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Lutte pour la langue et culture amazigh
 
 
 
Amazigh Drapeau.jpg
 
 
 Dossier créé en collaboration avec Ahmed Djenadi
 
Amazigh Ahmed.jpg
 

"Ahmed Djenadi fait des études commerciales, et obtient son brevet de maitrise des techniques comptables en 1974 (l'équivalent du baccalauréat). Il suit ensuite des cours par correspondance dans un institut Français à Lyon pendant quatre ans, sanctionné par le diplôme de CED (diplôme d'expert comptable). Il n'a pu se présenter à Lyon à l’époque pour passer les examens à cause de la fameuse autorisation de sortie de l'époque (1978) imposée par le régime algérien de Boumédiène. Il occupe ensuite les fonctions de comptable, chef comptable, directeur-financier et ensuite directeur-général d'une entreprise dans le secteur du Bâtiment jusqu'en 1984, lorsqu'il opte pour une fonction libérale toujours dans le même secteur.

Il fait ses débuts dans la télévision en 1980 alors que la «super 8» fait son apparition en Algérie. Il y réalise alors de nombreux reportages et, en 2001, en partance pour la France, il rencontre à l’aéroport Abane Ramdane de Béjaïa l'animateur kabyle Mohand Taferka, qui l'invite alors à la Radio Berbère. Son passage à la radio est suivi de la télévision Berbère Télévision (BRTV) le jour même. Il est ensuite rapidement intégré à l'équipe de BRTV, pour devenir un des animateurs cléf de la «Chaîne Amazigh» (berbère) basée en France. Il y anime hebdomadairement une émission intitulée Tamurt-iw, qui jusqu'à la fin 2006, compte à son actif 483 émissions et reportages. Il a entre autre fait des interviews de plusieurs personnalités kabyles dont l'ex-chef du gouvernement algérien Ahmed Ouyahia et quelques figures du Mouvement National Citoyen, dit des Arouchs, dont Belaïd Abrika et Ali Gherbi.

En 2006, il réalise le premier feuilleton d'expression kabyle intitulé "Aaziz aken yebghu yili" («L’Être cher») avec ses propres moyens et ceux de quelques sponsors comme de Cristor de Bordj-Bou-Arreridj, EPB de Béjaïa, et la Sovac d'Alger. En 2007, il crée une nouvelle série de dix numéros intitulée "Ussan Nni". Une autre production est en chantier dont le titre est assez révélateur "Asirem" ou "Espoir" qui a été écrit par sa fille Hafsa Djenadi âgée de 21 ans, et étudiante en quatrième année à l'université." (Source : Wikipédia)

Actuellement Ahmed fait des études pour devenir réalisateur de télévisison avec Cinecours au Canada et termine en principe au mois de juin. 

Amazigh Carte.jpg
Carte de la Kabylie
 
Découvertes des musiques berbères

"Beaucoup de chercheurs se sont intéressés aux musiques berbères. Ces chercheurs qu'on appelle des ethnomusicologues s’aventurent dans les régions. On dit qu’ils vont sur le terrain, pour observer et discuter avec les musiciens autochtones et enregistrer, photographier et filmer leurs musiques, leurs instruments et les scènes de danses de leurs fêtes. Un ethnomusicologue est une sorte de témoin qui raconte comment certains peuples font leur musique. Il décrit aussi le contexte social (fêtes de naissance, de mariage, circoncision, pèlerinage, joutes chantées, veillées funéraires etc….)

Comme beaucoup d’autres peuples à travers la planète, les berbères n’écrivent pas la musique. Depuis des siècles ils la composent, la fixent dans leur mémoire, la pratiquent et la transmettent de génération en génération par la seule tradition orale.

Chez les berbères une grande partie du savoir culturel, comme la musique, les contes, la poésie, les histoires de toutes sortes, se trouve enregistrée dans leur mémoire. Néanmoins, il faut reconnaître que depuis quelques décennies, la majeure partie des peuples de tradition orale à travers notre planète s’impose le passage à l’écriture pour tenter de sauver la disparition de leur patrimoine culturel.

Cette situation générale de la culture orale d’Afrique, qui comprend celle de l’aire berbérophone, fixée dans la seule mémoire de certains membres de la société, avait fait dire à un sénégalais du nom de AMADOU HAMPATE BA «Un vieillard qui meurt, c'est une bibliothèque qui brûle». Cela veut dire qu’un vieillard a accumulé dans sa mémoire tellement de savoir culturel, aussi bien en musique que dans d’autres domaines, qu’il est comme une bibliothèque où sont déposés et rendus disponibles des trésors de savoirs.

Cependant la place faite à la culture berbère en général, et aux musiques berbères en particulier dans les différentes institutions des pays concernés leur est peu favorable. Au cours du 20éme siècle les berbérophones ont fini par passer à l’écrit, cela est surtout vrai dans le domaine des études linguistiques. En ce qui concerne la musique, il reste énormément à faire, en particulier pour la fixation, l’étude et l’enseignement des répertoires du patrimoine traditionnel.

Quoi qu’il en soit, la sauvegarde des musiques de tradition orale à travers le monde incombe aux institutions de tous les pays concernés, aux peuples mêmes qui les détiennent et au petit nombre d’ethnomusicologues.   (Ahmed Djenadi)  

Nous tenterons, avec Ahmed, de vous faire découvir ou redécouvrir la culture amazigh au travers de différents chanteurs, car cette culture est bien vivante et doit lutter pour sa reconnaissance. (Gérard Gorsse)

 

 
Commémoration du printemps berbère en 2008
Avec une chanson du chanteur engagé Ulahlu

Tout a commencé le 10 mars 1980, lorsque les autorités de Tizi Ouzou ont interdit une conférence sur la poésie berbère que devrait organiser l’écrivain algérien et berbère MOULOUD MAMERI.

