Ne cherchez pas ce que le nom de ce groupe veut dire, vous y perdiez patience. J'ai longtemps cherché moi-même avant qu'Eric me dise : C'est le sigle de "On se fait une bouffe", et leur boîte de production n'est autre que "A Rebrousse Poil Productions".
Ceci étant dit, la qualité des textes est remarquable, même lu à plat la poésie est présente et imaginative. Les mots sont simples et efficaces, la tonalité réaliste des thèmes fait que ce ne sont pas des chansons pour "passer le temps". Les chansons sont des petits bouts de vie, des portraits de personnages originaux, des coups de gueule ou des caresses affectives.
Dans leur premier album la première chanson "Chez Maurice" nous embarque dans un bistrot atypique, avec sa galerie de personnages hauts en couleur, comparés aux nouveaux bars aseptisés dans lesquels on s'ennuie. "Les banlieues riches" est une satire du monde friqué, artificiel et ignorant des pauvres. "Cong'Pay" est un petit rappel à la première guerre mondiale et au risque que cela se reproduise si l'on n'y prend pas garde.
Dans le deuxième album le ton est plus assuré et plus prononcé. Les métaphores sont toujours présentes, et dans la chanson "Que m'arrive-t-il ?" sont posées des questions existentialistes. "Il est elle" aborde le problème des travestis ou de la transsexualité. OSFUB rend un hommage pudique à Jacques Brel "Je passerai un soir" ou montre les crocs et leur colère face à ce monde du grand capital et de la montée de l'intégrisme "Bonne manière".
Le troisième album commence de manière forte avec "Saluté" et "Courant d'air, suvi de "Révolution". La colère dit ici son nom, la révolte face aux injustices est présente.
La musique n'est pas tonitruante et les paroles audibles, ce qui ne gâche rien à notre plaisir et met en valeur les textes. Le mariage entre piano, accordéon, contrebasse, guitare, violon, percussion, clarinette est efficace. A noter l'interprétation convaincante d'Eric Lemaire dont la voix est posée et l'articulation irréprochable, ce qui est si rare par les temps qui courent.
Je vous souhaite une bonne route et le succès que vous méritez.
"Saluté"
Avec l'aimable autorisation de l'auteur
Le parcours
Le groupe OSFUB est né en 2001, d’une volonté partagée entre Hervé Gasciolli, Sandra Berton, Jean Marie Bergey et Eric Lemaire de retrouver un peu de calme dans les compositions (ils sortaient tous de groupes à 8 ou 10 musiciens, soit rock, soit ensemble percussifs !) et de remettre les textes en avant.
Après un an de travail, ils ont eu la joie et l’honneur de remporter le « Prix Léo Ferré d’Ecriture » au Festival "Avec leTemps" à Marseille. Cette reconnaissance a été pour eux un véritable déclencheur, qui leur a permis d’enregistrer un 4 titres « Ché Morice » et, après avoir été rejoint par Stéphane Pinna à la contrebasse, d’attaquer la réalisation de leur premier album « Portraits crachés ».
Pourquoi ce titre ? Parce que les chansons retracent la vie d’un quartier organisé autour d’un bar « Chez Maurice », où se croisent différents personnages (La voisine, le retardataire, l’amoureux transi…), tous étant les portraits crachés d’une société en plein changement, un monde en pleine mutation, les derniers piliers d’une certaine façon de vivre amenée à disparaître.
Les 2 années qui ont suivies les ont vu arpentant les différentes scènes de la région, avec un décor de place de village et un acteur jouant le rôle de Maurice. Les 3 frangins techniciens (Lionel Puddu à la lumière, Drazan Kuvac et Ali Laouamen au son) less ont alors rejoint, et sont toujours à leurs côtés !!!
