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DAUTIN YVAN
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Photo Anne-Marie Tanigada
 
 
Yvan Dautin, un poète lunaire avec les pieds sur terre
 

Yvan chante des bouts de vie, des histoires courtes d'humains avec leurs travers, avec leurs joies et leurs peines. Un balade  humaniste et profonde dans le coeur de l'être. Il le fait sans artifices,  et ses chansons sont d'un réalisme saisissant  qui parfois nous remuent les tripes ou nous brisent le coeur.

Ce poète humaniste a une écriture raffinée et concise, ses mots sont justes et leur sens est finement pesé. Parfois surréaliste ou bien franchement proche des êtres souffrants, Yvan nous ramène à nos vies qui ne sont pas toujours sereines et même parfois un peu noires.

On retrouve dans son dernier album deux thèmes : la femme ("la mal mariée", "les mangues") et la misère ("La dame Cendrillon", "Le père"), et parfois sa colère prend le dessus ("L'huissier", "la femme battue", "Ne pense plus, dépense").  A noter deux reprises de chansons de Léo Ferré "T'en as" et "Monsieur William", une texte de Jean Roger Caussimon mis en musique par Léo Ferré.

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Photo Pion

Yvan donne de temps en temps dans l'humour comme dans la reprise de la chanson de Ferré "T'en as", formé qu'il a été à l'humour grinçant et ravageur des "diseurs de vérités" d'une époque où tout n'était pas encore aseptisé.

Il a des interprétations majuscules dont les intonations ne trompent pas sur ce qu'il est, un homme habité par le besoin de nous faire partager sa vision du monde, tantôt optimiste, tantôt révolté. Yvan est un homme de scène, mi-comédien, mi-chanteur.

La complicité avec son pianiste et compositeur Elie Maalouf nous fait que mieux apprécier les 18 chansons de l'album. 

Alors mon frangin d'humour et de colère, t'as intérêt à continuer de chanter, sinon les djinns vont venir te mordre les pieds pendant ton sommeil !!!

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Photo Antonio Pedraza
 
   
"L'huissier" Yvan Dautin / Angelo Zurzolo
(Avec l'amicale autorisation de l'auteur)
 
Le parcours 

Yvan monte à Paris en 1967, venu de sa Vendée natale, et il réussit difficilement, après un an de "disette", à enregistrer ses premiers titres. En 1971 il chante à la "Galerie 55" avec un répertoire à l'humour grinçant façon "Fluide Glacial".

Il connait le succès dans les années 70, de la Gaîté Montparnasse au Quartier du Marais.  En 1975  il tourne dans différents lieux parisiens : "Pizza du Marais", "Café de la Gare", tournée dans les MJC en 1976, "Théâtre de Boulogne-Billancourt" (avec Bernard Lubat, Bob Guérin et Paul Castagnier), "Théâtre de la Ville", "L'écluse" et l'Olympia en première partie de Julien Clerc. Plus tard il assurera des premières parties de Maxime Le Forestier.

Puis en 1982, Yvan se fait remarquer par sa chanson "Les Batignolles", quartier dans lequel il a élu domicile. Il sort son premier 45 tours "L'oiseau qui fait tchack tchack" en 1970, puis en 1971 un album "Je n'suis pas sorti d'la cuisse à Jupiter".

En 1981, Yvan co-écrit avec Roda-Gil "Boulevard des Batignoles"

Yvan est un jongleur de mots, "enfant terrible" qui chante avec dérision et ironie, mais toujours avec une grand tendresse. Huluberlu admirateur du collège de Pataphysique, il est un doux dingue rêveur qui rit de la bêtise humaine et parfois montre les dents.

"A la cessation d'activité de sa maison de disque AZ en 1982,  Yvan connait un longue éclipse" dans sa carrière de chanteur. Il effectue son retour sur scène en 1992.

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Photo Charles Nemes
 
 
"La dame Cendrillon" Yvan Dautin / Angelo Zurzolo
(Avec l'amicale autorisation de l'auteur)
 
 
Discographie
 
Dautin10.jpg  "L'école est fermée"                               
                                   "Est-ce que c'est la salsa ?", 1979 Dautin11.jpg
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 "La malmariée", 1976                                   
                                                                "La méduse"
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Dautin14.jpg  "La portugaise"
                                                      "Les fiancées", 1968
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Dautin16.jpg  "La comptine du cétacé", 1969
                                             "Monsieur, Monsieur", 1981
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Dautin18.jpg  "Boulevard des Batignoles", 1982
                                 "N'avez-vous rien à déclarer", 1983 Dautin20.jpg
Dautin19.jpg  "La plume au coeur", 1987
                                  "Ne pense plus, dépense ! ", 2008
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"Ne pense plus, dépense !" Yvan Dautin / Elie Maalouf
(Avec l'amicale autorisation de l'auteur)
 
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  Photo Anne-Marie Tanigada
 
 
Le Théâtre & le Cinéma

Yvan a été très tôt attiré par le théâtre, il a été auditeur libre au Conservatoire de Nantes. Il joue en amateur avec le Théâtre de l'Equipe dans "Les fusils de la mer Carrare" (Brecht), "Pique-nique en campagne" (Arrabal), "Georges Dandin" (Molière), monte des spectacles sur Prévert et Vian.

En 1980, il joue le rôle de Thénardier dans "Les Misérables" en 1980 (Victor Hugo) et compose pour les enfants "L'Île au trésor" (Stévenson). Il collabore avec Martine Sarri à un spectacle musical sur la Résistence, écrit un scénario avec Daenninck "La rançon de la gloire". En 1989 il participe à une série d'émissions "Bienvenue au paradis" avec Claude Villers.

