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Photo Violaine Parcot
 
 
Michel Boutet, la force tranquille, la poésie en plus
 

Michel nous embarque dans son univers intime, sans hausser le ton, simplement, tout en poésie, parfois avec nostalgie teintée d'affection "Les gardes-barrière". Mais de temps en temps ses textes sont plus musclés pour nous montrer du doigt les injustices comme l'accueil des émigrés en France "Nambou" ou bien la noire époque du pétainisme "Putain de maréchal".

Il manie aussi l'humour noir pour dénoncer la peine de mort "Boulevard de Monte-à-Regret", on commence par rire jaune en l'écoutant, avant d'être soi-même en colère. "La caisse et la postérité", chanson de Pascal Aussi est du même tonneau pour parler de la chanson française.

Michel aborde aussi des thèmes plus profond, comme la mort "L'accordéon qui joue dans Amsterdam" avec un texte  finement lèché, à faire pâlir les rimailleurs. A noter un hommage attendrissant à Brassens "Chanson peu académique".

Michel c'est aussi une voix posée qui touche au coeur, une interprétation sobre à l'image du personnage

Côté zique c'est simple et efficace, sans tapage inutile, juste ce qu'il faut pour envelopper des textes riches d'une grande force.

Longue route à toi Michel, grâce à toi on sait que la chanson d'auteur a encore de beaux jours devant elle.

"Nambou"
(à Léon, chef de la tribu d'Eni, Île de Maré, Nouvelle-Calédonie)
  Avec l'aimable autorisation de l'auteur
 
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Barjac 2009 , Photo P.Bureau
 
 
Le parcours"
 

1969    Tourné de deux mois, comme chanteur et mime avec Les Compagnons du Masque

1970    Les Compagnons du Masque deviennent le Bataclan 13

1971    Bernard Haillant rejoint le Bataclan 13

1972    Débuts au cabaret nantais "Le bateau-lavoir" (où embarque la fine fleur de la chanson française : Félix Leclerc, Gilles Servat, Mouloudji, Tri Yann, Paco Ibanez, Catherine Sauvage, le Cuarteto Cedron, Jacques Bertin…)

1980    Création avec Gérard Menant de "Ma p’tite chanson", répertoire de Bourvil

1984    Bourvil toujours : création de "Pour sûr" avec Patrick Couton et Georges Fischer (plus de 500 représentations)

1993    A l’invitation de l’ACENER , il conçoit à Nantes la fête "Tissé métisse", qui depuis lors chaque année fait le plein de la Cité des congrès.

1994    Création par Jean-Michel Piton et le Théâtre du Galion de "Quelqu’un qui passe", pièce de théâtre écrite par Michel Boutet.


"La caisse et la Postérité"
(Paroles et musique : Pascal Aussi)
  Avec l'aimable autorisation de l'auteur
 
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Spectacle Soleville chante Ferrat, Lorient 2010, avec Lionel Suarez, Photo Violaine Parcot
 

1999    Patrick Couton et Michel Boutet créent "Vraiment belles chansons" (répertoire de Jean Yanne, Ricet Barrier, Pierre Dac et Francis Blanche).

2000    Création, entre théâtre et conte, de "Barbouillot d’pain sec", spectacle en solo (près de 300 représentations).

2005    Nouveau spectacle chanson : "La ballade de Jean-Guy Douceur"

2009    Premier spectacle pour enfants : "Touptipassipti". Passage remarqué (avec "La ballade de Jean-Guy Douceur" en quartet) au Festival "Chanson de paroles" à Barjac.