Le lendemain, les étudiants des villes kabyles ainsi que l’algérois se sont levés comme un seul homme pour manifester dans les rues. Chaque jour, un peu partout en Kabylie les manifestations s’organisent. A Alger une imposante manifestation a eu lieu, les services de sécurité ont riposté avec une brutalité incroyable. Plusieurs blessés parmi les manifestants, la plupart des étudiants et étudiantes. Le lendemain les manifestants récidivent.

A Tizi Ouzou un mouvement de grève est déclenché par des étudiants. Toute la Kabylie suit le mouvement. Le pouvoir en place crie au complot de l’extérieur.

Au lieu d'apaiser les esprits, Chadli BENDJEDI fait un discours incendiaire «L’ALGERIE EST UN PAYS MUSULMAN ET ARABE» martèlera t-il. Les manifestations reprennent de plus belle. C’était le 18 avril 1980.  

Vers le 20 ou 21 avril, l’université de TIZI OUZOOU est envahie par les CRS. 24 personnes ont été arrêtées dont le leader actuel du RCD (Rassemblement pour la Culture et la Démocratie) SAID SAADI.

Le mouvement se poursuit jusqu’à leur libération au mois de juin

Le mouvement culturel Berbère appelle la population à poursuivre la lutte pacifique jusqu’à ce que les pouvoirs publics reconnaissent le berbère comme langue nationale et officielle de l’ALGÉRIE

 Le 20 avril de chaque année sont organisées des manifestations dans chaque coin de la Kabylie profonde et de l’algérois pour la reconnaissance de cette langue millénaire...

Aujourd’hui, le berbère est consacré langue nationale mais toujours pas officielle. La lutte continue......"

Ahmed Djenadi 
 
"Itij nnegh yulid" ("Debout, fils d’Amazigh !")
 
Chanson écrite en 1945 par Mohand Ou Idir Aït Amrane
 
Hymne Kabyle

I tij nnegh yughlid, 
     I tij nnegh yughlid,

Atas ayag’ ur -t zrigh,

Agma nnuba nnegh tzzid.

Azzel an-as i Massinissa :

Tammurt is tukwi-d ass’a,

Win ur nebgh’ ad iqeddem,

Argaz ssenegh yuf izem.

In- as, in- as i Yugurta

Arraw is ur-ttun ara,

Ttar ines d- at-id rren

Ism- is at- id sekfen.

I Dehya Icawiyen

A tin is ddan irgazen

In as ddin igh d-gga

D- laâmer ur- ten ara.

S umeslay nnegh ann’ili,

Azekka ad yuf idelli,

Tamazight atgem atternu,

D asalas bwemteddu.

Seg udrar s- udrar tekka tighri

S- amennugh nebda tikli,

Tura, tur’ulac akukru,

Annerez wala anneknu !

Tamurt Imazighen aâzizen

Fellam a- nnefk idammen,

Igenni-m yeffegh- it usigna

Itij- im d l’huriya.

A l’baz n- tiggureg yufgen,

S’iwid sslam i watmaten,

Si Targa Zeggwart ar Siwa,

D- asif idammen a tarwa.

Notre soleil s’est levé,

Notre soleil s’est levé,

Il y a longtemps que je ne l’avais vu

Frère, notre tour est arrivé !

Cours dire à Massinissa :

Que son pays est aujourd’hui réveillé

Quant à celui qui ne veut pas avancer,

Dis qu’un seul de nous vaut un lion.

Dis, dis à Yugurten :

Que ses enfants ne l’ont pas oublié

Qu’ils le vengeront,

Qu’ils déterreront son nom.

A Dehya, reine des Chawis,

Qui a mené les hommes au combat,

Dis : " le pacte qu’elle nous a laissé,

Jamais nous ne l’oublierons".

Nous vivrons avec notre langue,

Demain sera meilleur qu’hier,

Le Tamazight croîtra et prospérera

C’est le pilier du progrès.

De montagne en montagne est venu l’appel,

Nous sommes partis au combat,

Maintenant, maintenant plus d’hésitation,

Nous briserons mais nous ne plierons pas !

Tamazgha bien aimée,

Pour toi nous verserons notre sang

Ton ciel s’est éclairé

Au soleil de la liberté !

Ô faucon, volant en liberté !

Apporte le salut à nos frères, 

De Rio de Oro à Siwa,

Enfants, le même sang nous unit !

 
Chanté par Lounis Aït Menguelet
 
 
Liste des chanteurs  

Slimane Azem 

Youcef Abdjaoui

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Amazigh Megguelet1.jpg  Amazigh Meguelet2.jpg 
(Lounis AÎt Menguelet)
 

"Lounis Aït Menguelet (Lewnis At Mangellat) est un chanteur kabyle, né le 17 janvier 1950 à Ighil Bouammas (« le côteau du milieu »), petit village niché dans les chaînes montagneuses du Djurdjura, près de Tizi Ouzou en Grande Kabylie, (Algérie).

Lounis Aït Menguellet est certainement l'un des artistes les plus populaires de la chanson kabyle contemporaine, un poète qui est devenu le symbole de la revendication identitaire berbère. À propos des évènements qui ont secoué la Kabylie ces dernières années, il dit que, égale à elle-même, la région est un bastion de la contestation et qu’elle a toujours été à l’avant-garde des luttes. « Je parle de la Kabylie à ma façon, afin d’apporter quelque chose pour que les choses évoluent », avant de s’empresser d'ajouter qu'il ne fait jamais de politique." (Source : Wikipédia)

"A Lmus-Iw" ("Mon couteau")
 
 (Traduction de Tassadit Yacine)
 
Annagh a sidi rebbi
Anw’igenni g tellid ?
Ma d wa yellan-nnigi

Yebeedbac a yi-d-twalid
Abernus yetwakkes-iyi
Eefsen-t akw ma d kec tezrid

Almus-iw
Almus-iw
Ccdegh yeghli ubernus-iw

Ccdegh ghef yiri n wasif
Tilegh yiwen ur d-itwali
Zighen di tizi n lhif
Lmumen ihedder ittili
Lmumen d gma n bessif
Yerra-d agadir felli