En 1996, Yvan co-écrit avec André Gaultier un spectacle pour enfants "Léo Godasse" et une pièce de théâtre "Vas-y papa".

Yvan enchaîne alors des rôles dans des films et pièces de théâtre : "Les idiots" (1987), "Bouvard et Pécuchet" (1989), "Comment va le monde Môssieu ?", "Arsenic et vieilles dentelles" (1995), "L'incorruptible" (1999), "Maigret et l'étoile du nord" (2005).

En 2006, il est récompensé pour l'ensemble de sa carrière par le Prix Renée Jeanne.

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Photo Anne-Marie Tanigada 
 
Yvan en colère parle de la chanson française  
 
POURQUOI JE CHANTE ENCORE !

"Enfant, l’avaleur de sabre me fascinait beaucoup plus que la valeur travail.

Et, dans ma tête de ventre à choux pourtant, je passais en boucle ce joyeux refrain « Volem rien foutre al païs »

Les slogans de 68, quelques années plus tard, me confortèrent dans mon intuition : perdre sa vie pour la gagner, sous les paves la plage, etc…

Je paressais beaucoup plus que mon âge.

Ennemi du moindre effort, le paresseux ne peut pas s’adonner à la paresse des neurones. Le paresseux se donne toujours un temps de réflexion avant de poser un pied devant l’autre. Enfin et surtout la paresse est la seule arme efficace qui vous fait renoncer au S.T.O : travailler plus pour gagner moins.

Ceci dit, et donc, le paresseux a pour vocation de déranger la bonne société française (Si le paresseux est français, naturellement)

Le paresseux est inventif, subversif. Il crée à son rythme : va piano va sano.

Nonobstant le paresseux chanteur est obligé de signer un contrat léonin avec la major compagnie du coin, si l’envie lui prend de faire carrière.

Ce faisant il devient, à l’insu de son plein gré, l’otage de cette major compagnie… laquelle a droit de vie et de mort ( Professionnelle s’entend ) sur lui.

Dans le meilleur des cas il devient une gagneuse du show bise. Il en vend. On l’adule.

Dans le pire des cas il ne se vend pas. Alors, on le jette comme un malpropre. Sans préavis et sans indemnité de licenciement.

C’est d’ailleurs ce qui vous attend vous aussi demain : la précarité pour tous !

Le succès ne fait pas partie des avantages à qui ?

De ce point vue imprenable sur la mer, mon échec fut une totale réussite. L’idée d’être un produit fini dans le genre tête de gondole ne m’a pas convaincu. Mon banquier en est encore fort marri : «  il faut gagner plus monsieur Dautin ! »

L’argent, croyez le ou non, chez moi, n’a jamais été le moteur pour me faire avancer. L’envie, le désir, le plaisir, oui ! L’argent, non !.

Devenir le plus riche du cimetière ? Voilà bien un sport d’adultes. Et les adultes m’emmerdent. Tous ces gens responsables qui nous mènent au désastre, devraient avoir depuis belle lurette, perdu tout crédit auprès de vous travailleurs pauvres ou pauvres ( Rayez la mention inutile)

Et je voudrais ici rendre hommage à tous nos ministres de l’inculture, qu’ils soient de gauche de droite du centre ou du milieu, pour avoir œuvré avec l’efficacité que l’on sait à faire en sorte que l’Art avec un grand pet ne soit plus qu’une marchandise.

Et vous participez, inconscients que vous êtes, au glissement progressif du culturel vers les loisirs, à cette défaite programmée de la pensée, à ce temps de cerveau disponible qui vous nique les neurones.

Encore que, parfois, vous vous plaignez de la médiocrité affligeante des émissions dites de variétés.

C’est donc que vous les regardez. Y êtes vous vraiment obligés ?

Non…Alors ?

Public chéri redevenez curieux, allez voir tous ces chanteurs dont on parle si peu. Si vous êtes île de France, fréquentez le Forum Léo Ferré, le Limonaire, le Magic, que sais-je encore…Si vous êtes Dom Tom, là non plus, vous n’avez pas d’excuses. Il doit bien se nicher quelque part un lieu de chanson, à deux pas de chez vous. Mais, si c’est le déser culturel ( la chose est possible à l’arrière train où vont les choses ) créez votre propre structure. Faites la nique aux salles UMPS et qu’on en finisse avec ce scandale : une bonne partie de votre argent public retourne au show bise.

Pour être sur de remplir la salle, on préfère subventionner, à perte, des artistes « vu à la télé » qui n’en auraient pas besoin. C’est la salle UMPS qui a besoin d’eux.

Et les comités d’entreprise me direz-vous ?

Les comités d’entreprise font de la billetterie pour tout et n’importe quoi.

Mais où sont passés les socio-culs d’antan ? les MJC de mes débuts ? Ce n’était pas le Perou mais quand même !

Et la gauche ? La vraie de vraie, soi-disant ? Elle se livre elle aussi a des querelles de boutiquiers….

Tous nos chers élus au bout du bout défendent leurs beefsteaks et jamais le votre.

Pour que ça change réveillez-vous ! Ne comptez que sur vous. Certes le français n’est pas très résistant, il donne plus souvent dans la servitude volontaire que dans la désobéissance civile. Mais, puisque nous sommes l’anti-France, tous les espoirs nous sont permis"

Yvan dautin

 



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