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IGLUKA ANA

 

 

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Ana Igluka, voix d'ange révolté 
 

Ana c'est une voix céleste qui n'hurle pas avec les loups, mais plutôt avec les libertaires qui n'acceptent pas le monde actuel qui lamine l'être humain, qui le formate pour mieux l'asservir. Sa poésie nous susurre à l'oreille des vérités que nous ne voudrions pas entendre, mais qui peuplent hélas notre quotidien. Voix féminine et sensuelle pour ne pas se taire, pour dire qu'elle refuse l'injustice, l'irrespect et la médiocrité.

Aujourd'hui les textes d'Ana Igluka sont de véritables « journaux intimes politiques »

Certes Ana ne chante pas, mais elle dit ses poèmes avec une conviction non feinte. Son écriture est un bain de jouvence pour la langue de Molière en notre époque où les textes sont souvent bâclés en vocable primaire et insipide. Sa recherche du mot juste et de la tournure phrasée nous plonge dans la tradition orale de transmission d'une expression de révolte.

L'accompagnement musical est dépouillé pour mieux nous faire entendre les textes surréalistes et la poésie engagée de Ana Igluka. Les compositions musicales aériennes et lancinantes sont signées du guitariste électrique El Matou Grosso.

En 2005, Ana Igluka crée le Thermogène, une association oeuvrant pour la création et la diffusion de spectacles.

"Barbares"
Avec l'aimable autorisation de l'auteur
 
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Photo Charlie Mars
 
 
Le Parcours

En 1994, Ana a rencontré la musique en s'enrôlant dans un duo avec un de ses collègues de l'Ecole d'Architecture, ils réalisent de petites chansons pop en français. Quelques temps après, le groupe de rock de son collègue s'est retrouvé sans chanteur, et elle a repris sa place, enregistrant un album dans la foulée, réécrivant certains textes, en anglais pour la plupart. L'expérience de la scène est vite arrivée, et l'a tout de suite rendue accro. Peu à peu, la nécessité d'écrire en français est devenu impérative et en 1998 ils ont participé au découverte du Printemps de Bourges, défendant un CD dont la majorité des morceaux étaient écrits en français dans un rock sauvage, échevelé, sans principe.

Ce groupe : T.E.D. S'est séparé en janvier 1999, crise humaine et Ana a fait un deuil d'une année et demie, travaillant dans un Centre de Ressources et d'Informations sur les Musiques Actuelles à Nantes. Tout en continuant son travail, elle a monté un premier projet, punk rock avec des textes en français, un truc sauvage, non identifié, un peu fou, mais toujours avec humour !

Et puis en 2003, Ana a rejoint un projet métal, toujours en écrivant en français exclusivement, intitulé Markoff. Dans ce projet, son écriture s'est largement modifiée. Tirant encore sur le surréalisme par la découverte des Champs Magnétiques, tirant aussi sur des questions philosophiques par la lectures de Nietzsche, de Jankélévitch et de Cioran.

Ce projet a servi pour elle de détonateur : Ana ne voulait plus participer ou monter des projets musicaux collectifs, ne plus dépendre d'autres musiciens pour donner ses textes en public, elle voulait se débrouiller toute seule ! Ainsi, elle s'est lancé en 2004, dans un solo de poésie périlleux, dans un décor bien choisi (peuplé de bondieuseries lourdes et de mobiles filiformes), accompagnée de sa chienne Kinaï, Ana a donné 15 minutes de poésie sur des bandes qu'elle avait réalisées toute seule ! Cette forme s'est appelée Resistenz, glampoésie. Chose très importante pour elle que ce jour de février 2004 où elle a enfin réussi à se sentir autonome artistiquement.

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Photo Guy Yoyotte Husson & ValK  

Ensuite, les rencontres se sont naturellement enchaînées, les propositions de dates sont venues d'elles-mêmes par des gens emballés par l'audace de Resistenz. Le projet aura enrôlé de nombreux musiciens, d'horizons différents, toujours avide de rencontres et d'expérience. Finalement Resistenz se fortifie autour d'un noyau dur, le duo voix et guitare électrique et même si ils invitent souvent des amis, ils mettent un point d'honneur à assurer le spectacle en duo. Parfois, la nouvelle chienne de sa vie, Bakounine les rejoint en scène (c'est la tradition de Resistenz, d'accueillir les chiens en scène...) mais seulement au gré de ses envies.