Almus-iw
Almus-iw
Ccdegh yeghli Ubernus-iw

A lgar-iw issin amkan
Mebla ma huddegh-ak tilas
A la txettud iberdan
Lmut-ik tebnid fellas
Ma gullegh-ak jmaelimen
Qeddem-ed ma zadent tissas

Almus-iw
Almus-iw
Ccdegh ighli ubernus-iw

Assagi xesragh ccrae-iw
Nnand at-tkecmed lehbas
Awen-inigh sseya-w
A wend innigh ssebba-s
Ufigh aerab di tferkaw
Sserghegh-t-id s uhlalas
Las seigneur mon Dieu
En quel ciel te tiens-tu
Si c’est dans celui qui est au dessus de nous

Il est trop loin pour que tu nous voies
On m’a arraché mon burnous
On l’a foulé aux pieds sous tes yeux

Ah ! mon couteau
Ah ! mon couteau
J’ai glissé et mon burnous a chu

J’ai glissé au bord de la rivière
Croyant que personne ne me voyait
Mais vrai à l’heure critique
Un innocent est toujours là
l’innocent ça été mon frère imposé
il éboula sur moi la falaise

Ah ! mon couteau
Ah ! mon couteau
J’ai glissé et mon burnous a chu

Mon voisin, connais mes limites
Sans que je te les définisse
Tu es entrain d’enfreindre les règles
Ainsi tu risques la mort
Si je prononce le grand serment
Affronte- moi si ton courage est grand

Ah ! mon couteau
Ah ! mon couteau
J ai glissé et mon burnous a chu

Aujourd’hui j’ai perdu mon procès
On m’a dit tu entreras en prison
Que je dise mon crime
Que je vous en dise la cause
J’ai trouvé quelqu’un dans mon champ
J’ai vidé dessus une charge de plomb
 

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  Amazigh Challal.jpg  
(Mohand Aït Challal)
 
 Amazigh Ferhat Challal.jpg
 (Ferhat Imazighen Imula avec Mohand Aït Challal)
Deux générations de chanteurs kabyles 

"Frappé d'une censure non déclarée, durant les années 80, par les radios algériennes et certains animateurs de la 25ème heure, Mohand Ait Challal semble en avoir gros sur le coeur.

Comme les vrais artistes, ce chanteur Kabyle refuse d'être l'otage d'un système qui encourage l'expression artistique superficielle voir médiocre.

Il s'exprime à partir de ce que la vérité lui impose, confronté au chaos, étouffé du quotidien tragique de sa Kabylie et d'une guerre chronique de certains clans de la région. 

Voyant que la liberté d'expression suffoque, refusant tout compromis avec l'establishement, il a choisi le chemin de l'exil pour continuer à dénoncer l'indépendance confisquée, le sang des martyrs trahi, la bétise humaine et toutes formes d'injustices.

Technicien en électronique, timide mais très déterminé, on ne l'a pas vu grandir dans son pays. Il passe directement dans la cour des grands dans son exil volontaire." (Source : Site de Mohand)

 
"Yir lahdur" ("Mauvaises langues")

Les mauvais mots font saigner et tuent,

Votre richesse est pleine de sang,

Votre liberté ressemble a des chaînes qui nous attachent. 

Si tu vois un kabyle pleurer,

Ne lui demande pas,

Qui est-ce qui l'a frappé,

Elle se refermera jamais notre cicatrice,

Elle ne rouillera jamais la chaîne qui nous attache. 

Vous avez  inventé la science de l'impatience,
     Dans les jardins par où vous êtes passés,
     L'oiseau ne chante plus,
     Vous avez soif de l'eau, le puits est sec,
     La richesse dont vous rêvez s'éloigne,
     La richesse s'éloigne de vous. 

A ceux qui nous gouvernent,

On vient des racines de la liberté,

On assiste à l'impossible,

On a fui le village qu'on ne mérite pas. 

La jalousie et la trahison,

On fait des bourgeons en nous,

Y'a pas d'oppresseur,

Pire qu'un kabyle soumis    

"Yir lahdur" (Mohand Aït Challal)
 
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Amazigh Allam1.jpg
 Amazigh Allam2.jpg
(Djamel Alam)
 

"Il apprend la musique au conservatoire de musique de Béjaïa, puis part en 1970 à Marseille puis Paris. Il s'essaye à la chanson française dans les cabarets de la capitale (rue Mouffetard...). En 1972, il apparait en première partie du spectacle de Brigitte Fontaine et Areski à Alger. En 1974, il travaille à la radio France Inter avec Claude Villers  qui le recommande aux disques Escargots (éditeur de François Béranger et Gilles Vigneault notamment).

Son premier Album «Arjouth» ("Laisse moi raconter"), produit en 1974 par Gille Bleives, remporte un très grand succès auprès du public et des médias et du public. Djamel remplit les grandes salles de France et part en tournée en Europe et aux Etats-Unis. Entre 1978 et 1985, il sort 3 albums : «Les rêves du vent» (78), «Si Slimane» (81) et «Salimo» (85), il écrit des musiques de films et de documentaires, dont «La goutte d’or» de Daniel Duval, diffusé sur TF1. Il est aussi comédien pour le cinéma («Fort Saganne»).

Il acquiert sa notoriété avec Arjouth ("Laissez-moi vous raconter") puis Maradioughal ("Quand il reviendra").

