François Béranger est décédé le 14 octobre 2003, Ce chanteur
libertaire n'était jamais rentré dans le système. Il nous laisse en
héritage ses coups de gueule, sa voix chaude, ses textes tonitruants et
ses musiques qui déménagent, mais aussi ses chansons de tendresse.
Est paru en octobre 2004 un coffret de 3 CD et d'un DVD reportage qui
nous en dit un peu, non pas sur la vie du Père François, mais sur ses
convictions profondes, sa vision du monde et de notre société. Le
reportage nous fait pénétrer dans l'univers de ce chanteur de
conviction.
"Tous ces mots terribles"
François Béranger, le libertaire
François Béranger est un chanteur qui joue à cache-cache avec son
public et les médias, réapparaissant après plusieurs années de silence
pour nous livrer des petits trésors. Lui-même dit qu'une biographie
doit être ultracourte, nous ne savons donc sur lui que très peu de
choses, ce qui est important c'est son œuvre.
Béranger avant tout c'est la colère et la tendresse. Colère contre
l'ordre établi, "Canal 19", "Joue pas avec mes nerfs", "Je ne veux pas
le savoir", contre les conventions, "Le disque dort", contre une
certaine forme de société basée sur le fric, "Combien ça coûte", le
racisme et le colonialisme "Mamadou m'a dit". Mais aussi cette tendresse, "Pour ma
grand-mère", "Natacha", "Départementale 26". Il a également repris
des chansons d'Aristide Bruant comme "A la Goutte d'Or", et de Félix
Leclerc, "Présence".
"Combien ça coûte ?"
Avec l'aimable autorisation de Emmanuelle et Stéphane Béranger
Les trois premières chansons que je présente sur cette page sont
extraites du CD (paru en 1997) de François Béranger et qui me
semblent assez représentatives de l'univers du chanteur. D'une part par
des musiques qui sont dans la continuité de celles des précédents
albums, c'est à dire toniques, et par les thèmes abordés qui sont chers
à François Béranger. Dans "Combien ça coûte" il s'attaque à la gestion
étatique. Dans la chanson "Aux exclus" Béranger dépeint la société des
petites gens victimes de l'exclusion.
"Aux exclus"
Avec l'aimable autorisation de Emmanuelle et Stéphane Béranger
Dans la troisième chanson, François Béranger provocateur ratisse large
pour parler de la République. Le texte est toujours servi par une
musique généreuse et tonitruante à l'image du verbe et du personnage.
L'utilisation d'une rythmique soutenue par des percussions et une basse
donne un effet musclé à la mélodie.
"Aux Bouffons"
Avec l'aimable autorisation de Emmanuelle et Stéphane Béranger
Photo de Ghislain Debailleul
"Mamadou m'a dit"
En ce qui concerne sa biographie, les mateurs risquent d'être déçus,
François Béranger déclarant : "Je suis né, je mourrais" et "Pour être
clair, disons qu'une biographie n'a d'intérêt que si œuvre de l'auteur
est insignifiante". Messieurs les biographes, restez sur vos
frustrations, l'ami Béranger a sorti 15 albums et n'a pas envie de
faire pleurer dans les chaumières, ni de livrer sa vie en pâture aux
médias. Seules ses chansons ont de l'intérêt. A bonne entendeur, salut
! ! !
Juste quelques précisions : François Béranger est né un an après le
Front Populaire, il est issu d'un milieu ouvrier mais son père fut élu
député. En 1954 il intègre la troupe de théâtre "La Roulotte" et
interprète des chansons de Félix Leclerc. Béranger est embarqué dans la
guerre qui ne veut pas dire son nom, celle d'Algérie, puis travaille
dans l'audiovisuel avant de se consacrer à la chanson.
"Tranche de vie"
Avec l'aimable autorisation de Emmanuelle et Stéphane Béranger