'opposant au rattachement de la communauté de communes d'Anduze (Gard) à celle d'Alès.

Avec plusieurs dizaines de personnes, il avait pris place sur les voies ferrées, empêchant le passage d'un train transportant des élus aux voeux du député-maire UMP d'Alès Max Roustan. "Faire partir le train d'Anduze, comme si la commune faisait déjà partie de la communauté d'Alès, c'était de la provocation" explique Louis Julian au Post. D'où le rassemblement.

Mercredi, un élu présent lors de la manifestation, Alain Beaud, maire d'une commune voisine, expliquait au Monde.fr le deal qu'il avait passé avec le commandant de gendarmerie Frédéric Warrion : après un rapide sit-in, tous deux avaient convenu que le gradé prendrait l'élu par le bras et l'écarterait, marquant ainsi la fin du mouvement.

"Mais ça ne s'est pas passé comme convenu" poursuit Louis Julian. "Sans aucune sommation ni annonce ni rien, les gendarmes ont commencé à pousser les gens." Et ça a dégénéré.

C'est à ce commandant que Louis Julian, qu'il accuse de l'avoir frappé à plusieurs reprises sans raison, a tenu à écrire une lettre qu'il a voulu rendre publique. Il lui demande des explications, des excuses, et lui annonce son intention de porter plainte.

"Je ne veux plus le savoir"
François Béranger
Avec l'aimable autorisation de Emmanuelle et Stéphane Béranger 
 

L'ancien maire de Massiargues-Attruech et témoin de l'agression de Louis Julian, Jacques Blanc, confirme au Monde.fr les coups portés au vigneron : "J'ai clairement vu le gendarme en képi qui donnait des coups de poings de bas en haut. On avait l'impression qu'il se défoulait, c'était violent et choquant." Par ailleurs, un avocat préparant le dossier de plaintes affirme aussi avoir recueilli plusieurs témoignages.

Une autre plainte, pour violences, a déjà été reçue par le parquet d'Alès. Jeudi matin, le procureur expliquait au Post que deux enquêtes étaient en cours : une de l'inspection générale de la gendarmerie pour "faire toute la lumière sur les circonstances précises des faits et l'usage de la force". L'autre, par la brigade de recherches d'Alès, sur les dégradations du train. 

FlicVoyou.JPG

Louis Julian affirme avoir été frappé par le chef d'escadron Frédéric Warrion, celui qu'on voit faire usage d'une bombe lacrymogène sur la vidéo et compte porter plainte.

Jeudi, le vigneron a décidé d'adresser aux médias la lettre ouverte (accompagnée de la photo ci-dessus) qu'il a rédigée au commandant Warrion :

"Monsieur le Commandant, j'aimerais connaitre la motivation qui vous a poussé à me casser la figure : vous ai-je agressé ? Ai-je agressé l'un de vos gendarmes ? Ou est-ce que c'est parce que j'ai réussi à récupérer et jeter au loin l'aérosol lacrymogène avec lequel vous arrosiez copieusement des mémés et des élus ?

Lorsque vous m'avez frappé le visage à poings nus, la main ornée d'une belle chevalière, j'étais ceinturé par plusieurs gendarmes et je ne représentais aucun danger !

N'était-ce pas une réponse disproportionnée à une attaque qui n'a pas eu lieu ?  Dans ce cas, vous m'auriez interpellé. Cette violence à mon égard était gratuite.

Je suis ébranlé dans la confiance que j'avais, comme tout citoyen normal, dans votre mission.

Si d'homme à homme, je pourrais accepter des excuses de votre part, si vous m'en aviez formulées, en tant que citoyen, j'estime qu'il est de mon devoir de porter l'affaire devant la justice.

Respectueuses salutations"

Louis JULIAN
Vigneron à Ribaute les Tavernes  depuis plus de 30 ans
 
 
Interview de  Louis Julian

A quel moment avez-vous eu affaire aux gendarmes ?

