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Deux morts dans l'indifférence générale

"Le cadavre de Gérald Beauvironnois, 49 ans, a été découvert à son domicile. Sa mort remonterait à 2007. Son compte créditeur faisait que les loyers étaient prélevés normalement

Elle est réellement bouleversée Joëlle Rodriguez, qui garde Cassandre et Alexy, ses petits-enfants en train de jouer avec le chien Paco dans l'appartement propret qu'elle occupe depuis 37 ans : « Je suis choquée, c'est horrible de mourir comme ça ».

Mourir comme ça, c'est mourir comme est mort Gérald Beauvironnois, son voisin de palier, dans le linceul de béton qu'aura été le quartier populaire grisâtre des Pérouses, 1 200 âmes, poussé dans les années 1970, à la périphérie de Brignais, petite ville elle-même dans l'orbite lyonnaise, à une vingtaine de kilomètres au sud. M. Beauvironnois, un RM'iste âgé de 49 ans, est mort dans la plus extrême solitude, dans le plus extrême dénuement et peut-être dans les souffrances dues à la maladie. Mardi, lors de la découverte du corps, des scellés ont été apposés sur la porte grise du logement au troisième étage. Avec une étiquette : « Découverte d'un cadavre ». « C'est une mort naturelle, peut-être un suicide, l'autopsie le dira » se bornait à confier, hier, la gendarmerie locale.

C'est jeudi dernier que le sort de Gérald a été vraiment pris en compte. Lors de la réunion trimestrielle du groupe « Diagnostic en marchant » animée par le maire Paul Minssieux sur tous les sites de la commune afin de maintenir le lien social. L'Opac signale, alors, à la police municipale, qu'un locataire ne donne plus signe de vie. Après une rapide enquête, la gendarmerie est alertée, des vérifications bancaires effectuées. Pour observer que les comptes du disparu n'ont pas bougé depuis décembre 2006. Mardi, c'est la macabre découverte. Depuis, sentiment de culpabilité aidant, on se renvoie la balle. Mme Rodriguez, manutentionnaire au centre de tri postal local s'étonne, ainsi, que l'Opac n'ait pas réagi après qu'on lui eut signalé à plusieurs reprises l'absence du locataire et sa boîte aux lettres qui débordait. Elle est peut-être la dernière à avoir croisé le chemin de la victime. « C'était après le jour de l'An 2007. Il était bouffi et anxieux. Il paraissait malade » confie-t-elle. Côté Opac, on admet que le loyer étant toujours prélevé automatiquement, grâce au RMi qui tombait régulièrement, on ne s'est pas immédiatement alarmé. « Grand et imposant, cet homme ne passait pas inaperçu » poursuit la voisine de palier qui dirige une association de locataires. « Ici, les gens demandent toujours plus de propreté » confie, encore, cette femme. Depuis, le frère de Gérald a pu être contacté dans l'Ain. A l'été 2008, il était venu aux Pérouses et s'en était retourné. Nihed, dans le hall du « 42 », se souvient de la victime, un monsieur gentil et courtois, le premier à prendre son sandwich à deux euros lors des fêtes d'été organisées, ici, pour partir en vacances ».

Yves Alègre

Mis en cause par les locataires pour son inertie, l'Opac du Rhône se justifie

Mis en cause par les locataires pour son inertie présumée à s'inquiéter du sort de Gérald Beauvironnois, locataire depuis 2003, dans le quartier Les Pérouses, l'Opac du Rhône a réagi, hier : « Nous n'avons aucun moyen juridique de rentrer chez quelqu'un sans des présomptions comme un loyer impayé, un problème technique ou une odeur suspecte » a confié le responsable de la communication. Selon l'Opac, le Rm'i du locataire décédé avait été interrompu il y a un an, mais le cumul des Rm'i tombés sur son compte faisait que le compte était toujours créditeur et le loyer prélevé normalement ». Quant à la proximité immédiate d'une antenne de l'Opac, alertée à plusieurs reprises « ce n'est qu'un point-contact ouvert deux fois par semaine et l'on ne peut s'inquiéter à chaque fois que l'un de nos 100 0000 locataires ne donne plus signe de vie ». Toutefois, l'Opac a tenté de faire une recherche de lien familial avec le patronyme du locataire décédé dans le département du Rhône. En vain. Depuis, la gendarmerie a pu retrouver le frère de Gérald Beauvironnois qui réside dans l'Ain et, manifestement, n'avait plus de contact. Paul Minssieux, maire de Brignais, voit dans ce drame, « un phénomène de société qui nous interpelle. Cela traduit la solitude d'un être. Les garde-fous habituels n'ont pas fonctionné. C'était un homme isolé dont l'absence n'a pas paru anormale ».

Y.A.
Source journal "Le progrès Lyon", 06 mars 2009

"Une femme de 52 ans a été découverte hier soir morte à son domicile, rue du Palais de justice à Montbrison. Le décès semble remonter à plusieurs mois. Les pompiers de Montbrison ont procédé à l'ouverture de la porte de son appartement, et le commissariat de Montbrison est chargé de l'enquête afin de déterminer les causes exactes du décès."

Source journal "Le progrès Lyon", 09 mars 2009

Nous sommes en 2009, il existe des services sociaux, des relations de voisinages, des réseaux, et voila que l'on meurt en pleine ville dans l'indifférence générale, connement, stupidement, et que l'on découvre un cadavre d'un homme décédé depuis deux ans, et celui d'une femme depuis plusieurs mois.

Que dire de plus, les faits parlent d'eux-mêmes, nous habitons dans une société déshumanisée. C'est à gueuler de colère, à crier notre dégoût. La place pour le respect de l'homme dans tout ça : la société s'en fout !!!!

Gérard Gorsse, Mars 2009 

 

 




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