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Monsieur L., la gouaille pour gueuler & rire
Un tantinet Gavroche, Monsieur L. aurait pu chanter "Si j'suis tombé
par terre c'est la faute à Voltaire...", tel le petit héros de Victor
Hugo. Et il s'en donne à coeur joie, chantant contre le racisme "Le
King des Kongs", pratiquant l'autodérision "Le vin est l'avenir des
moules", les piliers de bistrots "Lâche-moi la grappe (que je vois le
comptoir)", fustigeant les bidasses "La réunion des anciens d'l'armée",
et puis bien sûr le système d'économie libérale "Au boulot".
Monsieur L. est un artisan de la chanson, et comme il le dit
lui-même "un peu fumiste" qui a des envies de dire son mécontentement,
mais aussi de nous livrer ce qu'il a sur le coeur, sans tomber dans le
style du donneur d'ordre ou de conseils.
L'humour plane sur toutes ses chansons, humour caustique que
Monsieur L. maîtrise à souhait pour notre plus grand bonheur, on n'a
pas si souvent l'occasion de rire par les temps qui courent et cela
nous est salutaire.
Les musiques ne sonnent pas la trompettes ni les cordes, juste une
guitare, voire deux, et une basse, de quoi mettre en valeur les textes.
Monsieur L. fait partie de cette pépinière de chanteurs que l'on
entend pas assez souvent, car il traverse à côtés des clous et ça les
médias n'aiment pas.
"La réunion des anciens de l'armée"
Avec l'aimable autorisation de l'auteur
Le Parcours
Né au siècle dernier, sous la neige et en banlieue parisienne, Monsieur
L. découvre la musique à l'âge de 12 ans en transformant des barils de
lessive (empruntés à sa mère), des coussins (chipés au canapé) et des
couvercles (retirés aux casseroles) en batterie improvisée.
A 16 ans, tel Christophe Colomb découvrant l'Amérique, Monsieur L. met
le pied dans la guitare. Ou la main, plus exactement. Ou les deux, pour
être plus juste. Je veux dire les deux mains, vous me suivez ? Camp de
vacances, feu de joie, moniteur chantant du Maxime Le Forestier dans
les lueurs dansantes des flammes, le coeur de Monsieur L. s'embrase
pour la chanson...
A 18 ans, la révolte gronde, hurle, prend les traits du guitariste
Angus Young d'AC/DC. La guitare devient électrique, nucléaire, arme de
destruction virtuelle mais massive (surtout à cause du poids !).
Monsieur L. entre dans son premier groupe : DARKHAN.
La chanson va revenir, qui n'est jamais vraiment partie, qui a fait
profil bas devant les décibels et qui ressurgit pour un groupe éphémère
au nom sybillin d'ADAM DE SAGESSE avec Yves JAMAIT.

Nous sommes en 1984, 1985...
Et c'est alors que, se prenant sans doute pour Rastignac (n'aie cure, ô Balzac !), Monsieur L. monte à la capitale... PARIS !
Il a 24 ans et, drapé de l'illusion commune d'avoir un jour son nom en
haut de l'affiche, il court les cabarets, auditionne, croise de
probables futures célébrités potentielles, débat de l'intérêt de
l'hémistiche dans l'alexandrin moderne avec de vieux auteurs oubliés,
fait la manche dans le métro, retourne à l'usine pour pouvoir manger
puis repart dans sa province pour ne plus vivre la joie des heures de
pointe où les souliers vous chantent au ras du nez...
A 31 ans, Monsieur L. fréquente les cours dispensés par Pierre-Jean GAUCHER, Yannick ROBERT ou Mimi LORENZINI au C.M.C.N.
La chanson va, une fois encore, s'effacer devant la guitare, le temps
-cinq ans- pour Monsieur L. de monter et diriger une Ecole des Musiques
Actuelles à Beaune (21).
C'est à 38 ans que la chanson va lui faire son "Coucou, me revoilou !".
Elle va l'emmener faire la première partie des Escrocs au Festival des
Sources en juillet 2000 et un magnifique stage d'écriture organisé par
l'association Voix du Sud pendant le Festival des Nuits de Champagne à
Troyes (10), en présence de Brice HOLMS et Francis CABREL, excusez du
peu...
