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Affiche du peintre Toulouse-Lautrec
Aristide Bruant
Aristide Bruant, pour bien le situer, est né en 1851 et décédé en 1925.
Habit de velours noir, chemise et écharpe rouges, chapeau vissé au
crâne, gueule de chouans d'un autre âge, Bruant a hanté les nuits de
Montparnasse comme chanteur et comme cabaretier un peu atypique.
Il a commencé sa carrière en chantant des chansons comiques comme
"Les femmes", "Henri IV a découché", "Le gaulois du pont d'Iéna" dans
le café-concert "Les Amandiers".
Libre-penseur, Franc-tireur, Bruant n'a pas fait son service militaire
mais n'en fut pas moins appelé en 1880. Il compose alors "La marche du
113" sur laquelle ont défilé des régiments.
Rendu à la vie civile, il chante sur différentes scènes pour finir au
"Chat Noir". Il compose durant cette période les chansons qui l'ont
rendu célèbre "Belleville-Ménilmontant", "A la Villette", "Aux
Batignolles", et bien d'autres.
Lorsque le "Chat Noir" déménage, il s'installe dans les locaux restés
vacants et crée "Le Mirliton", lieu branché de Paris où en maître de
céans il invective la bonne société qui vient s'encanailler.
"Belleville Menilmontant"
En 1892, il présente des spectacles dans les cafés-concerts avec une
affiche peinte par Toulouse-Lautrec dont on connaît le penchant pour la
débauche. Il abandonne ensuite "Le Mirliton" pour entreprendre une
tournée qui le mène jusqu'en Afrique du Nord. Il y vérifie
l'authenticité de quelques-unes de ses chansons comme "Aux Bat' d'Af'"
ou "Biribi".
A son retour en métropole, Bruant se présente aux élections
législatives sous l'étiquette nationaliste. Il est piteusement battu.
Retiré dans son Loiret natal, Bruant fait quelques retours à la chansons jusqu'en 1924.
Bruant est sûrement le précurseur des chansonniers de notre époque. Il
a été inspiré par Villon et Carco et a dépeint le monde des petites
gens avec humour et tendresse.
Peint par Toulouse-Lautrec, adulé par le public de la bonne société
heureux de se faire bousculer et engueuler, Bruant est un bateleur à
l'âme sensible qui a des coups de sang. Témoin de son temps et de la
rue, poète de la misère et des gens, proche des préoccupations du
peuple, Bruant serait à coup sûr journaliste à notre époque, tant ses
peintures réalistes en font un historien chanteur.
Bibliographie
Romans-feuilletons :
- "Fleur de Montparnasse"
- "Les Bat' d'Af'"
- "Les loupiotes"
- "Les trois légionnaires"
Chansons et Monologues:
"Dans la rue", tome 1 et 2, Editions d'Aujourd'hui
"Les introuvables"
"Aux bat' d'Af'"
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