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GLENMOR

 

 

 

Glenmor1.jpg
 
Glenmor, le barde libertaire

Même si Glenmor paraît dans la rubrique "Mes découvertes", ce n'est pas tout à fait le cas car dans les années 1970, alors que je chantais en Bretagne dans une crêperie, un homme sorti de nulle part, avec une belle tête de poète avait posé la main sur mon épaule en me disant "C'est bien ce que tu fais petit". Je n'ai su que plus tard que c'était Glenmor et j'ai été fortement impressionné, ce n'est donc qu'une redécouverte.

Ce barde breton, né en 1931 dans une modeste famille de paysans des Côtes d'Armor a fait des études au petit puis au grand séminaire, seules chances pour les pauvres d'étudier. Glenmor en gardera un profond sentiment anticlérical et un caractère rebelle. Glenmor en breton veut dire "Terre-Mer", pseudonyme qu'il a adopté en mémoire des brimades dont il a été la cible à l'école car il ne parlait que le breton. Nanti d'une licence en Philosophie en 1952, il parcourt l'Italie, la Grèce, la Turquie, la Yougoslavie et la Russie en exerçant des petits métiers de 1953 à 1954.

En 1955, alors qu'il travaille à Paris, il est atteint de tuberculose, passe 18 mois à l'hôpital et part dans un sanatorium dans les Alpes.

C'est en 1959 que Glenmor, accompagné de la harpiste Denise Mégevand, donne son premier récital, puis il essaie difficilement de vivre de son métier d'artiste en interprétant des textes de Armand Robin, René-Guy Cadou et d'autres poètes.

"Contre Marseillaise"
 
Glenmor2.jpg

C'est au printemps 1967 que Glenmor donne son premier récital à la Salle de la Mutualité, accompagné à la harpe par Alan Stivell, et sort un premier 33 tours. Il devient le symbole de la révolte bretonne et chante dans sa langue maternelle, ouvrant la voie à d'autres chanteurs comme Alan Stivell, Gilles Servat, Tri Yann.

Dans les années 1970, Glenmor publie 5 albums (Chant du Monde), se produit sur les plus grands scènes d'Europe. Puis en 1990 il donne un ultime concert à Carhaix et se retire pour écrire. Le 18 juin 1996 il revient pour un dernier rappel à Quimperlé devant 4000 spectateurs.

Glenmor s'est éteint en juin 1996. 

Breton, anticlérical, engagé, écologiste
 
Glenmor4.gif
Glenmor3.jpg

Alors que maintenant il est aisé de chanter la révolte, pour Glenmor ce n'a pas été le cas. Dans les années 1970, une circulaire du Ministère de l'Intérieur affirmait "Diffuser Glenmor sur les ondes nationales était une position politique condamnée par la Constitution". Glenmor est censuré à la radio et à la télévision française.

En 1978, Glenmor écrit à Giscard d'Estaing, alors président de la république, "Au nom de quel genre de démocratie dois-je assister impuissant à la mort d'une langue et d'une culture ?"

En 1979 il entame une grève de la faim pour protester contre la détention d'un militant breton.

Sa chanson "Kan bale an A.R.B." devint l'hymne du F.L.B. (Front de Libération de la Bretagne) et du A.R.B. (Armée Révolutionnaire Bretonne).

Glenmor est aussi un militant écologiste qui en 1967 composa "Ils se meurent nos oiseaux" après la marée noire du Torrey Canyon sur les côtes de la Bretagne.

Il rencontre Georges Brassens, Léo Ferré, Jacques Brel , Brejnej, Alexandre Soljenystine, s'engage dans la chanson comme moyen de dire "non" d'une voix puissante, comme un tribun. Il tourne deux ans avec Léo Ferré dont il se sent proche par l'esprit libertaire.