Elle va lui faire attribuer aussi un 3e Prix de la Chanson Humoristique
au concours Utopia et lui permettre d'enregistrer, avec le concours du
guitariste Tito POPOWIEZ dans un duo très justement nommé Les Grandes
Gueules, son premier CD modestement intitulé "Les Plus Belles Chansons
du Monde (à Nous) ".
En 2004, à 42 ans, après la séparation du duo, Monsieur L. monte le
spectacle "C'est comme ça, la vie ?" avec une nouvelle équipe qui
seront présentés (le spectacle et l'équipe) à l'Estivade de Dijon en
juillet.
De ce premier spectacle, mêlant dans un joyeux désordre café-théâtre,
burlesque, humour absurde et chanson, naîtra en 2005 Né pour être une
$tar que Monsieur L. et son équipe présentent depuis un peu partout
dans toute la Galaxie, et même au-delà !
Avec l'aimable autorisation de l'auteur
Discographie
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"Les
Grandes gueules", CD autoproduit
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Avec l'aimable autorisation de l'auteur
Monsieur L. parle de la chanson française
Ma conception de la chanson par Monsieur L.
"J'ai toujours aimé écrire. Plus jeune,
très jeune, je m'imaginais assez comme le futur Victor Hugo ou
quelqu'un dans le genre (Guy Des Cars, Gérard De Villiers, Paul-Loup
Sulitzer, ah ah ah).
Puis mon côté fumiste a pris le dessus... Ecrire un roman, c'est vivre
avec des personnages pendant des jours, des nuits, des semaines. Tout
le temps les mêmes, jusqu'à ce que l'histoire soit finie... Alors que
la chanson est un format court. On peut écrire une chanson dans la
journée, sur un coin de table en quelques minutes. Et on sait qu'elle
ne sera pas pire que celle qu'on mettra des semaines à coucher sur le
papier ! Une idée, un fil sur lequel on tire, quelques rimes plus ou
moins riches, une formidable liberté dans le format, deux minutes ou
trente et une seule sanction, le public...
J'aime la chanson car, comme disait
Gainsbourg, c'est un art mineur. C'est un art populaire qui n'a pas
prétention à réviser les canons esthétiques de la beauté. Ni vocation à
révolutionner le monde et pourtant elle le fait parfois. C'est un art
du peuple et Brassens disait qu'il ne souhaitait rien tant qu'être un
chanteur de salle de bains. C'est la vrai place des chansons, le matin
quand on se rase ou quand on prend sa douche. La première chanson qui
vous vient à l'esprit est une vraie chanson populaire. Parfois elle a
du sens, de la profondeur, de la poésie, du revendicatif, vous levez le
poing (et vous mettez de l'eau partout dans la salle de bains).
D'autres fois, c'est Joe Dassin ou Claude François qui viennent vous
inviter à siffler là-haut sur la colline ou à venir à la maison parce
que c'est le printemps. Sans prétention...
Quelle importance ?
Le boulot d'un auteur de chansons, c'est
d'écrire un truc qui va s'écouter en quelques minutes, généralement
trois. Et souvent s'oublier en quelques secondes. Ou rester gravé dans
la mémoire de quelqu'un pour le reste de sa vie. Si j'avais voulu faire
le profond, le docte, j'aurais fait philosophe, poète maudit ou
journaliste sur TF1. J'écris des chansons pour dire ce que j'ai sur le
coeur, vite. Parfois ça a du sens, de la profondeur, de la poésie, du
revendicatif...
Mais ce dont je rêve par-dessus tout, c'est d'un type en train de
fredonner une de mes chansons pendant qu'il se rase ou d'une fille qui
me chantonne sous la douche. Ils avaient, l'une et l'autre, des
centaines de chansons en stock, dans leur mémoire interne, et c'est une
de miennes qui est sortie à ce moment là.
Peut-être que, pendant cet instant fragile, je suis quelqu'un qui
compte, pour ce type et cette fille. Ca ne durera peut-être pas mais
moi, ça donne un sens à ma vie. Et à mon travail...
Voilà pourquoi j'écris des chansons. Tout simplement."
Actualité
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