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Aït Challal, la rébellion chantée
Marqué par les chanteurs kabyles comme H'nifa ou Aït Menguellet, Aît
Challal nous livre la musique, la poésie kabyle et son combat pour la
reconnaissance de sa culture d'origine, de ses racines. Il pourfend la
chanson moderne algérienne occidentalisée ou le Raî fortement en vogue
dans les pays du Maghreb. A ce sujet je tiens à rappeler qu'à l'origine
le Raî était chanté dans les maisons de passes d'Oran, avec tout ce que
cela suppose.
Lors de toutes nos conversations, Mohand d'une grande réserve, m'a
fait part de son embarras à parler de lui. Mais l'écriture libératrice
lui permet d'exprimer ses révoltes contre l'ordre établi ("Lettre à mon
juge") et la dérive de son pays d'origine.
Il a du choisir l'exil pour chanter librement ses révoltes et ses
rêves d'un monde meilleur, pour chanter pour ses frères kabyles restés
au pays, ou immigrés en France.
D'une voix calme et assurée, Aît Challal chante des thèmes qui lui sont chers comme celui de l'injustice.
Côté musique, Aït est resté sur un registre traditionnel,
profondément ancré dans ses racines kabyles, racines qu'il ne renie pas
car elles sont celles de ses pères.
J'ai plein de bonheur dans le coeur à présenter un artiste aussi authentique rempli de colères.
"Iççur W'ul " (Aït Challal)
"Plein le coeur"
(Avec l'amicale autorisation de l'auteur)
Aït Challal est né à Guyot-ville petite ville à 16km d’Alger.
Originaire de Toudja (Bejaia). Il a commencé à jouer de la guitare en
1975, par loisir et parce que c'était la mode. Il enregistre en Algérie
une première cassette en 1986, puis une autre en 1989. La première est
saisie par les services de sécurité à cause de la chanson "Aéleq iYid"
("Promets-moi") qui dénonce une armée d'autopromotions et les sociétés
d'import-import.
Ferhat Imazighen Imula avec Mohand Aït Challal
Il a été interdit de manifestations publiques car il a refusé d'être un artiste fonctionnaire ou mendiant.
Aït Challal reçoit le premier prix du Festival de Sétif en 1992 et participe à celui de Béjaïa en 2000.
Chanteur engagé lyrique depuis 1985, Aït Challal lutte en Algérie
pour l'existence de sa culture et langue kabyles. Censuré par les
médias algériens, il sort pourtant son premier album en Algérie en 1986
au titre évocateur "Lettre à mon juge", ce qui lui a valu de gros
problèmes avec les autorités Algériennes.
il s’agit d’un condamné qui raconte en chantant à son juge ce qu’il ne peut lui dire dans un tribunal :
"Monsieur le juge"
Devant toi je comparais
Menottes aux poignets
C’est vrai que j’ai fauté
C’est vrai que je dois payer
Pour un sou j’ai volé
Un sou pour manger
Pour un joint j’ai fumé
Un joint pour m’évader
Mais…..
Que fait-on aux gros bonnets qui détournent des millions par poignées
Et qui cachent leurs butins dorés sur des comptes à l’étranger ?
Je ne les vois pas à mes côtés
Il refuse d'être l'otage d'un système et choisit le chemin de l'exil. Loin de sa Kabylie natale il continue son combat.
Il Arrive en France en 2002, et participe à la création d'une
association de production P.A.V.95 (Production Audio Vidéo 95). il
enregistre son premier album en France avec des musiciens et arrangeurs
français dans les studios de Paris, avec 11 titres dont 2 titres en
français, sous l'encouragement de sa compagne Sylvie Andrieu.
Son dernier album « Les chiens du Dwar » qui veut dire "Les chiens du
village". Album par lequel il s’adresse aux siens, et aux siens il leur
dit : "le mal n’est pas seulement le pouvoir il est en nous-mêmes, nous
sommes des victimes et des bourreaux en même temps, nous dénonçons ce
que nous-mêmes nous pratiquons, nous insultons l’intégrisme au-dessus
de la table tout en lui faisant du genou par-dessous, on se déchire
pour presque rien, on aiguise les mots pour leur faire épouser la
couleur du mensonge et de l’aveuglement volontaire, nous sommes des
hurleurs dévorés par nos blessures c’est aux extrêmes qu’on se comprend
mieux, qu’on se ressemble le plus….miroir, mon beau miroir…..salima
ghezali……"'
"Yir lahdur" (Aït Challal)
"Mauvaises langues"
(Avec l'amicale autorisation de l'auteur)
Mauvaises langues
Les mauvais mots font saigner et tuent,
Votre richesse est pleine de sang,
Votre liberté ressemble a des chaînes qui nous attachent.
Si tu vois un kabyle pleurer,
Ne lui demande pas,
Qui est-ce qui l'a frappé,
Elle se refermera jamais notre cicatrice,
Elle ne rouillera jamais la chaîne qui nous attache.
Vous avez inventé la science de l'impatience,
Dans les jardins par où vous êtes passés,
L'oiseau ne chante plus,
Vous avez soif de l'eau, le puits est sec,
La richesse dont vous rêvez s'éloigne,
La richesse s'éloigne de vous.
A ceux qui nous gouvernent,
On vient des racines de la liberté,
On assiste à l'impossible,
On a fui le village qu'on ne mérite pas.
La jalousie et la trahison,
On fait des bourgeons en nous,
Y'a pas d'oppresseur,
Pire qu'un kabyle soumis
Traduction de Hacene Chabour
Discographie
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"Lettre à mon juge",
CD, 2003 |
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"Les
chiens du Dwar", CD, 2006
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"Les enfants des rues" (Aït Challal sur une musique originale)
(Avec l'amicale autorisation de l'auteur)
Mohand parle de la chanson
"....
Ma musique et ma poésie sont le reflet de mes souffrances internes et
de mon combat pour un monde plus humain et plus juste. Aussi je trouve
mon inspiration dans la société algérienne et ces dernières années dans
la misère que vivent mes frères en France. Elles me servent de moyens
d'expression de ma colère, de mes peines et de mes rêves...."
"....Je donne la priorité au texte. Ma
chanson est le reflet de mes souffrances morales et psychologiques.
J'ai un message à transmettre, alors j'utilise la musique comme
support. Nous avons besoin de la chanson engagée à même de bousculer le
conservatisme et déclencher une dynamique de changement. D'où mon texte
virulent envers la société et le pouvoir...."
Extrait d'un article du journal "Liberté"
Mohand lors d'une émission à BRTV, le 11 mai 2008
On sent chez Mohand cette conviction profonde qui l'anime, celle de dénoncer les injustices
Actualité
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