Il enchaîne album sur album, compose la musique de quelques films ("Prends dix mille balles et tire-toi", "La plage des enfants perdus")... Il se produit régulièrement à la Fête de l'Humanité." (Source : Wikipédia)

 "Si Slimane" 

En hommage à Slimane Azem
(Une autre figure emblématique de la chanson kabyle mort en exil)
 

Tu marches dans les rues de la ville
     Et ton visage reflète
     Comme un dégoût étrange
     Venu d’ailleurs
     Tu te méfies des serpents du métro
     Spécialistes de la bavure
     Et de l’injustice
     Maintenant qu’ils ont mangé et bu
     Ta force ta vitalité ta sueur
 
     Maintenant qu’ils sont repus
     Ils te disent allez « rentres chez toi »
     Mais je te le jure Monsieur Slimane
     Qu’il arrivera le jour où l’on sera….Bon
     Tu habites les quartiers de l’exil
     Parmi les fous et les artistes
     Le nègre le pakistanais le marocain
     Le tunisien
     Bref l’étranger comme toi
     A oublié le rire
     Quand tu n’as plus de travail
     Aux aurores tu guettes les premiers journaux
     Des journaux qui te parlent de préférence
     Quand ton permis de séjour
     Ton permis de vivre
     De respirer
     Quand ton permis d’aimer et périmé
     Tu t’endors sur un lit de ronces
     Mais je te jure Monsieur Slimane
     Les foyers aux loyerx chers et contestés
     Sont habités par les forces de l’ordre
     Le soir sous des tentes de location
     Et se chauffant au camping gaz
     Les frères expulsés
     Discutent de leur lutte
     Et font les funambules aux limites de la loi
     Mais si un jour, un imbécile
     L’un de ces magiciens du matin
     Plus vulgairement appelés raciste
     Te montre du doigt et te dit
     Tu viens bouffer notre pain
     Alors frère défends toi
     Et sauve-toi
     Parce que tu n’auras jamais
     Raison........ Jamais

 
"Si Slimane" ( Djamel Alam) 
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Amazigh Ferhat Imazighen Imula.jpg
(Ferhat Imazighen Imula)
 

"Ferhat Mehenni est né le 5 mars 1951 à Illoula en Grande Kabylie, Algérie. Admis tardivement à l’école primaire des enfants de Martyrs à Alger où il fait face pour la première fois au problème linguistique, il découvre sa différence identitaire et du même coup la stigmatisation dont les Berbères font l’objet…

Ferhat Mehenni est le premier chanteur à poser en termes clairs le problème de l’identité berbère. Son répertoire composé essentiellement de textes engagés dérange dès lors le pouvoir algérien habitué à bâillonner la moindre voix dissidente et prompt à juger subversive toute initiative qui n’a pas l’heur de lui plaire. Cela n’empêche pas Ferhat de prendre part en 1976 au débat sur la Charte nationale en posant la question berbère dans toutes les assemblées ; se faisant la sécurité militaire (SM) le repère ne le lâchera plus. Le 30 octobre 1976 à 6h00 du matin, la SM force la porte de sa chambre à la Cité universitaire et l’arrête dans son sommeil. Après une garde à vue de vingt-quatre heures dans des conditions odieuses, il est fiché et relâché…

Avec les événements de 1980, l’implication de Ferhat va s’intensifier et sa détermination aussi. En interdisant le 11 mars 1980 à l’écrivain Mouloud Mammeri de donner une conférence sur la poésie berbère ancienne à l’Université de Titi Ouzou, le gouvernement algérien venait de donner le coup d’envoi à un mouvement de revendication généralisé à toute la population berbère. Repéré par le régime comme l’un des acteurs fondateurs du mouvement, il est arrêté le 16 avril. Relâché quelques jours après, il reprend ses activités d’animateur culturel avec l’écrivain Kateb Yacine. À partir de 1981 il collabore à la revue du Mouvement Culturel Berbère, « Tafsut » (Printemps)…

Avec d’autres, il fonde le Comité des enfants de Martyrs, ce qui lui vaut d’être l’objet d’intimidation et de surveillance accrue. Le 15 décembre 1982 on lui confisque son passeport pour l’empêcher de se rendre à l’étranger (il ne lui sera rendu qu’en 1988), tout en l’interdisant de scène en Algérie. En février 1985, il est arrêté et emprisonné à Tizi Ouzou. Ainsi pense-on le bâillonner, mais c’était mal le connaître. Dès sa sortie de prison il participe, le 30 juin 1985, à la fondation de la Ligue Algérienne des droits de l’Homme et siège au Comité de direction.

Le 17 juillet 1985, Ferhat est de nouveau arrêté à 6h00 du matin devant ses enfants, chez lui à Azazga, pour avoir voulu déposer en marge des cérémonies officielles une gerbe de fleurs sur le sanctuaire des Martyrs. C’est sa douzième arrestation, il est accusé d’atteinte à l’autorité de l’État. Incarcéré à la prison de Berouaghia, il est transféré dans le quartier des condamnés à mort. Torturé, tenu dans l’isolement le plus total, il fait une grève de la faim pendant 12 jours. Il passe en jugement à la Cour de la Sûreté de l’État et se voit transféré à la prison de Lambèse, près de Batna dans la région des Aurès. Dans cette prison tristement célèbre pour les pires sévices qu’on y subit, il est d’emblée accueilli par des gardiens armés de matraques et de barres de fer qui lui cassent le nez avant de le mettre au cachot où il restera plusieurs jours sans soins. Il est finalement libéré en 1987, bénéficiant d’une grâce présidentielle, à la suite d’une campagne de pression menée par la Ligue Internationale des Droits de l’Homme.

En 1989, il crée avec quelques compagnons, notamment le Docteur Saïd Saadi, le parti du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), dont il devient Secrétaire national à la culture. Croyant au vent de démocratie qui commence à souffler sur l’Algérie. Inlassable, il crée, en 1995, le Rassemblement national amazigh, dont l’objet est de rassembler tous ceux qui luttent pour la reconnaissance de l’identité berbère. Entre temps, Ferhat est pris en otage par les intégristes islamiques dans l’avion d’Air France qui le ramène à Paris, en décembre 1994. Une fois de plus, son sang froid le sauve : au pirate de l’air qui lui promet de l’abattre, il réplique « en me tuant vous rendrez service au gouvernement »...   (Source : makabylie.info, texte de Nora Hamdi)

En 1994 il appelle au boycot scolaire en kabylie et en 2001 il crée le M.A.K.  (Mouvement pour l'Autonomie de la kabylie). En 2007 il a été élu président du M.A.K pour 4 ans."

