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Gérard Gorsse
2 rue basse
42740 St Paul en Jarez
France
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Graphisme Pascale Ramsey
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Mobile : 06.08.56.28.34
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Saint Paul en Jarez, le 27 mars 2011
ref ; CC/8625/MMi
CC/5468/CBU
Monsieur Georges-François Hirsh,
Je vous ai fait parvenir le courrier ci-dessous le 22 novembre 2010, et la situation de la chanson française n'a pas progressé depuis, voire même s'est fortement dégradée. Notre pays est riche de chanteurs de qualité non reconnus, le système d'économie libérale ayant pris le pas sur la reconnaissance de la création. Sur les 186 chanteurs que je présente sur le site, beaucoup me font part de leur désarroi de ne plus être programmée, les collectivités locales et territoriales préférant faire des grandes messes dans les zeniths, plutôt qu'aider les petites salles à les accueillir.
Notre ministre de tutelle s'est exhibé devant les caméras des médias pour faire l'apologie de la Techno Parade, puis récemment pour la disparition d'Elizabeth Taylor, et pendant ce temps la chanson d'expression et de conviction passe aux oubliettes. J'affirme que la chanson n'est pas un art mineur, et mériterait que votre ministère le reconnaisse et agisse en conséquence
Courrier du 22 novembre 2010
J’attendais le remaniement ministériel pour vous solliciter, car vous
n’avez pas répondu aux questions que je vous avais posées dans mon
courrier du 4 septembre 2010.
En effet il devient de plus en plus difficile pour les chanteurs qui ne
font pas de la variété de se produire en public, et c’est un véritable
parcours du combattant que mènent beaucoup d’entr’eux, d’autant plus que
certains organisateurs demandent même une participation financière à
certains chanteurs pour qu’ils puissent se produire sur une scène.
Vous trouverez ci-dessous mon précédent courrier que je vous ai envoyé le 4 septembre 2010.
J’ai lu avec beaucoup d’attention votre
réponse du 27 juillet à mes précédents courriers que j’avais adressés à
Monsieur Frédéric Mitterrand.
Il me semble qu’il y ait une méprise dans le concept même que laisse
supposer votre réponse. En effet nous ne parlons pas de la même
catégorie de chanteurs, alors que vous faîtes allusion à des têtes
d’affiche connues du grand public, je prends fait et cause pour les
chanteurs peu diffusés, alors que leur créations méritent tout notre
intérêt (je pense que vous avez dû le constater en parcourant mon site).
Les festivals que vous soutenez, comme les Francofolies de la Rochelle,
le Printemps de Bourges ne programment que très peu des chanteurs en
émergence. Les Scènes de Musique Actuelles quant à elle ont des
programmations éclectiques, mais la chanson de conviction et
d’expression y est peu présente.
Le Centre National de la Chanson, des Variétés et du Jazz est plus axé
sur des données administratives et financières, et là encore il est
question de « Variétés », pas de chanson d’expression. Le Hall de la
chanson fait un amalgame entre variétés et chansons de conviction. Cette
autre chanson que nous défendons n’a donc pas de véritable identité
reconnue, alors qu’il existe un public potentiel qui serait susceptible
d’être un bon auditoire. Jean François Khan a animé une émission il y a
quelques années, également « Le pont des artistes » (France-Inter) et
des émissions de radios associatives démontrent que ce public existe, et
la fréquentation de mon site par de nombreux internautes non
négligeable en est une preuve objective.
Reste alors les festivals organisés par des associations : « Poémélodies
», « Paroles de musique », « Les rencontres Marc Robine », « Le
festival des vieilles charrues » etc. qui sont de véritables
cassse-têtes pour les organisateurs afin d’obtenir un budget équilibré,
les subventions des collectivités territoriales étant en forte baisse.
Ces festivals programment des chanteurs en émergence.
De même les grandes salles de spectacle, comme les Zéniths entraînent
trop souvent la mort des petites salles, donc la non-programmation des
chanteurs en émergence.
Il paraît également urgent de revoir le fonctionnement des Commissions
Régionales Culturelles censées donner une aide financière à la création.
J’en prends pour preuve un spectacle d’une compagnie qui avait créé un
spectacle sur Léo Ferré et qui a été mis à l’écart au motif « que le
spectacle n’était pas original ». A noter dans ce cas qu’une seule
personne de la commission s’est déplacée pour l’audition, et dans un
lieu n’ayant pas la licence d’organisateur de spectacle.
J’estime qu’il est du devoir du Ministère et des collectivités
territoriales d’envisager la chanson comme un art majeur, donc
d’organiser des tables rondes pour pallier de manière pédagogique à ce
déficit de diffusion. En guise d’anecdote, lorsque je fais un spectacle
de rue et chante « L’affiche rouge » (Louis Aragon / Léo Ferré) les
badauds s’arrêtent pour écouter, cela prouve que le public sait
reconnaître les bonnes chansons.
En ce qui concerne les médias publics, le matraquage des auditeurs par
des « tubs » mainte fois entendus est une preuve qu’il n’y a pas de
diversité, ce qui est bien dommage. Il serait peut-être important de
fixer des quotas, comme ce fut le cas il y a quelques années pour la
diffusion de la chanson francophone.
J’attire également votre attention sur le statut des intermittents du
spectacle, car une chanson de trois minutes demande souvent une centaine
d’heures de préparation qui elles ne sont pas » rémunérées.
Restant à votre disposition, veuillez agréer, Monsieur Georges-François
Hirsh, l’expression de mes salutations distinguées et de ma légitime
colère.
"Que rebelle soit la chanson"
Pour mémoire la réponse de Monsieur Hirsh du 27 juillet 2010 ICI