"J'étais sur les rails, avec les autres, près de personnes que je connais. Tout se passait bien. On chantait des slogans. L'ambiance était très bon enfant. J'ai su ce qui était prévu entre les élus et le commandant de gendarmerie. On devait rester un peu sur les voies, puis quitter les voies au signal du chef d'escadron. Il devait prendre un élu par le bras. Mais ça ne s'est passé comme convenu. Le commandant n'a pas fait de geste, n'a pris personne par le bras. A un moment, ils sont descendus sur les voies, et ont commencé à pousser les gens en disant que c'était fini."

Comment avez-vous réagi ?

"Je suis remonté sur le quai, et j'ai regardé la scène. Les manifestants continuaient à chanter, certains ne voulaient pas bouger. C'est là que le commandant a commencé à asperger les manifestants de gaz lacrymogène. Il a aspergé les gens comme ça, d'un coup, à bout portant. J'étais stupéfait."

Qu'avez-vous fait ?

"Je ne sais pas comment, mais la bombe lacrymogène a échappé des mains du commandant, et est tombée à terre, presque à mes pieds. Je me suis alors précipité pour la récupérer, dans le but de l'éloigner le plus possible de ses mains. Pour éviter qu'il continue à s'en servir. J'ai pris la bombe et l'ai jetée dans un fossé. Je crois que ça ne leur a pas plu."

Que s'est-il passé ensuite ?

"Quasiment immédiatement, quatre ou cinq gendarmes me sont tombés dessus. Certains me maîtrisaient en me tenant les bras, et l'un d'eux me donnait des coups. J'ai cru que plusieurs me frappaient, car j'ai reçu cinq ou six coups de poing au visage, mais on m'a dit que le commandant était le seul à frapper. En tout cas, sa grosse chevalière à la main gauche m'a bien fait mal."

Vous êtes-vous débattu ?

"Je ne pouvais pas, j'étais tenu de tous côtés. Ensuite ils m'ont plaqué à terre, traîné contre la barrière, puis laissé là, comme ça, sans rien d'autre."

Avez-vous également reçu des coups quand vous étiez à terre ?

"Non, aucun. C'était quand j'étais debout. J'ai vu un médecin juste après. Je saignais sous l'oeil, j'étais gonflé, je le suis d'ailleurs toujours un peu. J'ai des hématomes, comme vous pouvez le voir sur la photo, mais mon médecin m'a dit que je ne devrais pas avoir de séquelles."

Comment expliquez-vous ce qui vous est arrivé ?

"Je ne l'explique pas. Je ne connais pas ce gendarme. N'a-t-il pas supporté que je lui enlève son joujou? A-t-il pensé que j'allais, en la ramassant, utiliser cette bombe contre lui? Ce n'est pas logique, car ils m'ont vu m'en débarrasser. Est-ce parce que le sous-préfet et le président de l'agglomération étaient dans le train ? Je ne vois pas. Si j'avais fait quelque chose de grave, ils m'auraient interpellé, non? Ça n'a pas été le cas. On ne m'a rien dit".

Quand allez-vous porter plainte ?

"Bientôt. Avec une dizaine de personnes, on réfléchit à une plainte collective. Je veux comprendre. Si je m'étais rebellé, à la limite. Mais non. Si la gendarmerie inflige des coups comme ça, il y a des questions à se poser, non ? C'est assez incompréhensible. Je demande des explications. Et des excuses de la part du commandant."

Et s'il vous en présente ?

"Je les accepterai volontiers. S'il y eu une erreur d'appréciation, qu'il me le dise. Car là c'est absurde."

Je ne peux que mêler ma voix à celles de toutes les personnes qui sont victimes de telles agissements disproportionnés et injustes. Les citoyens ne sont pas des moutons que l'on peut frapper de manière arbitraire. Nous attendons donc avec impatience les résultats de l'enquête de l'inspection générale de la gendarmerie.

  Gérard Gorsse, Février 2011



  Commentaires (1)
1Ecrit par Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir , le 05-02-2011 11:50

Mais que fait la gendarmerie ? Ça !!! 
C'est désolant mais sous l'ère Sarkozy, plus rien n'est impossible.  
Un détail par rapport au titre de ton article Gérard, ne crois-tu pas qu'il faut l'avoir été avant pour être aussi con ? L'uniforme ne suffit pas à ce niveau, il faut avoir du potentiel dès le départ !!! 
C'est curieux, on n'a pas entendu parler de cette affaire sur TF1 !

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