 
"Idles Nwen" ("Culture et identité") 

Msuggen tafsut

Yussan ay-d amwan

Nessawal tafukt 

Ugaden yetran

Agmar ur immut

Amnay ur d iban

  

A tit n tazult

A zzin n tisdnan

Rzan am tankult

Ccan cem yidan

 

I-genyan tatut

Tatut i yinyan

Ma teysem cfut

Idles-nnwen kan

 

Suggmet ney ddut

D imal win illan

Ad yawi tafsut

Ad ikkes amwan

 

Amnay n tefsut

Ajecca ad iban

Idles-nnwen arut

Idles-nnwen arut kan

 

Wi dinnan nemmut

T tikkerkas i nnan

Wi d innan ddut

Yidsen kan d iqjan

 

A ibab n murt

I smezyin itran

Aneft takerkust

Azaglu d attan

Aneft tamacahut

N rebbi d ccitan 

Nous attendions le printemps

Mais voilà que surgit l’automne

Nous appelions le soleil

Les étoiles eurent peur

Le cheval n’est pas mort

Mais le cavalier est absent

 

Œil souligné au khol

La plus belle des femmes

Ils ont brisé sa fiole

Tu es dévorée par les nuits

 

Ce qui tue l’oubli

C’est plutôt l’oubli qui nous tue

Souvenez vous

Toujours de votre culture

 

Restez ou venez

Ce qui existe revient

Ramène le printemps

Chasse l’automne

 

Et demain, le cavalier-printemps

Sera de retour

Ecrivez votre culture

Ecrivez toujours votre culture

 

Ceux qui prononcent notre mort

Sont des diseurs de mensonges

Ceux qui nous disent de les suivre

Sont des chiens

 

Hommes de ce pays

Qui font battre les étoiles

Laissez les mensonges

La soumission au joug est une maladie

Et laissez tomber toutes ces histoires

De dieu et de satan

 
____________________________________________________________________________   
 
Amazigh Lounes Matoub.jpg
 Amazigh Lounes Matoub1.jpg
(Lounes Matoub)
 

  "Lounès Matoub (kabyle : Lwennas Meɛtub), plus communément appelé Matoub Lounès, est un chanteur et poète kabyle, notamment connu pour son engagement dans la revendication identitaire berbère. Il est né à Taourirt Moussa, le 24 janvier 1956 et fut assassiné le 25 juin 1998 sur la route de Ath Douala. Officiellement, cet assassinat est atribué au GIA mais sa famille et toute la kabylie accuse le pouvoir algérien de l'avoir assassiné. Sa mort lui donne un statut de martyr pour les nationalistes et militants kabyles qui estiment que les droits qui leur sont accordés sont insuffisants, il est encore considéré comme un porte-parole populiste et démagogue revivifiant le mythe du bon Berbère pour les islamistes. De nombreux faux-mythes tournent et sont toujours d'actualité autour du culte de sa personnalité qui lui est voué. 

Les textes de Matoub Lounès sont clairement revendicatifs et se résument à la défense de la culture amazighe qui occupe une place centrale. Il dénonce la dictature et l'islamisme en Algérie. Il s'oppose à la politique d'arabisation monoculture qui selon lui était insupportable à vivre. Il parle le tamazight et le français, et comprend l'arabe mais ne le parle que très peu. Matoub Lounès est un ardent partisan de la laïcité et de la démocratie, qui se fait le porte-parole des laissés-pour-compte et des femmes. Opposé à l'islamisme et au terrorisme islamiste, il condamne l'assassinat d'intellectuels, il fut enlevé le 25 septembre 1994 par le GIA (Groupe Islamique Armé), puis libéré au terme d'une forte mobilisation de l'opinion kabyle. La même année, il publie un ouvrage autobiographique "Le Rebelle" et reçoit le Prix de la Mémoire des mains de Danielle Mitterrand.

En 1996, il participe à la marche des rameaux en Italie pour l'abolition de la peine de mort alors qu'en mars 1995, le S.C.I.J. (Canada) lui remet Le Prix de la Liberté d'expression."  (Source : Wikipédia)

 Kenza
Ceqqeq ifsex igenni
Lehwa tessared azêkka
Yal targa tremmeg a tneggi
A tsseggixent tghuza
Ddew tmedlin teffegh d teghri
Tesrârrêh abbuh a tarwa

A kenza a yelli
Sêbr as i lmêhna
D isflan neghli
F Ldzayer uzekka
A Kenza a yelli
Ur tsru yara

X as terka ldjessa tefsi
tikti ur tetsmetstat ara
X as fellagh qeshêt tizi
I facal ad d nadjdjew ddwa
X as negdên achâl d itri
Igenni ur inegger ara

A Kenza a yelli
Ur tsru yara
Sebba f neghli
D Ldzayer uzekka
A Kenza a yelli
Ur tsru yara

Fran ts fellagh zik enni
Uqbel a d yêhdêr wass a
Isêggaden n tmusni
F tumûrt ghêdlen d rrehba
Nnghan Rachid Tigziri,
Smail ur thezgilen ara
Nnghan Lyabes d Flisi
Busebsi d wiyâd mêrra

A Kenza a yelli
Sêbr as i lmêhna
D isflan neghli
F Ldzayer uzekka
A Kenza a yelli
Ur tsru yara

Xêrsum d yiwen ad d yegûri
Ad agh i d ismekti azekka
F ldjerh' iqcerâ ad d yali
Ad d nban ger tmura
Tarwa nnegh ad d tennerni
X as akken g ûrebbi n tlufa

A Kenza a yelli
Ur tsru yara
D isflan neghli
F Ldzayer uzekka
A Kenza a yelli
Ur tsru yara
Le ciel pâlit, roule en crue
Le déluge lave les dalles,
Les rivières atrocement mugissent.
Les terres d'alluvions croulent en torrent,
Du fond de la tombe une supplique remonte,
Dans sa douleur hurlante: ô mes enfants!

