Jacques Debronckart
Petit pianiste deviendra grand, c'est un peu le raccourci de la
carrière de Jacques Debronckart. D'abord pianiste de bar, il échappe,
lors de son service militaire en 1958, au départ pour l'Algérie pour
charge de famille. Cela ne l'empêche pas "faire le mur" pour jouer du
piano.
Debronckart en 1960 accompagne Maurice Fanon, Bobby Lapointe, Pia
Colombo et Christine Sèvres. Il se lie d'amitié avec Bernard Dimay et
commence à composer pour Juliette Gréco, les Frères Jacques, Nana
Mouskouri, Cora Vaucaire, Isabelle Aubret et Gribouille. Il enregistre
son premier 45 tours en 1965, puis deux autres en 1965 et 1966. Sa
chanson "Adélaïde" est un vrai succès.
Jacques Debronckart enregistre son premier 33 tours en 1967. Il connaît
alors la censure politique pour antimilitarisme, anticléricalisme,
esprit libertaire dans la lignée des Monthéus ou Gaston Couté,
notamment pour la chanson "Mutins de 1917". Il était sur la liste du
fichier des chansons interdites à l'époque. Cela fait un peu sourire
aujourd'hui, et pourtant cela a existé. La censure n'existe plus, seule
l'exclusion des médias demeure, mais n'obtient-on pas le même résultat
? A savoir que les chansons de ce type d'auteur ne sont pas diffusées.
Jacques Debronckart est aussi auteur de comédies musicales, de musiques
de scène. Une sensibilité à fleur de peau l'a fait comparer à Edith
Piaf ou à Jacques Brel. Anticonformiste, il écrit en 1968 une satire de
la société de consommation "J'suis heureux"
Jacques Debronckart prend aux tripes, "Ernest un coup d'blanc" ou "Plus
que 5 minutes", "Mon cher député" et encore "Ils disent que ça sent
mauvais autour de mon usine", chanson déroutante par sa chute. On sent
bien là l'écorché vif qui tourne de cabaret en cabaret, de scène en
scène, de Bobino et l'Olympia ou encore en tournées, tempêtant contre
l'ordre établi, contre l'injustice, griffes et ongles sortis mais avec
une bonne dose d'humour. Et puis il y a ces grands moments de tendresse
dont on sent que le chanteur ne peut s'empêcher de nous faire partager.
Il est dommage que Debronckart soit tombé dans l'oubli, lui qui
déclarait "Mes thèmes n'ont pas changé . . . L'homme, ses joies, ses
angoisses, ses luttes . . ."
Dans "Nanterre", Debronckart pousse un coup de gueule contre les maisons de retraite.
Il s'est éteint en mars 1983 à notre grand regret.
Discographie
1965 - "Adélaïde"
1965 - "Tu es tout cela"
1966 - "Dehors, dedans"
1967 - "Ils arrivent"
1967 - "Toi qui nais cette année"
1969 - "J'suis heureux"
1971 - "Au secours"
1973 - "Je vis"
1976 - "Un homme est debout"
1982 - "Un, deux, trois"
1985 - "Hommage à Jacques Debronckart" CD
1992 -"Millésimes" CD
2000 - "Jacques Debronckart" CD