Partant de formats « chanson », petites formes, poèmes courts, chantés ou parlés, leurs orientations glissent aujourd'hui vers des textes longs (1 heure), parlés, mis en musique avec guitares, synthé, boîte à rythme et vocalises. Tel est le cas du texte FootBall, dont la musique est prévue mais changeante au fil du temps.

La revue Saltimbanques a consacré son numéro 13 au Thermogène , décortiquant méthodiquement son travail d'écriture. Cette revue est une étape importante pour Ana, une expérience très enrichissante, scellant une première pierre dans son travail et lui permettant de prendre du recul et de la maturité.

  "Resistenz"
Avec l'aimable autorisation de l'auteur   
 
 
  Discographie

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   "Resistenz", CD avec vidéos, 2007

                                        - "Daou Deod", livre disque DVD, 2006 (autoproduit)

                                        - "Noir & Blanc", livre disque, 2007 (autoproduit)

                                        - "FootBall", livre disque, 2007  (autoproduit)

                                        - "Claire Cité", livre DVD, 2008 (autoproduit)



Ana et la chanson française 

"Selon moi, il y a la chanson française utilisant des instruments acoustiques, et celle issue du rock utilisant des instruments électriques. Il y a évidemment les profondeurs de Brel à 16ans, la douceur de Brassens à 17 ans, la sauvagerie et les larmes du grand Léo à 22 ans... Eh oui, c'est tard !!! il se trouve que j'ai vécu aux côtés d'une grande soeur punkette qui m'a inculqué le punk rock comme religion polythéiste à 8 ans : le rock'à'billy, puis le punk... Sid Vicious... Iggy Pop... mais surtout Joe Strummer et les Clash !!! Puis un père qui m'a parqué de 10 à 14 ans, dans une représentation culturelle élitiste, concentré sur Mozart et John Coltrane. Pas de télé, pas de radio... Les seules choses qui ont réussi à filtrer alors étaient Jonnhy Cleg and Savuka (ben oui, j'avais 12 ans, et je me souvenais de jolies farandoles de l'utopie qu'on fabriquait en Primaire : un petit bonhomme blanc, un petit bonhomme noir, un petit bonhomme jaune, un petit bonhomme brun... et aussi Les Pogues, les Beastie Boys. De son côté ma maman me berçait aux sons de David Bowie ou de Souchon...

Mais je crois que je ne suis jamais sortie de la religion du punk rock, celle de mes 8 ans, celle que je vis toujours.

Bref, la Chanson Française pour moi aura donc été une découverte tardive. Considérée comme « ringarde » par mon père, j'ai écouté Barbara à 17 ans par opposition à l'autorité paternelle. Et grand bien m'en a fait !!!

Les textes en français n'étaient pas une évidence pour moi, élevée à la culture anglosaxonne, mais à l'écoute des auteurs français, j'ai commencé à trouver insoutenable de continuer à chanter en anglais.

C'est surtout Dominique A, qui m'a donné la véritable impulsion, je l'ai découvert en 1991, avec son premier disque La Fossette. Dominique A est un ange nantais, ses concerts étaient complets et on faisait la queue pour négocier des entrées gratuites ! Après avoir écouté son disque, je ne pouvais plus sentir les collègues qui chantaient en anglais pour se cacher leurs idées derrière la langue. 

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Photo Photorock

Et ensuite, Diabologum a sorti #3, un album splendide et noir... Et bien sûr il y a Noir Désir et son poète Bertrand Cantat ! Je les ai découvert tardivement, mais je trouve que L'Europe (du dernier album "Des Visages Des Figures") et "Nous n'avons fait que fuir", sont des monuments de la chanson française.

Pour moi, la chanson française ne se range pas dans une catégorie esthétique (acoustique ou électrique), du moment que le texte est mis en avant, il s'agit selon moi de Chanson Française. Les artistes qui m'ont faite, la famille à laquelle j'appartiens viennent du Rock. C'est pourquoi, je dois dire qu'en tant qu'auteur, je me sens plus proche de Dominique A, de Programme ou d'Expérience (ex Diabologum), de Noir Désir que de Léo, de Brassens... Non par choix esthétique mais pour des questions d'éducation, je crois.