Kenza, ma fille,
Ne pleure pas.
La cause de notre trépas,
C'est l’Algérie de demain.
Kenza,ma fille,
Ne pleure pas!

Certes, si le corps se décompose,
La pensée, elle, ne meurt pas
Si les cols à franchir sont âpres,
A l'épuisement nous trouverons un remède.
Et s'ils anéantissent tant et tant d'étoiles,
le ciel, lui, ne s'anéantit pas.

Kenza,ma fille,
Endure le deuil de moi.
Nous succombons sacrifiés
Pour l’Algérie de demain.
Kenza, ma fille,
Ne pleure pas.

Ils ont scellé notre sort dès longtemps,
Avant ces jours de tragédie.
Les persécuteurs de la connaissance
Sur notre terre étendent la désolation.
ils ont tué Rachid Tigziri
Smail, ils ne l'ont pas manqué.
ils ont tué Liabès et Flici,
Boucebsi et tant d'autres encore.

Kenza, ma fille,
Endure le deuil de moi.
Nous succombons sacrifiés
Pour l’Algérie de demain.
Kenza,ma fille,
Ne pleure pas!

S'il devait n'en rester qu'un
Il rappellera notre souvenir.
Sur les plaies la croûte apparaîtra.
Nous nous dresserons parmi les autres nations,
Notre descendance sera nombreuse
Fût-ce dans le giron des épreuves.

Kenza, ma fille,
Ne pleure pas.
La cause de notre trépas,
C'est l’Algérie de demain.
Kenza,ma fille,
Ne pleure pas
 
  "Kenza" ( Lounès Matoub)
 
  
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  Amazigh Slym.jpg
(Slym)
 

la Dépêche de Kabylie : "Qui est Slym ?"

Slym : "Slym cest un pseudo. Mon vrai nom est Slimane Zerrougui. Je suis né en kabylie et j'ai vécu dans la banlieue d'Alger. J'ai gratté ma première guitare à lâge de 13 ans, une guitare offerte par mon père en récompense de mes brillants résultats à l'école. Actuellement je vis en France depuis 1999.

- Tes débuts...

Comme la plupart des jeunes algériens, j'ai commencé la musique dans mon quartier, à la Concorde, à Bir-Mourad-Raïs. J'ai été bercé par les différentes musiques d'Algérie. Et c'est grâce à cette diversité musicale que j'ai commencé à m'intéresser à la musqiue avec quelques copains du quartier.

- En écoutant ton album on décèle des tonalités et sonorités très méditerranéennes...

- C'est vrai, celui qui écoute mon album retrouve des sonorités venant d'un peu partout de la Méditérrannée. je pense que cela est dû au fait que je suis installé en France depuis 99, car tout le brassage ethnique et culturel qu'on peut trouver ici a dû influencer mon choix musical. dans cet album j'ai essayé de reproduire cette identité sonore méditérrannéenne afin de transmettre mon message musical. Personnellement je définis ma musique comme un arc-en-ciel avec ses différentes couleurs. Je n'ai pas un style particulier dans lequel j'évolue ou qui m'inspire. Ce que je peux dire c'est que toutes les chansons de mon album sont de moi, parole et musique (que ce soit pour les chansons en kabyle ou en français, ndlr). je ne décide pas. Tout se fait selon un contexte bien précis, un évênement qui peut enclencher en moi un sentiment. On peut dire que je me classe, pour le moment, dans le style patchwork; je dis pour le moment, car j'essaye d'avancer dans mon travail, en tant que libre-penseur et maître de mes idées.

- Peut-on dire que Slym est un chanteur engagé ?

- Je n'aime pas l'injustice ! Et à partir du moment qu'on défend ce qui pour nous est juste, je pense que l'engagement de la personne est présent.

- Est-ce que Slym a un mentor ?

- Oui, Matoub Lounes dont je regrette la disparition tragique et prématurée. Un grand artiste qui a marqué la scène musicale kabyle, et aussi Slimane Azem, Cheikh El-Hasnaoui...

- As-tu déjà fait de la scène ?

- Oui, j'en ai fait et j'en fait, heureusement. Un chanteur ne peut pas vivre et évoluer sans la scène. Je suis indépendant, je ne suis lié à aucun soi-disant producteur que j'appelle les vendeurs de K7, CD, mais comme en 2010 les CD vont disparaître, tout se fera par téléchargement, je pense qu'il faut leur trouver un nouveau nom.... (rires). Pour mieux m'exprimer, je me produis tout seul. je fais de la scène comme je peux, selon mes contacts. Et je ne me plains pas, car pour le momen, je ne vis pas de la musique, c'est une passion que j'essaye de transformer en profession.

- Parle-nous de ton album qui est dans les bacs...

- Mon album, intitulé "Oh dis-moi", distribué par Belta Diffusion est sorti récemment sur le marché. Composé d'une dizaine de titres, dont deux remix : l'un d'eux est en duo avec la jeune chanteuse Amira que je salue au passage. Ces deux titres sont diffusés sur les ondes des radios algériennes, telles que Radio Bahdja, Radio Soummam ou la chaîne II, de même que sur Beur FM.

- Ce même album est diffusé à Alger, mais il n'a pas été médiatisé, pourquoi ?

- Pourquoi ? c'est une bonne question à laquelle je ne peux répondre, car tout simplement, moi-même je n'ai pas la réponse.

- Des projets ?

- En ce moment, je suis en train d'enregistrer un nouvel album qui comporte 10 titres, chantés en kabyle. sa sortie est prévue avant le printemps berbère...

