A entendre son nom de scène, on pourrait penser qu'Akim est un petit rigolo ou un humoriste, mais lorsque l'on met son CD dans le lecteur on change très vite d'avis. Il chante ses racines et son histoire en revendiquant son identité de beur qui "chante en français", avec sérieux et élégance "Beur frais" ou bien avec humour "Reubeu des bois", "Ma famille" mais la colère et la révolte ne sont jamais bien loin.
Akim chante aussi les bidonvilles "Manouche". Dans un registre plus poétique et intimiste, Akim nous offre "Ma louve", "Les lumières de la ville" ou bien "Les mômes du canal".
Akim jongle avec les mots "Akimodo" et ne peut s'empêcher de dire ce qu'il pense, et le bougre en a des choses à dire, par conviction et révolté par le monde qui l'entoure.
Sa voix posée est bien le reflet de ses pensées, tantôt calme et douce, tantôt empreinte de colère et de gouiaille pour montrer du doigt l'injustice et la bêtise, mais toujours on peut y entendre sa passion.
Côté zique, c'est un métissage de différents styles, et le tout s'écoute avec plaisir.
Bonne route à toi Akim sur ces routes du spectacle peuplées d'embûches.
"Reubeu des bois"
Avec l'aimable autorisation de l'auteur
Affiche
Le parcours
Akim Reubeu des Bois est ce Don Quichotte urbain qui combat les moulins d'un système injuste et désuet. Sa voix rocailleuse traduit un passé d'aventurier qui rappelle que la marginalité porte en elle une liberté inaliénable. Akim chante en mariant les musiques et les influences, sans jamais céder à la facilité. Pas besoin de draguer les publics, quand sa belle âme les séduit.
En écoutant ses chansons, on se demande ce qui pourrait l'arrêter de décocher les flèches de son réquisitoire méthodique ?
Le manque d'argent ? Il a une flopée de combines et d'amis (es).
Un manque d’idées, de musiques ou de textes ? Certainement pas dans le monde dans lequel nous vivons. Un oeil de romancier, un sens impitoyable de la farce pour une galerie de fables au vitriol. Un chanteur ? Oui, mais c'est aussi un « acteur compositeur » qui tient le masque derrière lequel il nous vise. Bousculant les digues de la morosité ambiante, cet homme se gratte la gorge pour nous laisser en partage la joie de personnages et de situations toujours sauvés par l'amour. Au travers de cette comédie où s'égrène ses chants irrévérencieux, un nouveau (micro)sillon de la Chanson Française est tracé ! Place aux Titis Banlieusards…
Des remords ? Jamais ! Quand un homme comme Akim promène ses convictions, il sait bien qu'il provoque toujours un peu celles des autres. On ne fait pas de courbettes si on veut casser des boeufs !
"L'ivrogne"
Enregistré à "La Cigale" le 28 février 2009
"Paname"
Avec l'aimable autorisation de l'auteur
Né dans une famille mélomane de la banlieue nord de Paris des années 80, Akim, multi-instrumentiste, accompagne "l'orchestre familial" traditionnel : kabyle par ses parents et franco-folk par ses frères et soeurs. Les citations proverbiales quotidiennes de la maman et du papa, à la manière des vieux indiens, plongent tout le monde dans la poésie, la littérature et le conte.
La musique d’Akim a été influencée par les poètes de la chanson française et toute la musique d’ailleurs qui l’accompagne dans son adolescence. Fan de Grappelli, Renaud, Miles Davis, Brassens, Idir, Police, Manu Chao, Jacques Brel, Stan Getz, Laura Veirs et tant d’autres…
De pieds d’immeubles en MJC, de bars en squats, de festivals off en petits cabarets, Akim a grandi en se nourrissant des rencontres qu’il a faites dans les ateliers d’écriture et de musique qu’il a organisés à travers les quartiers, les écoles ou les prisons. Ce sont toutes ces rencontres qui l’ont conduit à créer le personnage de Reubeu des Bois, comme un prétexte, un sauveur, un exutoire, un antihéros. C’est sur scène que le répertoire s’est construit et que le son de groupe est né ! La bande de Reubeu des Bois avance tambour battant, haut les chœurs, avec les trompettes qui sonnent l’heure du réveil; on se retrouve autour de la scène pour partager les mets d’un chaudron musical qui se communique comme un fou rire ou un chant de révolte.
