Que l'on ne vienne pas me dire qu'il n'y a pas de
relève de la chanson française d'expression et de conviction, et que
les jeunes ne savent pas écrire. Clément en est une vivante preuve. On
retrouve dans ses textes la précision des mots, la concision des
tournures de phrase, la poésie, qui manquent aux chansons sirupeuses et
insipides diffusées à longueur d'antenne dans les médias.
Il
maîtrise l'art de la syntaxe, des métaphores, l'équilibre des
formulations, la justesse des mots qui font que ses textes sont "Des
Belles Lettres" qui pourraient figurer dans des anthologies poétiques.
Clément aussi manie l'humour qu'il utilise sans excès et l'on sent chez
l'auteur une grande culture, ce qui est à souligner dans ces temps
d'inculture notoire.
Photo André Hébrard
Le parcours
"Les exécutions ordinaires"
(Avec l'amicale autorisation de l'auteur)
Tantôt scandés, tantôt dits, tantôt chantés, Clément BERTRAND a décidément des mots plein la bouche.
La démarche un peu gauche et l’allure un brin débraillée, il sert sur scène avec force conviction quelques brouillons d’onze heures poético-déjantés.
Sa cuisine : de la tendresse bien sucrée et des colères amères relevées d’une pincée d’humour piquant.
Avec la complicité de Grégoire Gensse, pianiste génialement timbré.
"Je suis né par un jour de juin du siècle dernier avec un mois d’avance à la montre des grossesses, poussé par la fougue de la jeunesse dans ma découverte du vieux monde.
Très tôt, le vilain défaut de coucher tout ça sur des feuilles blanches m’a pris comme une crampe à la main qui pense. Il n’en fallait pas beaucoup plus pour que l’idée de les brailler en musique ne germe en ma caboche adolescente.
Tout seul d’abord, et puis avec un copain par la suite. Parce que l’envie de partager. Parce que l’envie de raconter la même histoire à deux, avec la complicité de mon camarade Grégoire Gensse, pianiste génialement timbré.
Depuis, on nous a vus et entendus ici où là, voire plus loin. Et c’est le Pied."
1ères parties et scènes partagées Brigitte Fontaine, Les Blaireaux, Richard Desjardins, Nicolas Jules, David Lafore, Imbert Imbert, Bernard Joyet, Louis Capart, Nilda Fernandez, Claude Astier, Graeme Allwright, Rémo Gary, Manu Lods, Yves Jamait, Dikès, Anne Vanderlove, Les Têtes Raides.
Clément Bertrand est né à Nantes en juin 1982. Il vit sur l’Ile d’Yeu d’où il est originaire.
1995 - Premières expériences en groupes, premières chansons originales, premiers concerts et enregistrements.
2000 - Bac littéraire et théâtre à Nantes, suivi de deux années de Faculté d’Histoire. Intègre le trio “La rue des Gars Prompts” (une centaine de dates en deux ans).
2003 - Premiers concerts en solo, il chante ses chansons en s’accompagnant au piano dans les bars, où il lui arrive aussi de travailler de temps en temps.
2004 - Sortie du disque 13 titres “L’Hypocondriaque”. Lauréat du prix Yves Montand à la “Petite cave” à Lille.
2005 - Lauréat du prix Mont Dore Chanson Française au Carrefour de la Chanson de Clermont Ferrand.
2006 - Lauréat du Prix du Texte et de l’AMOPA au Pic d’or de Tarbes, sortie du disque 11 titres “L’Amour dans une brocante”.
2007 - Premier prix au tremplin chanson de Lomme.
2008 - Prix de l’Oracle et du Crédit Mutuel aux Rencontres Sémaphore. Festival de Tadoussac. Coup de cœur du festival Chant’Appart. Résidence Chants Libres à Montauban avec Philippe Albaret. Création du nouveau spectacle en duo avec Laurent Hilairet.
2009 - Sélectionné aux Découvertes du Festival Alors Chante à Montauban. Festival Chanson de Paroles à Barjac. Concerts à la Salle Paul Fort à Nantes, au centre Culturel de Delémont, aux Bars à Jamait, au Théâtre de l’Arche à Tréguier...
2010 - Création du nouveau spectacle “Le salut d’un poisson”, en compagnie de son pianiste, Gregoire Gensse.
Enregistrement du 3ème album.