(Entretien réalisé à Paris par Amine Idjer pour "La Dépêche de Kabylie") 

 
  "Tharwa Lahlal" ("Enfants des montagnes berbères")
 
 

Si hautes montagnes berbères que nous aimons,

Berceau de nos ancêtres, à vos enfants, 

Jurons sur le sang des morts, nos combattants

De lutter contre les mensonges des charlatans.

 

A tous ceux qui vivent encore

Dans l'amour de notre langue,

Ils disent que nous avons tort

Mais nous sommes là, qu'importe la harangue !

 

Nous suivons un chemin difficile sous nos pas;

Ils nous trompent en disant que l'on existe pas.

 

Nous comptons sur vous,

Sagesse, volonté, pour défricher

Notre noble cause, surtout

Qu'ils sont là, toujours à nous intimider.

 

Discours de ces beaux parleurs indignes de notre sang;

Corrompus, corrupteurs d'un pays souverain soi-disant;

 

Manipulateurs, dictateurs,

Viles allégations et mensonges

Qui ne mènent nulle part, d'ailleurs

Mais agissent tel un mauvais songe.

 

Wisyanan avrid yashal adath'yanjar ath'nadh-far

Wisyanan avrid yavtal adasan'mal ath'yazgar

 

Falawan aynath'kal

Had'rath fachal aknizdal

Sach'wit alaakal

Thamazighth adas'nahdar 

 

Ayadrar aalayan aykizadghan tharwa lahlal

Ahak wid yamothan aynodan mazal mazal

Madwid dikiman ghazath adh'fahman

Ilak adh'kamlaw ayan varja adathinanal 

 
 
"Tharwa Lahlal" ( Slym)
 
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Amazigh Azem.jpg  Amazigh Azem1.jpg
(Slimane Azem)
 

"L’ardent désir de quitter le village - symbole de misère - qui torturait la jeunesse d’antan n’avait pas épargné cet enfant qui deviendra, plus tard, un monument incontestable de la chanson kabyle.

Après avoir été accusé, à tort, de connivence avec l’armée française, et ce, pour l’unique raison d’avoir chanté dans la caserne où il était mobilisé, il sera traqué, de renouveau par cette même force impérialiste pour ses chants patriotiques qui définissaient sans commentaire, la position nationaliste d’un chanteur pourchassé tout le long de son vivant. Né le 19 septembre 1918 à Agouni Gueghrane (Tizi Ouzou), feu Slimane Azem, comme tous ses semblables, nés sous l’occupation française et dans un sol aride et rocailleux de la Kabylie, n’avait comme choix que d’exercer le métier de berger, qui consistait à garder les quelques têtes de bétail dans les champs avoisinants de Tadert... 

Slimane Azem quitta son village très jeune pour travailler chez un colon à Zéralda. En 1936, il n’avait que 18 ans lorsqu’il foula le sol français, 1937, il s’installe à Longwy (Meurthe et Moselle) avec son frère, Ouali. Tous les deux vivent ensemble et travaillent à l’usine. L’amour incandescent qu’il portait dans son tréfonds pour la musique s’explique par les multiples soirées qu’il donne dans les cafés arabes pour les émigrés - Kabyles - qui viennent en masse écouter l’un des leurs chanter leurs déboires et souffrances. Après quelques années de travail obligatoire imposé par l'Allemagne nazie, il prend un café en gérance à Paris et s'y produit les week-ends. Sa rencontre avec le regrettable artiste arabophone, Mohamed El Kamal, aura son pesant d’or dans la vie artistique, de Slimane Azem qui venait de prendre de l’ampleur aux côtés de ce géant avec lequel il organise d’interminables soirées dans les différentes villes de France. En effet, ce fut la consécration définitive pour la chanson.

Sa première chanson enregistrée en 1948, "A moh a Moh ekker ma tedudh anruh," nous renseigne sur la situation pénible où l’émmigré souvent s’est enlisé...

La lucidité de Slimane Azem réside dans la force intransigeante du verbe qu’il avait bien su manier avec sa clairvoyance avérée. Ses mélodies très élaborées et assez sensibles ajoutaient de la dose aux émotions d’une âme qui avait tant souffert d’un exil forcé.

Sa poésie assez raffinée et appréciée de tous les Kabyles, le classait comme le plus grand poète de son temps. Ses sketchs bourrés de sens et d’humour lui donnaient le titre d’un grand fabuliste, d’un homme de culture attaché à ses coutumes et traditions qu’il n’avait jamais cessées de sauvegarder et de défendre.

En 1956, l’année ou la guerre d’Algérie devenait intensive et surtout en Kabylie, Slimane Azem n’avait pas pu rester indifférent devant les abus criminels de l’occupant. La célèbre chanson "Effegh ay ajradh tamourthiou" en disait trop.

Cette œuvre immortelle lui avait causé quelques problèmes avec les autorités françaises. Son activisme au sain de la fédération de France a été relaté par le rescapé des condamnés à mort de la guerre d’Algérie, Ali Zamoum dans son livre Tamurth Imazighan (Mémoires d’un survivant 1940-1962). Plus de 200 chansons ont été éditées par ce monument pendant une carrière de 40 ans au service de son peuple et de l’Algérie qu’il a su bien chanter. Loin des siens et de son pays qu’il a bien adulés, Slimane Azem a rendu l’âme le 28 janvier 1983 dans sa maison à Moissac. Son legs culturel, à ce jour marche comme s’écoule l’eau d’une vasque et reste éternel dans le vaste patrimoine culturel berbère.

Sa tombe se trouve, à ce jour au cimetière de Moissac, qui sait ? Peut-être, feu El Hasnaoui a pu lui limiter un tant soit peu la solitude de l’exil qu’il a bien clamée. Feu Matoub Lounes avait raison d’avoir qualifié l’Algérie d’ogresse qui dévore et qui renie ses enfants." (Source : Ali Khalfa, "La Dépêche de Kabylie & Wikipedia).