Glenmor déclare "Le barde est un journaliste oral d'opinion". "La chanson est l'arme qu'il a choisie pour se battre à côté des humbles, réhabiliter une culture, rêver d'un autre pays, d'autres rapports à la nature, entre les gens eux-mêmes. A jamais insoumis, écologiste avant l'heure, anticlérical mais mystique, idéaliste doté du sens des réalités, ainsi va Glenmor" ("Glenmor : An Distro" site associatif).
Il a lancé, avec Alain Guel et Xavier Grall, un journal "La nation bretonne"

  "Il ne faut pas tuer"
 
 
Discographie


                                - "Glenmor" 45 tours
                                - "Glenmor" 4 chansons, 45 tours
                                - "Katell dit Glenmor, poèmes" 33 tours
                                - "Glenmor à la Mutualité", 33 tours
                                - "Glenmor, cinq chansons en breton", 45 tours
                                - "Les temps de la colère", 45 tours
                                - "Cet amour", 33 tours
                                - "Hommage à Morvan Lebesque", 33 tours
                                - "Vivre", 33 tours
                                - "Princes entendez bien", 33 tours
                                - "Ouvrez les portes de la nuit", 33 tours
                                - "E dibenn Miz Gwengolo", 33 tours
                                - "Tous ces vingt ans déjà", 33 tours
                                - "La coupe et la mémoire", 33 tours
                                - "Tristan Corbière : le paria" dit par Glenmor, 33 tours
                                - "Si tu ne chantais pas pour eux, à quoi bon demeurer", 33 tours
                                - "Après la fleur le fruit sous la rose l'épine", CD
                                - "En Bretagne, Noce et Fest Noz", CD
                                - "Les principales œuvres", CD
                                - "Et voici bien ma terre", CD
                                - "Ouvrez les portes de la nuit", CD
                                - "Apocalypse", CD

Pour un complément d'informations, référez-vous aux sites présentés dans les "Liens"

"Les vierges de 60 ans"
 
Glenmor5.jpg
Glenmor & François alias Fanch Bernard à la contrebasse

Fanch Bernard a accompagné Glenmor pendant une décennie. Dans le bouquin "Glenmor, terre insoumise aux yeux de la mer", Fanch parle de Milig (surnom donné à Glenmor) et je vous en livre quelques extraits :

"... L'un était grand, un peu voûté aux épaules... était maître, l'autre d'un médiocre acquis, suivait, d'aventure. Ils passèrent une presque décennie ensemble, la générosité du premier ayant soudé à l'innocence du second. Le premier c'était Glenmor, le second c'était moi ! Je le suivis donc et ce, presque sans savoir. Ou plutôt si ! Comme si au quart de tour qu'il fit de manivelle, il avait  déclenché la première étincelle d'un drôle de moteur à explosion dont j'ignorais la présence en moi. Tel ce fut...
Je ne le vis jamais compter ses sous, je le vis pourtant souvent payer ! ....
Je fus presque Sancho, je dis presque car il n'était pas Don Quichotte, mais quelquefois... Il m'apprit mille mots, moi un ou deux pour la rime. Il m'apprit Shakespeare et moi Picasso...
Ce bail fut pour moi mon école d'homme ! Merci Milig
"

Glenmor7.jpg
"Glenmor, Terre insoumise aux yeux de la mer"
de Louis Bertholom & Bruno Geneste
édition Blanc Silex (hélas disparue)
 
  Glenmor6.jpg
Photo d'archives de Fanch Bernard
 
Bibliographie
 

                        - "Livre des chansons"

                        - "Livre des chansons", tome II

                        - "Sables et dunes"

                        - "La septième mort"

                        - "Le sang nomade"

                        - "Les emblaves et la moisson"

                        - "Retraites paysannes"

                        - "L'homme du dernier jour"

                        - "Les derniers feux de la vallée"

                        - "La sanguine"

                        - "Xavier Grall"

                        - "La férule"


                    Sur Glenmor :
- "Glenmor" de Xavier Grall (Editions Seghers), 1972
- "La voix du Clan Glenmor" de André-Georges Hamon (Editions Ubac), 1990
- "Glenmor, Terre insoumise aux yeux de mer" de Louis Bertholom et Bruno Geneste (Editions Blanc Silex), 1997




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