Frasiak, ça déménage et c'est tant mieux. Il ne fait pas de concessions et n'a pas répondu à l'appel des sirènes du showbiz, il est resté debout et intègre pour chanter sa rage face à l'injustice, mais en même temps son espoir "Made in US", "Un autre jour". Frasiak fourbit ses accents libertaires "Parlons nous", "Edvige" (nous sommes fichés par nos dirigeants), ou bien se moque d'une certaine société de fric et de paillettes "Le tango de la jetset", et revendique le droit d'être entendu "Tais toi". Eric pratique aussi l'autodérision "Les bonimenteurs", chanson dans laquelle il nous parle du monde de la chanson qui est aussi le sien.
Mais Frasiak c'est aussi de la tendresse "21 janvier 58" entre plusieurs coups de gueule comme cette impression sur Cuba "No es facil" et la vie difficile des habitants de cette île. Il sait aussi se montrer moqueur sur la non-communication alors que la technologie nous empêche de communiquer les yeux dans les yeux "T'étais pas né" et "Parlons-nous".
Côté zique, Eric navigue entre rock, folk, country avec toujours une musique entraînante, on se prendrait presque à danser sur ses chansons si elles n'étaient pas aussi profondes.
Les textes ont eux-mêmes un rythme que la musique soutient aisément. Les paroles ont le mérite d'être claires dans l'intention de l'auteur. Erik montre du doigt, dénonce l'inhumanité et la connerie, paroles intelligentes, ce qui est un véritable plaisir dans ce monde misérable de la chanson fortement médiatisée.
En ce qui concerne l'interprétation de Frasiak elle est à la hauteur de ce qu'il veut nous dire, convaincante et pertinente.
Merci frangin pour l'ensemble de tes créations, j'en suis sorti heureux après les avoir écoutées, et chapeau pour ton hommage au père François Béranger.
Photo Christine Noirot
"Edvige"
Avec l'aimable autorisation de l'auteur
Le parcours
Eric FRASIAK est natif des Ardennes et a été bercé très jeune par Léo Ferré, Bernard Lavilliers, François Béranger, Neil Youg, Bruce Springsteen, les Pink Floyd et Génésis...
Il reprend les chansons dans les bals de la région, il se met très vite à écrire et composer. A 19 ans, il arrête ses études pour se consacrer à sa seule passion : la musique et particulièrement la chanson, puis sillonne la France de concerts en concerts sous le nom de "Eric Frasiak et Fond de cale"...
Après le Printemps de Bourges de 1983, où il fait des rencontres importantes, comme Jean Michel Boris, directeur de l'Olympia ou Jean Louis Foulquier, le célébre animateur de France-Iinter, il décide de «monter» à Paris.
Photo Emmanuel Jacquel
"Le tango de la Jetset""
Avec l'aimable autorisation de l'auteur
De 1984 à 1986, il suit les cours du Studio des Variétés, sort 2 disques 45T chez CBS, participe à de nombreuses radios et télés, et chante même à l'Olympia de Paris. Après une maquette d'album qui ne verra jamais le jour, c'est le retour Bar le Duc. Il y crée en 1988 le studio de production "Crocodile Studio" avec Frédéric Gonnand et en 1989, une première radio locale.
Il revient à la chanson en 1996, la passion étant de plus en plus forte, avec un CD autoproduit en 1997.
Après de nombreux groupes et expériences musicales, de nombreux voyages en harley, en voiture, en avion, de nombreux métiers (manoeuvre, ouvrier sur presse, soudeur, mécanicien d'entretien, agent de routage, coursier, il sort l'album "Repartir à zéro" fin 2003 sous le nom de Frasiak & les Passagers, produit par Crocodile Studio et contient 14 chansons aux couleurs folk rock.
En 2004 Eric Frasiak reprend la scène avec les "Passagers". Il fait de nombreux concerts dont les 1ères parties de Paul Personne, Pauline Croze et Clarika.
En octobre 2006, sortie d'"Iitinéraires" avec les Passagers produit également par Crocodile Studio.
2007/2008, nombreux concerts dont les 1ères parties des Wampas et de Thiefaine/Personne.
Juin 2008, sortie de « Frasiak Live », un album enregistré en juillet 2007 lors d’un concert à Bar Le Duc
Novembre 2008, sortie d’un mini LP de 5 titres : "L’air bleu" (3 titres studio + 2 titres Live acoustiques)
Octobre 2009, sortie du nouvel album "Parlons nous"
Photo Frédéric Mercenier
"T'étais pas né"
Live à "L'air Bleu" 15 juillet 2009
Avec l'aimable autorisation de l'auteur
Eric Frasiak obtient de nombreux prix :
- Finaliste de Le "Mans Cité Chanson" 2006, et au concours d'auteurs compositeurs interprètes "Scènes d'Automne" 2006 de Cambrai, 3 prix lui sont attribués dont le 1° prix (prix du public).
