Ce groupe, à géométrie variable, ne peut pas laisser indifférent de part le contenu de leurs textes, de leurs musiques enjouées et de leurs interprétations convaincantes.
Des coups de gueule ils en poussent en maudissant les informations télévisuelles auxquelles nous assistons souvent impuissants "Comme j'en crève", ou bien leur colère rentrée "Au-dessus des nuages" "Les yeux de ceux qui ne parlent pas", et cette chanson "J'ai trahi" dans laquelle ils se mettent dans la peau d'un salaud, exercice difficile compte tenu de leurs convictions.
Les textes sont d'une finesse appréciable dans cette univers de la chanson actuelle qui a plus tendance à massacrer la langue de Molière que de ciseler les vers des couplets. A noter le caractère poétique des textes dans lequel nous nous berçons.
Le calme de leurs interprétations incite à une écoute attentive de leurs chansons, et cela permet une meilleure compréhension.
J'avoue avoir été convaincu par ce groupe dans ce monde où le déluge de décibels nous casse trop souvent les oreilles.
Alors les filles et les gars tenez le coup pour laisser en héritage à vos enfants des chansons qui ont de la beauté et de l'esprit, c'est ce que je souhaite pour mes petits enfants, c'est vous dire !!!
"Au-dessus des nuages"
Avec l'aimable autorisation des auteurs
Le parcours
La Roulette Rustre naît à l’automne 2002 dans 9m2 aux alentours de Nancy, alors que Mouss, Cam et Flo, sous l’oreille critique et attentive de Fabrice (qui deviendra plus tard Tatayet) dépoussièrent leurs violon, saxo, guitare et voix et envoient quelques accords de Têtes Raides, Ogres de Barback, La Tordue ou Mano Solo.
Rapidement des compos voient le jour sous la plume de Flo et Fabrice : Fanatiques, Tribord, signe de l’engagement viscéral des deux comparses, ou Schizo, Romaneasca, détour par l’intimité psychique des auteurs et par leurs aventures humaines et musicales en Roumanie en 2003 qui marquent un premier tournant artistique dans l’histoire du groupe.
S’en suivent les premiers concerts dans les bars, salles associatives, granges rurales, soirées étudiantes. La mayonnaise prend, leur musique et leurs voix, bien qu’encore hésitantes, plaît et touche. Le groupe est apprécié pour sa sincérité et pour l’homogénéité qu’il dégage.
"Cam" & "Caro" Photo Céline Loie
"La Roulette Rustre" devient rapidement une sorte de collectif musical festif dans lequel se succèdent et se croisent de nombreux musiciens ou amis, devenus musiciens pour partager des moments forts : Titou à la contre-poubelle, Rito à la basse, Dude au basson, Adrien à la basse qui deviendra bien plus tard un des fondateurs du groupe Nissa, Sam à la basse, du groupe Sam Gratt, Gye aux percus puis à la batterie, Muly à l’accordéon, Polo au chant et à la guitare, Jeune Pousse aux clarinettes, Tatayet à la trompette, au bugle et toujours à l’écriture engagée, notre Clairette électrique au chant, Tithouan à la contrebasse et piano, qui vient, part, et revient. Et puis des invités occasionnels : Seb, Jeanne, (future arrangeuse du groupe), Romain Thomas du groupe Liff et Postman, Axelle du groupe la Manutention, Lorette du groupe les Deux z’elles et plus tard du Maximum Kouette.
Un jour de 2005, la salle mythique La Laiterie à Strasbourg, ouvre ses portes à la Roulette à l’occasion du Off du Festival des Artefacts. Le défi est de taille ! Après de longues tergiversations, le groupe se sent un peu léger rythmiquement pour s’imposer dans cette salle à l’âme rock, et décide de solliciter Guillaume Bachmann, batteur reconnu du groupe Mange-moi.Guillaume accepte et ce concert marque un second tournant pour le groupe. S’en suit une série de concerts dans des salles alsaciennes renommées comme les Tanzmatten, à l’occasion d’un jeune festival accueillant notamment Pauline Croze.
"Comme j'en crève"
Avec l'aimable autorisation des auteurs
Tithouan, photo Céline Loie
Les premières armes scéniques affûtées, de 2005 à 2008, la Roulette Rustre enchaîne près de 200 concerts (JDM festival, La Pamparina à Thiers, Cabaret l’Escale à Migennes, les 1ères parties de Weepers Circus, Mon coté punk, Clarika, etc…), un maxi 5 titres (Noroc, 2005) et 2 albums (Rue de l’étroit, 2006, et Du vent dans un bocal, 2008).
Leur musique se teinte de différentes couleurs, comme pour chercher son sens, son âme : chanson festive, rock, bossa, etc.
Une rencontre avec Thierry du groupe Barzingault marque un nouveau virage dans le parcours de la Roulette qui est invitée à se produire sur de nombreuses 1ères parties de Barzingault et ainsi se confronter au « vrai public » comme le dit Thierry avec son exubérance légendaire ! …
Thierry leur donne confiance et leur ouvre la voie du métier de Troubadour.
"Flo" Photo Céline Loie
Le dernier virage à ce jour a lieu le 19 septembre 2008, suite à la dernière représentation de "Du vent dans un bocal" dans la mythique salle Chez Paulette, avec les amis de Tournée Générale et Philippe Orivel, et par la même occasion le concert d’adieux de 3 musiciens permanents et 2 musiciens occasionnels du groupe. Plus de 400 personnes assistent à ce moment fort en émotions.