 
"L'accordéon qui joue dans Amsterdam"
Michel Boutet au Gamounet à St-Bonnet-près-Riom, juillet 2010, "Rencontres Marc Robine" 
 
 
Discographie
 
 
 "Chansons entre parenthèses", 1972
 
 "Le sable est mouvent", 1978
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 Boutet22.jpg  "Chanson pour la loute", 1981
                        "Aime toi", 1986
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 Boutet24.jpg  "Barbouillot d'pain sec", 2002
 "La cordillère des anges", 2004
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 Boutet26.jpg  "La ballade de Jean-Guy Douceur", 2009
 
"Putain de maréchal"
(à Jean Ferrat)
  Avec l'aimable autorisation de l'auteur
 
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Forum Léo Ferré, avec Delphine Coutant, Photo Antonio Pedraja 
 
Bibliographie
 
Boutet30.jpg "Chansons clandestines", 1976
           "J'irais de travers", 1980  Boutet31.jpg
 Boutet32.jpg  "Sans doute tu es l'aube", 1995
           "Barbouillot d'pain sec", 2002  Boutet33.jpg
 Boutet34.jpg  "Le papillon épinglé", 2007
 
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Barjac 2009, avec Delphine Coutant & Valérie Montembault, Photo P.Bureau
 

"La java niaise"
  Avec l'aimable autorisation de l'auteur
 
 
 
Michel Boutet parle de la chanson française
 
 
Interview : Michel LAGARDE
 

"C'était le vendredi soir 16 juillet , aux sixièmes rencontres  Marc ROBINE à Saint Bonnet près Riom -63-

Il devait être aux alentours de minuit.... Un horaire à ne pas mettre un chanteur devant un public, surtout lorsque celui-ci vient d'ovationner, comme il se doit, le grand Michel BUHLER et la superbe Véronique PESTEL !

Lorsque Michel monte sur scène, beaucoup de spectateurs ne connaissent pas l'artiste ! Le risque est alors grand que, par politesse, certains écoutent 2 ou 3 chansons .... Avant de s'en aller discètement, profitant de la pénombre de la salle !

Et pourtant, 1H30....  plus tard, le public (au grand complet) est là, debout, qui en demande et redemande... Chapeau l'artiste, il fallait le faire !

Au lendemain de son passage à Barjac en 2009, le journaliste François BELLARD avait écrit un papier sur Michel, en voici un extrait :

"Avoir vu ce spectacle, cet homme enraciné dans le meilleur des traditions d’une région (la région nantaise), qui semble la générosité personnifiée, donne l’impression d’être soi-même meilleur. Ce spectacle m’a beaucoup marqué, et il est encore si présent dans mon esprit que je n’arrive pas encore à dégager toutes les causes du bonheur qu’il m’inspire. Un spectacle rare. Un artiste extraordinaire".

C'est tout à fait mon sentiment... C'est pour celà que j'ai voulu en savoir un peu plus sur ce sacré bonhomme....

- M.L. : Michel, c'est surtout à l'auteur que je m'adresse aujourd'hui. Te souviens-tu de l'écriture de ta première chanson ? Et depuis ....... Combien en as-tu écrites ?

- M.B. : Ma première chanson était une chose très gaie qui était titrée "La guerre". J’avais 12 ans. J’apprenais la musique par cœur, n’ayant ni magnéto ni aucune notion d’écriture musicale. Depuis, je pense avoir écrit 250 à 300 chansons, dont une centaine «officielles» (déposées, interprétées ou attendant de l’être).

 
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  Barjac 2009, Photo Marie Françoise Balavoine

- M.L. : Comment pratiques-tu....... As-tu une méthode de travail ?

- M.B : La chanson m’est venue… J’allais écrire : "naturellement". En fait, chez moi, il n’y avait pas de livre, seulement la radio. Mon père chantait. Fort ! Ma mère chantait Berthe Sylva, pour nous faire rire sans doute. Quand l’envie d’écrire m’est venue, j’ai écrit des chansons, au modèle de ce que je vivais «culturellement», c’est-à-dire comme "dans le poste". Plus tard, à 13, 14 ans, j’ai écrit mes premiers sketchs (toujours l’influence de la radio : Francis Blanche surtout), puis des poèmes (mes premiers livres de poche étaient des recueils de poésie : Rimbaud, Verlaine, Apollinaire). Et je n’ai jamais arrêté.