Découvertes de la Fédération française de la chanson francophone, aux Trois Baudets à Paris.
Emission “Vivement dimanche” sur France 2.
2011 - Tournée du dernier spectacle.
OCTOBRE 2011 : sortie du 3ème album "Le salut d'un poisson".
Photo André Hébrard
Photo Dominique Planche
Discographie
"L'hypocondriaque", CD, 2004
"L'amour dans une brocante", CD, 2006
Photo Georges Corbé
Clément et la chanson française
"Il y a une quinzaine d’années, la chanson était plutôt délaissée voire
ringarde. Aujourd’hui, elle est devenue à la mode. Trop. J’aime son
côté discret et convivial, mieux vaut fréquenter des petites salles
d’une centaine de places plutôt que des zéniths hallidaysques.
Les médias ont trouvé des coqueluches toutes neuves, cinq ou six
têtes d’affiche qu’ils ont parqué dans le ghetto « Nouvelle
chanson française ». En suivant le sens du vent, ils ont laissé de
côté de nombreux artistes qui mériteraient tout autant d’être mis en
avant. Non pas que je dénigre le travail de ces chanteurs hissés sur le
piédestal télévisuel, matraqués par les radios et vendus comme des
produits de consommation primaire, mais je les trouve pour la majorité
un peu timide, un peu gentil, presque fade, quand tant d’autres
bâillonnés par l’anonymat auraient des choses à raconter. La censure ne
sévit plus, de nos jours on pratique l’indifférence et l’ignorance,
c’est pire.
Festival de Tadoussac, Québec (Photo A-C Roberge)
Et puis ce qualificatif interminable d’auteur-compositeur-interprète,
qu’on accroche comme une médaille, à n’importe quelle personne capable
de gratter deux cordes en chantant trois vers maladroits me fatigue. Je
lui préfère de loin le terme chansonnier, qui rappelle le côté
artisanal de l’ouvrage, la nécessité d’avoir de bons outils, du
savoir-faire, et le désir de le perfectionner avec le temps.
J’aime l’idée qu’une chanson puisse traverser des générations
sans perdre de sa verve ni de sa richesse en cours de route, qu’elle ne
se découvre pas dés la première écoute, et nous surprenne à chaque fois
par des images, des métaphores, des rimes dissimulées qui se découvrent
au fur et à mesure des auditions. J’aime le fait d’obliger
l’auditeur à ne pas être passif envers une chanson, à venir vers elle
pour la mettre totalement à nue. J’aime l’idée qu’une chanson puisse
être lue sans artifices comme un poème, j’aime le frisson qui électrise
mon système pileux plus ou moins fourni lorsque je pose le point final
d’un nouveau texte et que chaque virgule est à sa place. J’aime la
contrainte de la métrique de la versification et de la rime riche qui
me pousse vers d’autres mots, des anciens, des nouveaux, d’autres
tournures de phrases.
"Bling-Bling"
(Avec l'amicale autorisation de l'auteur)
Photo P.Botté
"J’aime qu’une chanson ait du relief, du fond, de la forme. La
contestation, c’est de l’amour, de la tendresse, de la sensibilité qui
n’a pas su s’armer contre la connerie ambiante, rien d’autre. C’est
l’aspect le plus brut et le plus pur de l’être humain. C’est la
virginité du cœur. Elle n’a jamais été autant indispensable
qu’aujourd’hui, en ces temps de régression générale, ou l’on voudrait
nous botter le cul chacun dans notre camp, dans notre communauté, pour
mieux choisir son roi ou son dieu. Diviser pour mieux régner, c’est
vieux comme le monde !
Je continuerais d’écrire des chansons humanistes avec ma plume
libertaire tant que je pourrais penser, loin des clans, des partis et
autres cages. La chanson c’est la solitude. C’est se foutre à poil tout
seul sur une feuille blanche et suer sang et eau pour la noircir. C’est
la magie de chanter en public, de balancer sa solitude à la gueule des
gens, en les amenant à côtoyer la leur, à l’apprivoiser, à la rendre
féconde. Quand chacun de nous aura rencontré sa solitude respective,
peut-être alors qu’un projet commun sera possible. Pour l’instant, on
en est loin"
Clément BERTRAND
"Marin à quai"
(Avec l'amicale autorisation de l'auteur)
Photo Franck Bergereau
Contact scène - Sylvie Audouin - 06 10 25 83 24
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