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Paco Ibañez, la voix de l'Espagne
Fils d'un sympathisant anarchiste espagnol qui fut interné avec
d'autres républicains dans le camp d'Argelès par les autorités de
Vichy, Paco Ibañez émigre en France avec sa famille en 1948 après la
deuxième guerre mondiale. Comme Leny Escudéro et Serge Utgé-Royo
commence alors un véritable exil.
Paco Ibañez commence sa carrière de compositeur dans les années 50
en accompagnant la chanteuse Carmela (surnommée la Piaf espagnole) dans
les cabarets parisiens, en mettant en musique des textes de Frédérico
Garcia Lorca, Antonio Machado et Pablo Néruda.
On le retrouve aux côtés de Frédérico Garcia Lorca et Gabriel Celaya
pour lutter contre le régime de Franco, car Paco Ibañez est un chanteur
engagé, libertaire qui ne cache pas ses convictions.
"Cancion de Jinete" (Poème de Frédérico Garcia Lorca)
Paco Ibañez rencontre Georges Brassens en 1963 et le considère, au même
titre que Atahualpa Yupanqui, comme l'un de ses "pères". Il a
d'ailleurs traduit des chansons de Brassens en catalan.
En 1964 il met en musique des poèmes de Frédérico Garcia Lorca et sort
un album dont Salvator Dali lui offre le dessin de la pochette. Puis
suit un deuxième album "L'espagnol d'Aubervilliers" avec des textes de
Luis de Gõngora.
En 1968 il chante "La poésie est une arme chargée de futur" de Gabriel
Celaya que Serge Utgé-Royo a récemment déclamé, et "Ballade de celui
qui n'est jamais allé à Grenade" de Rafael Alberti en rébellion contre
le régime franquiste. Il fait plusieurs spectacles en Espagne cette
année-là.
"Mi Nina se fue a la mar" (Poème de Frédérico Garcia Lorca)
En 1969, il chante pour les étudiants, dans
des galas de soutiens et de solidarité avec le peuple espagnol. De là
son surnom "La voix de l'Espagne" et chante devant une salle
archi-comble à l'Olympia. Paco Ibañez fait une tournée dans les pays
d'Amérique du Sud où pointent déjà des dictatures. On le retrouve à la
Fête de l'Huma aux côté de Joan Baez et de Mikis Théodorakis( tout
juste sorti des prisons grecs car jugé pour délit d'opinion par le
régime des colonels).
En 1971, victime de la censure et de la
répression du régime, Paco Ibañez rentre en France après avoir élu
domicile en Espagne pour un temps. En 1977 sort un album avec sur une
face Paco Ibañez qui chante Pablo Neruda et l'autre le Cuarteto Cedron.
Paco Ibañez traduit Brassens en castillan et entame une tournée
mondiale en 1979.
Paco Ibañez a mis en musique des poèmes de
José Agustin Goytisolo avec lequel il a partagé des idées comme la
suprématie de l'humain sur le pouvoir et l'argent ou bien l'éveil des
consciences. Dernièrement il a composé également sur des textes de
Renaud Chavanne qu'il considère comme le François Villon contemporain.
Paco Ibañez n'a jamais lui-même écrit de
chansons et, contrairement aux autres chanteurs présentés dans ce site,
il chante en espagnol. A signaler qu'il a refusé la médaille des "Arts
et des Lettres" que voulait lui remettre Jack Lang, en 1983 et 1987.
Depuis 1990, Paco Ibañez s'est installé définitivement en Espagne.
"Y riase la gente" (Poème de Luis de Gõngora)
Discographie
La liste a été difficile à dresser car Paco
Ibañez n'a pas de site officiel. Certains albums ont fait l'objet de
rééditions.
1964 - "Paco Ibañez 1" Poèmes de Frédérico
Garcia Lorca et Luis de Gõngora avec le guitariste Antonio Membrano
1967 - "Paco Ibañez 2" avec des poèmes de Alberti, Celaya, Otero, Hernandez, Gõngora et Quevedo
1968 - "En concert à Paris"
1969 - "En concert à Paris"
1971 - "En concert à Buenos Aires"
1978 - "A flor de tiempo"
1989 - "Espana de Hoy y de siempre" (volume 1)
1989 - Paco Ibañez Blas De Otero Miguel Hernandez (K7)
1990 - "Espana de Hoy y de siempre"
1990 - "Olympia", enregistrement en public (2 CD)
1991 - "Espana de Hoy y de siempre : Por una cancion"
1992 - "A Galopar" (2CD)
1995 - "Chants d'Espagne et d'Amérique latine"
1996 - "Los unos por los" (Volume 1,2 et 3)
1997 - "Paco Ibañez chante Brassens" en espagnol
1997 - "Olympia" (2 CD)
1998 - "Flamenco"
2000 - "Oroitzen"
2001 - "Por una cancion"
2001 - "A flor de tiempo"
2002 - "Canta a José Agustin Goytisolo"
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