- M.L. : As-tu un ordre bien défini , paroles puis musique ? La rythmique et la mélodie te "trottent"-elles ensemble dans la tête ?

- M.B. : Ma méthode de travail : tout noter. Je n’ai pas de mémoire, donc je note tout ce qui m’alerte, une phrase, une image, six notes de musique. Ensuite, tout peut arriver. La plupart du temps, je travaille beaucoup, considérant qu’il n’y a aucune raison pour qu’un mot soit à une place dans la phrase par hasard. Je triture, je corrige. J’essaie de ne pas trop m’éloigner de "l’idée" initiale, de ce que j’appelle "la colonne vertébrale" du texte. En même temps, je me méfie beaucoup de mes habitudes, de mes éventuelles habiletés. Il faut que la chanson tienne dans la longueur, qu’elle ne donne pas tout dès la première écoute, qu’elle cache des petits plaisirs, qu’elle soit "longue en oreille" en quelque sorte. Il faut donc travailler et contester toujours ce qu’on écrit jusqu’au moment très heureux où on considère qu’il ne faut pas aller plus loin, qu’on est au point de rencontre du travail et de la fraîcheur de la chose nouvelle. Et bien sûr j’aime que ce travail ne se voit pas, qu’il y ait une apparente facilité.

C’est en général le texte qui me guide. Pour l’écrire, je fais toujours ce que j’appelle une "musique portative", une mélodie, une scansion. Quelquefois je la garde. D’autres fois, non. Je cherche autre chose, ou je fais appel à mes amis Patrick Couton, Francis Blanchard ou Romain Didier. A noter qu’avec Patrick, j’ai souvent écrit sur des musiques préexistantes : les musiques de Patrick étant particulièrement remarquables et intelligentes (faussement simples aussi), c’est un guide très intéressant.

- M.L. : La page blanche te hante t-elle ?

- M.B. : Autrefois je pensais que oui. Mais je me suis rendu compte qu’il fallait que les choses murissent beaucoup en moi avant que je me mette à les écrire. J’accepte à présent ce temps préalable à l’écriture. Je dois avouer aussi que je ne suis pas plus courageux que ça : j’écris parce que je me suis engagé à le faire. Quand j’ai répondu à dix amis que "oui, mes nouvelles chansons arrivent", il faut bien que je commence à les écrire, sinon, je finirais par ne plus avoir d’amis. Rassurez-vous : j’en ai une belle bande.

- M.L. : As-tu des périodes privilégiées pour écrire ? Peux-tu écrire à la demande ?

- M.B. : Mes périodes privilégiées, c’est n’importe quand ! N’importe où !... A proprement parler, je n’écris pas à la demande, mais si un sujet m’intéresse, je peux m’engager sur une écriture commandée. Ayant travaillé à une époque de ma vie auprès de personnes handicapées mentales, je suis toujours invité, une fois ou deux par an, à écrire sur des sujets comme la différence, l’étrange, l’humour et le handicap, par exemple. Ces textes sont dit durant des congrès par des comédiens ou moi-même.

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Forum Léo Ferré, avec Delphine Coutant, Photo Antonio Pedraja  

M.L. : Ecrire est-il vital pour toi?

M.B. : C’est une question vitale, bien sûr. Je ne sais toujours pas pourquoi l’envie d’écrire m’est venue, mais c’est tellement aidant pour moi. Et, "accessoirement", cela m’a permis d’aller à la rencontre des autres qui, semble-t’il, m’encouragent toujours à le faire. 

M.L. : Les périodes d'écritures sont-elles exaltantes ou déprimantes ?

M.B. : Exaltantes la plupart du temps, mais normalement fatigantes et inquiétantes. C’est ne pas trouver l’envie d’écrire qui me déprime.

M.L. : Si tu devais donner un seul conseil à un débutant parolier , ce serait lequel?

