Claude Michel, on a envie de lui donner une accolade fraternelle comme à une amie qui pourfend l'injustice en tout genre et la violence faite aux femmes, dénonçant l'inégalité entre femmes et hommes, elle consacre d'ailleurs sur ce thème son album "Mais qu'est-ce qu'elles veulent encore ?". Claude réclame la parité, montre du doigt la prostitution de jeunes africaines dans notre pays, "Brest janvier 2002" l'excision, les femmes muselées "Ne rêve pas ma belle", les jeunes filles auxquelles on vole leur propre existence "Nasrine", et celles dont on viole la virginité "Sarah".
Elle dénonce, gueule, vocifère sur fond de réalisme, nous renvoyant l'image de notre société machiste et stupide s'appuyant sur des faits divers et la quotidienneté qu'elle croise dans sa vie de tous les jours. Nous sommes très loin des féministes de 68 idéalistes, et revanchardes, car Claude nous chante le monde d'aujourd'hui, le sien, le vôtre, le mien.
Claude dénonce aussi le tourisme idiot "Trois p'tits tours", égratigne les éleveurs qui vendent à tout prix de la viande contre nature "Malbouffe", rend un vibrant hommage à sa Bretagne natale dans son album "Belle Angèle de Pont-Aven", son piano à bretelle vissé au corps et sa voix goualante qui nous entraîne dans ses rêves et ses colères.
Claude chante la dure vie des tziganes "Tziganes", gueule contre la ségrégation raciale "Noire est ta peau", se moque des conséquences du mondial de foot "Mundial".
Ses textes touchent au coeur et à l'esprit, avec des mots simples et percutants, sa musique se marie avec élégance aux textes, les orchestrations et son interprétation ont des accents de sincérité qui ne trompent pas.
Merci Claude pour tous ces petits joyaux que sont tes chansons.
"Brest janvier 2002"
Avec l'aimable autorisation de l'auteur
Biographie
La biographie de Claude explique le contenu de ses chansons et son militantisme. Voici ce qu'elle en livre :
"Aînée de treize enfants, issue d'une famille bourgeoise et catholique, je me suis mariée à 18 ans. Pendant que mon mari terminait ses études de médecine, je me suis retrouvée coincée au foyer, avec un enfant tous les ans. A 23 ans, tuberculose pulmonaire, un an d'hôpital, mon mari me quitte. Je me retrouve seule avec mes quatre enfants. Il était médecin et je n'avais rien. Je réalise alors l'injustice de la situation. Je regarde tout avec des yeux neufs. Le divorce fut pour moi comme une deuxième naissance : la liberté m'était rendue et je ne devais plus compter que sur moi-même.
Malgré la présence des enfants, je reprends mes études d'histoire et de démographie à Rennes, puis à Strasbourg, tout en travaillant comme prof dès l'obtention de ma licence. Très peu de temps pour les loisirs. Au début des années 70, de retour en Bretagne, je participe à la lutte pour la liberté de l'avortement et de la contraception, avec le M.L.A.C. (Mouvement pour la Liberté de l'Avortement et de la Contraception) et le Planning Familial. Je découvre les combats féministes. Remariée, j'ai trois autres enfants, et je reste en contact avec des associations féministes qui luttent contre la violence à l'égard des femmes.
Après la naissance de mon septième enfant, je tente de réaliser un rêve : chanter, chanter ce que j'ai envie de dire, surtout sur la condition des femmes. Puis je deviens Chargée de Mission aux Droits des Femmes à la préfecture du Finistère."
"L'excision"
Avec l'aimable autorisation de l'auteur
Parcours artistique
Claude a commencé de chanter en 1980 des reprises, puis très vite des compositions personnelles. En même temps elle apprend l'accordéon diatonique afin de s'accompagner. Premier 45 tours "Café, café", puis un 33 tours "L'abri du port". Elle fait des petits concerts dans les bars, les villages de vacances, accompagnée au pian, puis à la guitare.
En 2000 elle chante à New-York pour la Marche "Mondiale des Femmes", et sort son premier CD "Pourtant je t'aimais". En 2002, Claude sort "Mais qu'est-ce qu'elles veulent encore ?, se rend à Kaboul avec d'autres femmes et y chante "Nasreen".
En 2003 elle remporte le 1er prix du Festival de chanteurs de rue de Quintin, et accompagne à l'accordéon diatonique un groupe de chants de marins pendant 4 à 5 ans. Claude sort son troisième CD en 2005 "Tsiganes" et chante de plus en plus pour des associations de femmes et des fêtes de la mer, participe à la fête de Lutte Ouvrière.
En 2007 elle chante pour les 25 ans de Radio Libertaire, et pour les 20 ans de l'émission "Femmes Libres". 2007 quatrième CD avec des chansons qui parlent de la mer, et anime des fêtes de ports ou chante sur les bateaux du patrimoine.
Discographie
"Toi mon accordéon"
"Pourtant je t'aimais"
"Mais qu'est-ce qu'elles veulent encore ?"
"Belle Angèle de Pont-Aven"
"Fait divers"
Avec l'aimable autorisation de l'auteur
Concert à Concarneau, 22 juin 2005
Initiatives & Créations
Claude milite dans deux associations :
-Aide aux femmes victimes de violence ou en grande difficulté, dont elle a été présidente pendant 7 ans.
Cette association apporte une aide financière, en payant des nuits d'hôtel pour les femmes et leurs enfants, ou en versant une caution ou un mois de loyer, et verse des dépannages financiers.
Elle assure un accompagnement chez le médecin, à l'hôpital, au commissariat, chez l'avocat, et apporte une aide psychologique, car ces femmes sont souvent cassées, détruites.
- La Liane Bretagne-Afrique dont Claude fait partie depuis 10 ans. Cette association s'occupe, à Saint-Louis du Sénégal d'enfants talibés : enfants de 6 à 16 ans qui mendient dans la rue au profit de marabouts qui les exploitent sous prétexte d'apprendre le coran.
Elle recherche les parents, et essaye de faire reprendre les enfants par leurs familles. Pour les autres, l'association a un petit centre d'hébergement, ils sont scolarisés quand c'est possible, et les plus grands rentrent en apprentissage.
Claude est allée chanter en décembre au Sénégal au profit de cette association.
Michel sur le fleuve Sénégal, décembre 2009
"Tziganes"
Avec l'aimable autorisation de l'auteur
Claude parle de la chanson française
"A mes yeux, la chanson française est trop souvent commerciale; il faut plaire à tout prix et souvent avec des textes assez creux. On nous sert sur les ondes beaucoup de soupe ou de guimauve et les chanteurs engagés qui ont quelque chose à dire, passent très peu.
Pour moi, les chansons peuvent être des " coups de gueule" contre l'injustice, les inégalités, la bêtise. Elles peuvent être drôles car l'humour est un excellent moyen de dénoncer l'inacceptable.
La chanson est un moyen de communiquer, de faire partager des idées, plus facilement que par le texte seul.
Pour moi chanter, c'est une manière de faire partager "mes tendresses, mes révoltes et mes amitiés "
Pour moi, chanter, c'est vivre," vivre à en crever"
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