- Finaliste du "Carrefour de la Chanson" (63), Prix de la S.A.C.E.M. au Festival du Château (84), 3ème prix au tremplin "Vis l'Air" (60), 2ème prix aux "Révélations de Nantes" (44), finaliste au "Pic d’Or" (65) et Prix du Public au trophée "Poèmélodies" (47).
- 2009, Frasiak reçoit le prix "Talent" au 10ème "Tremplin de la Chanson" de la MJC Pichon à Nancy (54).
- Novembre 2009, Frasiak remporte le prix de l'UNAC à "La Ruée Vers L'Aure" de Bayeux
- Eric vient de recevoir le"Prix de la région Auvergne" à la 18ème édition du "CARREFOUR DE LA CHANSON" à CLERMONT FERRAND (63), mai 2010
- Finaliste PIC D'OR 2010 à TARBES (65), Prix d'encouragement
Photo Christine Noirot
"Tais toi"
Avec l'aimable autorisation de l'auteur
Discographie
"Les sourires qu'on se donne", 1985
"21 janvier 58", 1986
"Tous fragiles", 1997
"Repartir à zéro", 2003
"Itinéraires", 2006
"Air bleu", 2008
"Live", 2008
"Parlons nous", 2009
Photo Frédéric Mercenier
"No es facil"
Live le 8 juillet 2007 à Bar le Duc
Avec l'aimable autorisation de l'auteur
Photo Patrice Riehl
Eric nous parle de la chanson française
« La chanson d’aujourd’hui ne revendique plus : elle divertit !!…
Elle s’habille en costard, fait briller ses paillettes
Pour, à la Connerie Star, faire mouiller les minettes… »
Ces 3 phrases, comme un début de chanson à la Léo Ferré, je les ai écrites un jour d’indigestion de « soupe » à la radio et à la télé.
Je n’ai jamais fini la chanson mais mon mal de ventre est souvent là…
Mes parents m’ont appris la vie mais la chanson m’a appris à la vivre..
J’ai été nourri aux Béranger, Lavilliers, Thiéfaine, Brel, Ferré, Dylan, Springsteen… et j’ai grandi avec toutes ces histoires de vies, ces regards sur le monde, cette folie et ces idées exprimées dans ces voix là. J’ai toujours préféré la chanson à la lecture, et c’est d’abord elle qui m’a fait voyager, rire, réfléchir, détester, aimer…
Bien sûr que la chanson doit aussi divertir et être légère, loin de moi toute idée de revendication à tout prix. J’aime aussi beaucoup les chansons tendres et les chansons d’amour (Beranger disait d’ailleurs que « toutes les chansons sont un peu des chansons d’amour… ») de chanteurs comme Cabrel ou Goldman.
Peut être aussi parce que, bien que très bons paroliers, ce sont d’excellents musiciens et que pour moi, la musique a une importance capitale dans la chanson (je m’y attache aussi beaucoup dans mon écriture). Autant la poésie a sa propre musique, autant la chanson est le mariage obligé d’un texte et d’une musique qui le porte. Un peu comme la bande originale d’un film dont le texte serait les images…
Donc, pas de communautariste intellectuel… vive la différence et la diversité tant que la sincérité est là, loin de toute idée de rentabilité.
Ferré était d’ailleurs un bel exemple de cette largeur d’esprit et de création.
De « Jolie Môme» à « La Solitude » il y a 2 mondes, mais la même exigence d’écriture imagée et poétique posée sur des musiques inimitables..
Mais le formatage rassure et le monde inconnu de la curiosité fait peur… Alors on « consomme » surtout de la chanson, prédigérée par les médias… à l’hypermarché du coin, en posant le dernier single de je ne sais quelle chanteuse, vue à la télé, ou entendue à la radio, au dessus du paquet de nouilles…
Une petite anectode pour illustrer ce manque de curiosité :
« …Alors qu’il joue souvent à guichet fermé, et que ses places de concert s’arrachent à près de 100$, le grand violoniste américain Joshua Bell s’est prêté à une petite expérience en janvier 2007. En pleine heure de pointe, il a joué incognito, près d’une heure, sur son Stradivarius de 1713 (à 3,5 millions de dollars), dans une station de métro de Washington. Seulement 7 passants se sont arrêtés pour écouter longuement la star du violon, les milliers d’autres ne lui prêté aucune attention…. »
Seulement 7, sur des milliers, ont reconnu le talent avec leur cœur… Alors que si les médias avaient annoncer l’événement, les milliers d’autres se seraient certainement arrêtés aussi…
Si nous laissons les programmateurs et les médias décider pour nous, à côté de combien de talents passons-nous ?
La curiosité serait elle aussi menacée que les baleines ou les ours blancs?
A quand un Grenelle de la Curiosité ?
Une autre chanson existe, une chanson qui vibre avec ses tripes, avec son cœur, une chanson rebelle… C’est celle que j’aime…"
Eric FRASIAK
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