"A wid ijebbden leqlam" ("Ô ceux manient la plume") 
A wid ijebbden leqlam
Init-iyi-d ma turam
Ghef wid nni ighur zzman
Di lmahnat ma tes3edam
Ad yili tjerrbem tecfams
Ma yelle t3acem tarwam
Di dunnit tcaxem tezhem
Ur yelli d acu ikwen icqan

I lukan ay atmaten
A nehseb a newzen
Wehdi irebbegh lhif
Kra n wid ittmeyizen
Ma yella llan d irgazen
Ilaq a ten-yawi nnif
D llugha nnegh iyi-ghadhen
Amek alami tt-haqqren
Tettwa3zel tughal di rrif

Hkan-iyi-d fellasen
Qesden-tt-id ad agh-tt-ksen
Ama s rrda ama bessif
Dayemi qqaregh i ymezyanen
S lme3nat temmelgh-asen
Amek ara zeggren asif
Yak ladhyur mxallafen
hesset ma ttemsawalen
Kul yiwen akken ittizzif

Tezram yakw a leqbayel
Anwa i d mmis n lassel
D win ittheziben i nnif-is
Lukan i nemdjaza ne3del
Rray nnegh ad yeddukel
Kul wa s-d-idher umur-is
Ma nett3emmid i lbattel
A nughal yakw am ttbel
Kul wa ad iheggi a3rur-is

Ô vous qui savez écrire
Dites-moi si vous avez écrit
Sur ceux-là que le temps a trompés
Vous donc expérimenté et vous vous souvenez
Du sort que vous ont réservé les temps
Si vous vivez rassasiés
Dans la vie vous profitez, vous vous amusez
Et rien ne vous préoccupe

Ô mes frrères
Nous venons à compter à peser toutes choses
Serais le seul à avoir subi des misères
Tous ceux-là qui pensent
S'ils sont des hommes
Doivent agir avec honneur
C'est notre langue qui me fait de la peine
Comment se fait-il qu'ils la méprisent
Et la marginalisent?

Sur eux, on m'a raconté
Ils ont décidé de nous l'enlever
De gré ou de force
Et c'est pour cela que je dis aux jeunes
Avec des paroles sensées je leur montre
Comment ils pourraient traverser la rivière
N'est-ce pas que les oiseaux son differents ?
Ecoutez bien leur appels
N'est-ce pas qu'à chacun son cri?

ô Kabyles vous savez tous
Qui est fils de famille
C'est celui-là qui préserve son honneur
Si nous étions unis
Notre pensée serait commune
Et chacun aurait sa part
Mais si nous tolérons le mépris et l'injustice
Nous deviendrons tambour
Et que chacun prépare son dos
 
"A wid ijebbden leqlam" (Slimane Azem)
 
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Amazigh Abdjaoui.jpg
(Youcef Abdjaoui)
 

"De son vrai nom Alilouche Youcef, il est né le 16 décembre 1932 à Aït Allouane dans la commune d'Akfadou. Comme tous les artistes de sa génération, il s'est donné corps et âme à la musique dès son jeune âge sous le pseudonyme de Youcef Abdjaoui. Il fur repéré par le Chick-El Bedjaoui qui lui donna cette chance de s'exprimer sur les ondes de la radio Soummam qui émettait déjà en 1947. Dix ans après, il enregistre son premeir disque en 1958 à Alger où il évoquait brillamment la vie et ses aléas. Un ouvrage qui le hissa pour intégrer avec mérite l'orchestre de Amraoui Moussa en tant que chanteur-compositeur et surtout musicien car il maîtrisait comme il se doit la mandole et la guitare sèche. Avec le déclenchement de la guerre de Libération Nationale, il rejoint la talentueuse troupe de Farid Ali avec laquelle il entama une tournée dans plusieurs pays d'Europe. "Les uns sont forts avec des fusils, moi je la fais avec ma guitare" répétait-il. Après la guerre, il rentre au pays où il fut responsable d'un orchestre de "Variétés kabyles" à la Radio Nationale Chaine II jusqu'en 1969 où il avait décidé de repartir en exil en France où il a achevé sa carrière. Il est l'auteur de "Thit D wul mkhasamen Mcharaäen zine".

 "Le coeur et l'oeil en justice pour question de beauté" est aujourd'hui omniprésent dans les coeurs de tous les jeunes qui l'adorent, tout ceux qui l'avaient apprécié de son vivant gardent de lui cet héritage "éternel" de plus de 46 chansons dans un répertoire aussi riche qu'un itinéraire talentueux de sa gamme.

En somme, pendant trente années de carrière , Da Youcef a chanté la jeunesse, l'espoir, l'amour, la vie, la patrie, la trahison, le nif et la misère. Autant de facettes de ce bas monde où l'on continue de subir les prémices du raï.

Da Youcef repose désormais aux côtés des grands maîtres de la chanson algérienne qui avaient fait de leur "art", chacun avec son style, un cheval de bataille à l'instar de Da Slimane Azem, Cheikh M'Hamed-El Anka, Dahmane El-Harrachi, Matoub Lounes et récemment le géant du chaabi El-Hadj El Hachemi-Guerouabi. Les grands ne meurent jamais..." (Source : barkam.dzblog.com)




  Commentaires (3)
1Ecrit par Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir , le 04-11-2009 21:10

Azul frère de lutte  
Merci pour votre courage et votre volonté, dieu merci il existe quelques personnes lucides de cette tragédie qui luttent pour la vérité et l'existence

2Ecrit par Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir , le 04-01-2011 10:54

Merci pour cette page qui rend hommage a nos grands artistes, heureusement qu'il y a des hommes comme eux, ils ont su préserver notre culture et notre identité, ils ont fait de la langue berbère notre fierté. Grâce à leur vers et rimes. Je dois l'amour de ma culture à mon père qui m'a fait découvrir les chansons de ces géants de la chanson kabyle. Mes respects les plus profonds à vous tous.

3Ecrit par Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir , le 13-01-2011 09:57

C'est très instructif comme travail présenté ici  
merciiiii

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