La Roulette Rustre, maturité acquise, doit désormais redéfinir son projet artistique afin de repartir à 5 : Mouss, Cam, Tithouan, Caro et Flo, sur les chemins de ce qui est devenu son métier …
Toucher les gens au plus profond, avec pour seuls outils une musique épurée, teintée d’une quinzaine d’instruments classique ou atypiques, 5 voix, et des textes à la frontière entre réalisme intérieur et surréalisme sociétal pour mieux permettre au public d’y investir ses propres émotions, voilà le défi que devra relever la Roulette Rustre avec «Gratte la peinture», album et spectacle porté par une équipe consolidée et enrichie (arrangements de Jeanne Robert, 1er violon classique. Marina Midon, chargée de diffusion).
"Mouss" Photo Céline Loie
Discographie
"Noroc", 2005
"Rue de l'étroit", 2006
"Du vent dans le bocal", 2008
"Gratte la peinture", 2009
"Un peu d'air", 2011
"Les yeux de ceux qui ne parlent pas"
Avec l'aimable autorisation des auteurs
Initiatives & Créations
Un spectacle musical acoustique et écologique au BurkinaFaso de la Roulette Rustre (France) et des Frères Diarra (Burkina Faso)
- La création d’un spectacle musical métissé né de la rencontre de musiciens européens et africains de janvier 2009 à janvier 2010
- Une tournée dans différentes régions au Burkina Faso du 06 au 28 février 2010
- Une exposition visuelle, sonore et animée support d’une démarche pédagogique en France à partir d’Avril 2010
Depuis janvier 2009, chaque groupe (Les Frères Diarra et La Roulette Rustre) compose respectivement six créations originales afin de les partager dans un spectacle commun : Tiiga Fato (L'arbre fou).
Du 05 novembre au 21 décembre 2009, Les Frères Diarra sont en résidence en France, afin notamment de mettre en commun les 12 morceaux qui composent le spectacle, d'élaborer les arrangements nécessaires et de concevoir le spectacle dans sa globalité (mise en scène, mise en lumière, aspects techniques...)
Durant cette période, une treizième et quatorzième chansons seront composées lors d'un atelier avec des résidents de la prison de St Mihiel.
Artiste musicienne intermittente du spectacle,
Cuivres, violon, chant,
Auteur compositeur arrangeur sociétaire de la SACEM.
Flo
Artiste musicien, leader du groupe,
Chant, guitare, accordéon, cuivres,
Auteur compositeur arrangeur sociétaire de la SACEM.
Cam
Artiste musicienne intermittente du spectacle,
saxophones, guitare, chant,
Auteur compositeur arrangeur sociétaire de la SACEM
Caro
Artiste musicienne
intermittente du
spectacle,
flute traversière
piccolo, chant.
Tithouan
Artiste musicien intermittent du spectacle,
Contrebasse, piano, klarnet turque, chant,
Compositeur arrangeur sociétaire de la SACEM.
Avertissement : La chanson "J'ai trahi" est ambigüe dans le sens où le chanteur se met dans la peau d'un "méchant", d'un "salaud".
"J'ai trahi"
Avec l'aimable autorisation des auteurs
La Roulette Rustre parle de la chanson française
"Pourquoi pas du rock ? Le 1er disque du groupe, « Noroc » paru en 2005, aurait pu s’appeler « No rock »…
Bien que la Roulette Rustre puise son inspiration dans différents courants musicaux (musique balkanique, manouche, yiddish, rock, bossa, flamenco), elle a choisi la chanson française comme vecteur d’expression artistique.
Pas une chanson française bleu, blanc, rouge, traditionnaliste, conservatrice, nombriliste, austère, renfermée sur son authenticité. Mais plutôt une chanson française ouverte aux autres cultures, métissée, décloisonnée, décomplexée.
Selon le groupe, la chanson française dispose à la fois d’une mine d’or sémantique, la langue française dispose d’un vocabulaire immense, mais aussi d’une mine d’or esthétique et musicale, en effet les mots ont des couleurs, des sons, des rythmes infinis…
Alors pourquoi se priver de ce support unique ?
Et puis il y a la musique. On reproche souvent à la chanson française de tout concentrer sur le texte au détriment de la musicalité. Le défi de la Roulette Rustre, c’est de mettre l’un au service de l’autre, et réciproquement… Ambitieux !!!
Ainsi pour aller explorer ce qu’il y a « au-dessus des nuages », on sera porté par 3 violons sur une valse lente et des chœurs à 5 voix. Pour exprimer les « Pépins » d’une jeune fille un peu fofolle, un air de New Orleans enjoué portera le texte surréalisto-déjanté. Enfin pour noircir le texte déjà sombre des « Yeux de ceux qui ne parlent pas », grosse caisse et saxophone baryton pèseront sur l’ambiance, avant de laisser place à un sax soprano pour une envolée d’espoir final. Pas moins de 15 instruments pour relever le défi…
La finalité de tout ça ? Aller toucher le profond de chacun d’entre nous, la petite flamme intérieure, soit éteinte par une vie trop formatée, soit étouffée par une société individualiste et de la performance, qui ne laisse le temps à personne de s’écouter vraiment.
Cela passe par une sorte de révolte intérieure provoquée par les textes, la musique, ou les deux ! C’est un but qui pourrait sembler mégalo, mais au contraire… C’est la chanson qui a permis à chacun des membres du groupe de maintenir sa propre flamme, alors la Roulette Rustre s’est un peu désignée d’astreinte pour alimenter le feu des autres le plus longtemps possible…
Vu que tous les adjectifs ont déjà été usés sur le terme de chanson française, notamment celui de « nouvelle ». Disons que la Roulette Rustre, c’est de la chanson française. Point ! "
"Gratte la peinture"
Avec l'aimable autorisation des auteurs
Vidéo de Tatayet
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