Ah et puis il y a aussi Brigitte Fontaine, cette déesse ! Une pythie généreuse. Cette femme est terrifiante, de justesse et d'élégance. Son écriture, que j'ai découvert tard (il y a seulement quelques années), est pour moi un miroir, une parentalité. Notamment, mon texte favori (pour l'instant) est Hollywood.

Mais il y a aussi, dans la Chanson Française le talent d'Anne Sylvestre, que j'ai eu la chance de voir en scène en janvier, une petite dame explosive et si humaine ! Naviguant sa barque sur les courants de la générosité et d'une rigueur de travail exceptionnelle. Anne Sylvestre a ce talent incroyable de pouvoir et savoir écrire sur tout. Les Gens qui Doutent, le Petit Grenier sont des chansons magistrales je trouve ! Son ami Henri Tachan est évidemment, une référence importante aussi, Les Hommes ou Ma Chienne sont des textes que j'aime lire et relire en pleurant...

Récemment mon ami poète Bernard Bretonnière m'a fait écouter Jacques Bertin dont j'ai trouvé les chansons libres et sauvages, deux adjectifs hautement respectables, deux adjectifs que nous n'avons malheureusement pas l'occasion d'utiliser bien souvent dans le paysage artistique et culturel actuel. Et notamment sa chanson intitulée Besançon, en résonnance avec le prochain anniversaire de Mai 68, que va-t-il se passer, comme extinction, récupération, amoindrissement ?

Ana et la « chanson française » ? Que dire d'autre ?... Je crois qu'une chose est sûre, chez moi, il ne s'agit pas de textes « concrets » ou « crus », mais des descriptions imagées de sensations et d'idées. Une écriture forgée aux textes surréalistes que l'on rapproche souvent de Brigitte Fontaine, qui se sent toujours hargneuse, toujours en contestation. « Pas pour »... La sauvagerie est une flamme à veiller. Il faut garder le feu de l'engagement allumé et pour cela chacun sa manière, chacun son style. Il n'y a plus chez moi aujourd'hui de radicalité de langue française, je relis les textes des anglais que j'ai aimé enfant, je les comprends différemment et Joe Strummer en aura écrit de beaux poèmes engagés avec sa langue écorchée sur le bitume des années Thatcher ! Cela peut aussi être le breton, réminiscence des origines, qui émerge de-ci de-là au détour de mes poèmes, pour un titre, pour une expression à la recherche d'un enracinement à inventer."            

Ana Igluka
  "1945"
Avec l'aimable autorisation de l'auteur
 
 
 Initiatives & Créations

En dehors de la « chanson »

"Si je peux me permettre d'assimiler le terme « chanson » aux concerts que je peux proposer, c'est-à-dire, les représentations publiques de Resistenz (le duo guitares et voix) ou de la Princesse Nonne (la chorale), je me commets lors de performances autour de la poésie.

Le principe général consiste à lire un texte, tout en réalisant une musique au fur et à mesure de la lecture. Ces performances sont souvent improvisées totalement ou partiellement. La musique est réalisée avec de petites percussions, petits synthé, jouets, boîtes à musiques... et surtout grâce à un boucleur ! La répétition des boucles donne un côté hypnotique à l'ambiance musicale, installant comme un tapis moelleux pour l'écoute du texte.

Ainsi le texte Daou Deod, devient une performance assurée en compagnie d'un diaporama du photographe Ludovic Failler.

Le texte FootBall, un concert semi improvisé, avec le guitariste El Matou Grosso (Erwan Foucault). Le texte Claire Cité, écrit en hommage au quartier du Château de Rezé, sur le thème de la Mémoire urbaine, devient un spectacle multimédia accompagné de vidéos de Carole Thibaud.

Il m'arrive aussi de participer à des improvisations autour de la lecture d'autres auteurs, ou en accompagnant en musique des lecteurs."          

Ana Igluka
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Photo Ludovic Failler
 



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