M.B. : N’accepte aucune facilité, mais prends tout le plaisir.

M.L. : Ta chanson préférée ?

M.B. : Je suis incapable de répondre : j’aime tellement de chansons, même certaines des miennes !... En vrac : tout Brassens, une bonne partie de David McNeil, Brel deuxième période, un gros paquet de chansons du Québec, Vissotsky, Caetano Veloso, Lluis Llach, Remo Gary ( !!!), et tellement d’autres.

M.L : Te sens-tu plus Auteur que Compositeur ? Estimes-tu que la musique et les arrangements soient aussi importants que le texte ?

M.B. : Tout est important ! Comme je me sens plus auteur que compositeur, je fais appel aux amis talentueux pour ce que j’estime ne pas savoir faire. Concernant les arrangements, je préciserai qu’une bonne chanson fonctionne dans une grande simplicité d’exécution.

M.L. : Quel impact voudrais-tu que tes propres chansons aient auprès des gens ? Quelle est la mission de tes chansons ?

M.B. : Ma devise pourrait être : "Je voudrais être utile à vivre et à rêver" (Etienne Roda-Gil).

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Francesca Soleville chante Ferrat, Lorient 2010, avec Christiane Stefanski, Photo Violaine Parcot

M.L. : Que penses-tu de la mise à l'écart  "médiatique" d'ACI comme toi ou d'autres de tes collègues comme Leprest , Bertin , Benin, Michèle Bernard par ex !

M.B. : Je pense que chaque fois que j’ai approché le show-bizness (oh, très peu), j’ai su que j’étais en pays très étranger. Je pense que j’ai une part de responsabilité dans le fait d’être resté marginal. Je pense que j’ai peut-être survécu grâce à cette marginalité. Je pense aujourd’hui qu’on est pas prêt de me convaincre que je ne sais pas écrire et chanter des chansons. Le reste, la réussite et tout ça, est affaire de hasard, sans doute.

M.L. : Quel regard poses-tu sur la chanson française actuelle, son évolution , son avenir ?

M.B. : Juste une remarque : c’est à nous de défendre notre langue et nos particularités. Le bizness veut un monde uniformisé. Battons-nous pour la différence : chantons en français ! Surtout en français ! Et puis, pour le fun, la rencontre, l’intelligence, offrons-nous de chanter en anglais, en espagnol, en russe, en uzbek, en bantou…

M.L. : Y a t-il une question à laquelle tu aurais aimé répondre ....et que je ne t'ai pas posée ?

M.B. : J’ai déjà tellement dit… Merci pour ces questions-là."




  Commentaires (1)
1Ecrit par Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir website, le 08-01-2011 13:35

Je nous souhaite chers amis, de découvrir des artistes ! ils sont si nombreux de talentueux que l'on ne sait plus d'où donner de la tête et du coeur ! 
Michel BOUTET avant, les rencontres Marc ROBINE (2010), je connaissais si peu ! juste son 33 tours "chansons pour la loute", sa chanson pour Bernard HAILLANT "la petite fille du cinquième" + cette chanson très souvent diffusée par les Bernanars de Radio libertaire (faut dire qu'ils ont su me donner envie de découvrir Michel".  
Coup de coeur aux rencontres Marc ROBINE 2010. Après deux concerts du style plutôt riches "Véronique PESTEL" et " Michel BUBU, c'est un triomphe qu'a déclenché Michel BOUTET en toute simplicité (voir ma chronique ci présente dans la rubrique "spectacles"). Michel était si bien accompagné par Félix BLANCHARD et Delphine COUTANT. Il a aussi interprété un poème de Cyril C.SARROT, extrait des recueils façon livret cd (j'aime beaucoup". Alors, Michel a pris place grandement dans ma discothèque et il m'a permis aussi de découvrir l'univers de Delphine COUTANT que j'apprécie beaucoup. 
L'important c'est d'emprunter des routes enchantées et enchantantes diverses. J'ai tant à découvrir encore.

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