le
but de ce site n'était pas d'étaler les biographies des chanteurs, mais
plutôt d'inciter à les connaître par le biais de leurs œuvres. Pourtant
je ne résiste pas à l'envie de vous faire découvrir cet homme dont
l'accent anglo-saxon nous a tant ému. Lui qui dit avoir envie de vivre,
mais pas pour la scène, est un chanteur hors du commun et une réelle
leçon pour les "pousseurs de chansonnettes" carriéristes, tellement sa
sagesse, son humilité et son courage surprennent. Voyageur éternel,
Allwright a exercé différents métiers tout au long de sa vie.
Né en 1926, Graeme Allwright est passionné de théâtre dès sa jeunesse
et embarque, en 1948, de sa Nouvelle Zélande natale pour l'Angleterre
afin d'y apprendre le métier de comédien.
Ce n'est qu'à la quarantaine qu'il débute dans la chanson sous l'impulsion de Colette Magny qui lui présente Mouloudji.
En 1966, Graeme Allwright chante une adaptation d'une chanson de Bob
Dylan "Qui a tué Davy Moore" à une époque ou la chanson Rock et Yéyé
envahissait les médias.
Puis vint 1968. Les médias boudent le chanteur alors qu'il remplit des
salles. Allwright déçu du système (un de plus qui, comme Leny Escudero,
Le Forestier et quelques autres, ont fui le show business à un moment
de leur vie) voyage au Moyen Orient, en Afrique, aux U.S.A., en
Inde( Il est fasciné par la philosophie de Sri Aurobindo, cela
motive de multiples voyages dans ce pays).
En 1968, Graeme Allwright sort son troisième album "Le jour de
clarté" avec des premières adaptations de chansons de Léonard Cohen
"Suzanne", "L'étranger". Son antimilitarisme apparaît au travers de
"Jusqu'à la ceinture" (chanson de Pete Seeger que Allwright a adaptée).
Nous sommes en pleine guerre du Vietnam et Moustaki, Ibanez, Colette
Magny, Béranger et Le Forestier mêlent leurs voix pour chanter leur
révolte.
En 1975, Allwright chante "Larzac 75", un texte de circonstance
alors que l'Armée française essaie d'étendre le camp militaire du
Plateau du Larzac. Graeme Allwright participe à plusieurs
manifestations sur le Larzac et chnate bénévolement.
En 1977, à l'âge de 51 ans, Allwright passe au Printemps de Bourges où il reçoit un accueil chaleureux du public.
"Qu'as-tu appris à l'école ?"
Allwright, citoyen du monde
En 1978, Graeme Allwright rend un hommage à Woody Guthric aux côtés de Steeve Waring, Roger Mason et Marc Robine.
En
1979 il refait l'Olympia avec des musiques aux tonalités plus country
et Folk, avec toujours des adaptations de Léonard Cohen. Il repart en
voyageur infatigable, loin des rumeurs du show-business dont il dénonce
l'hypocrisie.
1983, c'est le retour au Printemps de Bourges.
1985, Allwright sort un album "Allwright sings Brassens" avec des
chansons du poète. Il n'a pas le droit de toucher aux traductions
faites par Andrew Kelly. Puis il fait des tournées qu'il alterne avec
des missions humanitaires pour l'Association "Terre des hommes".
1987 il chante en duo avec Steeve Waring.
1995, il participe aux "Francofolies" de la Rochelle.
1996,
Graeme Allwright fête ses 70 ans à l'Olympia puis part en Inde.
Spectacle au Palais des Sports avec Maxime Le Forestier en 1980. Les
bénéfices tirés de l'album enregistré seront versés à l'Association
"Partage".
Allwright a tourné quelques mois avec le "Gleen Ferris
Quartet" (18ème Album) avec des chansons aux tonalités jazzies, à 73
ans il revient à sa passion de jeunesse pour le jazz.
En 2003
Graeme Allwright présente des concerts folk accompagné par Erik Manana
(guitare), Dina Rakotomanga (basse) et quelquefois son fils Christophe
Allwright. Pour les concerts jazz il est accompagné par Régis Gizavo
(accordéon) et Loulou Laguerre (piano).
"Qui a tué Davy Moore" (Bob Dylan - Graeme Allwright)
Voila, c'est tout cela Graeme Allwright et même plus. Beaucoup
d'humanisme et de révolte contre l'injustice sociale, une âme de
pacifiste, un brin de tendresse qui le rend attirant, un rien de
simplicité pour dépeindre les gens, beaucoup d'authenticité qui nous le
rende proche. Allwright œuvre pour l'Association "Partage" sans battage
médiatique jusqu'en 2000.
Il a épousé Catherine Dasté, la fille de Jean Dasté créateur de la
"Comédie de Saint Etienne" qui a tant œuvré pour la Culture Populaire
en vulgarisant le théâtre dans les usines et les écoles. Allwright a
d'abord été décorateur et machiniste dans ce théâtre, puis a joué
quelques rôles de figuration.
Après un retour à la terre il joue dans la "Compagnie Renaud -
Barrault" puis à la "Comédie de Saint Éteinte". Il crée ensuite la
troupe "Les tréteaux".
Il compose des chansons avec des adolescents "Les Musiques
Magiques", travaille dans un hôpital psychiatrique avant de tourner
dans les cabarets parisiens.
"La femme du mineur" (Koulak Sezian Paul, adapt G. Allwright)
Discographie
A plonger dans les bacs des bons disquaires. Petite sélection que je vous propose:
- 1968, "Le jour de clarté"
- 1973, "Graeme Allwright chante Léonard Cohen"
- 1985, "Graeme Allwright sings Brassens"
- 1995, "Graeme Allwright chante pour les enfants"
- 2000, "Tant de joies" avec le Gleen Ferris Quartet
Bibliographie
Revue "Chorus", N°32, été 2000 : Panthéon Graeme Allwright