"Il était arrivé, sa casquette écrasé sur la tête, on était sur un banc de la cité, il nous avait demandé de le balader dans le quartier (Saint Denis, Cité des Francs Moisins, Canal de Lourcq)
Puis nous avions passé toute la journée ensemble... Je n'ai su que bien plus tard, en tombant sur la photo par hasard, qui était ce bonhomme qui avait passé la journée à s'intéresser à nous, à nous raconter plein de ses belles aventures et à s'amuser à nous prendre en photo entre deux discussions.
À l'époque on avait les fringues trouées, le regard profond et le coeur plein."
Akim Rebeu des Bois
De gauche à droite, Akim, Christobal, Marion, Berthe Anne, Alexis, Mireille
Akim parle de la chanson française
LES STARS
Ils s'habillent en lunettes noires
Et chaussures d'ivoire
Descendent les grands boulevards
Faisant peur aux clochards
S'achètent des montres en or
Pour que le temps passe moins vite
Plein de crèmes pour le corps
Mais c'est dans leur tête qu'ils rident
Ils rient à la télé
Et pleurent en cachette
D'être produit à rabais
Confettis et paillettes
Faites kekchose messieurs dames
Car il se joue un drame
Sinon d'main dans nos rues
Défil'ront nos stars perdues
Nos stars perdues
Ah, nos amis les stars
Il faudrait leur faire un don
De matière à réflexion
Pour leur mettre du plomb ( *3)
Dans leur tête de con
C'est show biz et bling bling
Champagne pour vedette
A quoi sert tout ça
Si on ne peut plus chanter
Dans les ruelles la nuit
Les yeux ronds comme des chouettes
Avec des clodos poètes
Quand on est en goguette
Alors à toutes les stars
Qu'ils fassent les cochons ou de l'art
Les rentiers du show biz
Qui commercialisent
Les banquiers de la chanson
Les financiers d'la culture
Sachez qu'la poésie
Naît des cœurs insoumis
Des cœurs insoumis
Ah, nos amis les vedettes
Il faudrait leur faire une quête
Pour s'payer toutes leurs dettes
Eux qui n'rêvent que d'or (*3)
Dans leur tête qui dort
Van Gogh et Léo Ferré
Doisneau et Picasso
N'ont pas fait la star ac'
Ni l'école des bonnes manières
Que serait l'septième art
Sans les défauts d'Michel Simon ?
La folie d'un Gainsbar
N'a-t-elle pas fait ses chansons ?
D'ailleurs il n'y a que le fou
Qui soit vraiment poète
Tout le reste n'est que
Bureaucratie à starlette
Laissez l'âme des ruelles
Emplir nos cœurs
Par ces mots éternels
Nés de rires et de pleurs.
De rires et de pleurs
Ah, nos amis les stars
Il faudrait leur faire un don
De matière à réflexion
Pour leur mettre du plomb ( *3)
Dans leur tête de con
Aux encostumés du théâtre
Aux endimanchés du cinoche
A ceux qui pressent l'artiste
Pour se remplir les poches
Sachez que quand je ris
C'est en Do majeur
Que quand je pleure
C'est en La mineur
Que quand je crache un proverbe
Sur vos trottoirs brillants
C'est une chanson salissante
Pour vos chaussures luisantes
La poésie est bohème
La poésie est folie
La poésie est Amour
Ah, nos amis les stars
Il faudrait leur faire un don
De matière à réflexion
Nos amis les vedettes
Il faudrait leur faire une quête
Pour s'payer toutes leur dette
Eux qui n'rêvent que d'or (*3)
Dans leur tête qui dort
Pour leur mettre du plomb ( *3)
Dans leur tête de con
Ah, nos amis les vedettes
Il faudrait faire une chanson
Pour les traiter de .... CON
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