Le deuxième album « Un pas d’côté » (en référence au film « L’An 01 » : « La révolution, ce n’est pas un pas devant, ni un pas en arrière : c’est un pas d’côté ») a été pour eux une sorte de transition : on y retrouve des portraits de personnages (« Il est elle » ou « L’atelier »), mais les textes et la musique se libèrent, les paroles sont plus incisives. Les concerts ont continué à s’enchaîner, que ce soit en France, en Allemagne, en Suisse, avec des rencontres superbes comme avec Java, Mon Côté Punk, Les Ogres de Barback, Kent…
Avec leur nouvel album « La déshérence », ils ont ressenti le besoin et l’envie de laisser encore plus de place à la musique qui s’est teintée d’électro et de rock, tout en conservant la prééminence des textes, plus revendicateurs, plus accusateurs.
Durant ces années, ils ont également multiplié les expériences avec d’autres artistes (musique pour l’exposition « "Find circumstances in the antechamber" de Mathilde Rosier, musique pour le spectacle « Le procès », par le Théâtre de l’Arcane…) pour continuer à explorer les chemins de traverse de la création musicale.
Voilà en quelques mots le parcours du groupe OSFUB, qui évidemment ne reflètent pas tous les instants de joie, de doute, de rencontre, de galère que leur petite tribu a traversés tout au long de ces années de concerts, de routes, de studios. Et puis l’histoire continue !! Ils serons bientôt en Belgique avec une pièce de théâtre dont ils réalisent la musique en direct, et ils commençent tout doucement à mettre de côté les petits bouts qui feront l’album de demain !!!
"Révolution" E.Lemaire / E. Lemaire, H. Gascioli
Avec l'aimable autorisation de
l'auteur
Les reconnaisances
- Prix Léo Ferré d’Ecriture
- Prix du public au Festival Sémaphore (Clermont-Ferrand)
- Prix de l’Album Autoproduit 2010
La discographie & DVD
"Portaits crachés", 2004
"Un pas d'côté", 2007
"En abrégé", DVD, 200
"La déshérence", 2010
"Bonne manière" E.Lemaire / E. Lemaire, H. Gascioli
Avec l'aimable
autorisation de
l'auteur
Bibliographie
"Debout dans l'aquarium", recueil de nouvelles d'Eric Lemaire, chanteur et auteur du groupe OSFUB. L'ambiance qui se dégage autour des personnages "petit peuple" est d'un grand réalisme, le style est simple et imagé, pas de tonitruance, juste la vie comme elle est dans les petits villages ou les vieux quartiers des villes. C'est ce qui m'a attiré dans ce livre que j'ai savouré avec beaucoup d'émotion, on y retrouve les personnages de la chanson "Chez Maurice".
Sur la route des concerts
"Que m'arrive-t-il ?" E.Lemaire / E. Lemaire
Avec l'aimable
autorisation de
l'auteur
OSFUB parle de la chanson française
« J’ai été bercé par Brassens, Brel et Ferré, que mon père écoutait quand j’étais petit. Pour moi, créer de la musique, c’était mettre en valeur des mots au travers de mélodies. Mais j’aurais été britannique, j’aurais chanté en anglais. La chanson que je respecte a ce caractère universel de revendication et de rébellion, cette volonté inébranlable de rencontre et d’échange d’idées.
Aujourd’hui en France, la chanson redevient à la mode, et cet état de grâce amène forcement sur le devant de la scène des artistes qui n’en sont que la caricature. Mais elle a traversé les années en se teintant de rock, de rap, de slam, d’électro. Elle est vivante, elle se transforme. Et les scènes bouillonnent de nombreux groupes qui cherchent au creux de leur ventre à exprimer leur colère et leurs doutes, qui partent à la rencontre du public pour partager un moment de connivence.
Je suis donc très inquiet de voir depuis quelques années le nombre de lieux de concerts fondre comme neige au soleil. Il y a de moins en moins de scènes intermédiaires et alternatives pour permettre aux jeunes groupes de s’essayer au live. Les salles et les festivals, en conséquence de la baisse des budgets publics pour la culture, parlent plus de rentabilité que d’artistique et les quelques fous qui continuent à y croire se voient obliger de jongler avec les subventions qui diminuent et les contraintes administratives qui augmentent.
Mais la chanson est là : elle continuera à nous faire rire et pleurer, à nous faire crier et se retrouver. »
Eric Lemaire
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