Yerssin Foe, chanteur indien atypique
Yerssin va chercher des ressources au plus profond de ses racines
indiennes pour chanter comme des cris ses révoltes et ses douleurs, ses
passions et ses amours en référence à un peuple que l'on a résumé à une
simple caricature. Ses frères de sang, indiens d'Amérique du Nord que
l'Oncle Sam a voulu réduire au silence, qui ont pourtant une culture
qui comme toute culture est porteuse de sens et digne de respect.
Au delà des apparences des mots, des tournures de phrases, Yerssin
nous dit sa colère contre le genre humain quand l'homme est bafoué.
"L'homme est un loup pour l'homme" écrivait Machiavel, et le loup
animal n'est pas le seul prédateur chante Yerssin.
La forme surprend souvent, nous n'avons pas l'habitude d'écouter un
phrasée qui hurle parfois, mais dont les mots sont justes et méritent
d'être écoutés.
Musicalement le métissage des influences rock et des rythmes indiens
donnent un curieux mélange qui porte le texte vers des accents
mystiques.
Yerssin montre beaucoup de pudeur, mais sur scène et quand il chante
il est sans retenue pour notre plus grande satisfaction d'écouter un
chanteur authentique qui ne triche pas.
Avec l'aimable autorisation de l'auteur
Biographie
Indications
Sunk Manitu Tanka : Loup
"La lune jalouse de l’homme, la création du soleil, créa à son tour le loup.
Pour le protéger elle lui donna deux pouvoirs : l’invisibilité et l’intelligence.
Les peuples nomades des plaines ont toujours vénéré le loup comme chasseur suprême et cherché à s’attirer ses pouvoirs.
Ce sont les sédentaires blancs qui ont toujours voulu l’exterminer, l’accusant de tous les maux.
Les éclaireurs, chargés d’ouvrir sûrement la piste dans les
déplacements du peuple, avaient le loup comme animal totem et portaient
une peau de loup pour être invisible."
Avec l'aimable autorisation de l'auteur
Crazy Horse : chef de guerre Oglala
"A la little Bighorn il inflige sa plus grande défaite à l’armée
américaine. Plus de 200 soldats du 7ème de cavalerie, dont le général
Georges A. Custer, tueur d’indiens réputé, trouve la mort le 25 juin
1876. Les USA n’auront de cesse de venger cet affront. Le 6 mai 1877
Crazy Horse se rend ) l’armée américaine avec 300 de ses guerriers.
Mais Crazy Horse dans une réserve était presque aussi dangereux que
hors d'une réserve. En septembre l’armée décide de le faire mettre en
prison. Il est assassiné alors qu’il refusait d’être emprisonné.
Quelques uns de ses guerriers emmenèrent son corps en secret pour
l’enterrer dans le Paha Sapa, les Black Hills. Aujourd’hui nul ne sait
où se trouve sa sépulture. Crazy Horse a toujours refusé d’être
photographié mais sait qu’au contraire des Lakota Oglala, il
n’attachait pas ses cheveux.
En septembre 2004 le chef Alfred Red Cloud se rend officiellement à
Paris pour demander que l’on débaptise la salle de spectacle appelée
« Crazy Horse ». Les états occidentaux accepteraient ils que
l’on appelle une telle salle le Winston Churchill, le Joseph Staline,
le Franklin Roosevelt ou bien encore le Charles De Gaulle ?"
Avec l'aimable autorisation de l'auteur
Red Power
"Les USA cherchant à détruire tout identité culturelle, religieuse,
sociale font enlever à la fin du dix neuvième siècle les enfants
indiens pour les placer en pensionnat où on leur coupait les cheveux et
les habillait en européens. Il leur était interdit de parler la langue
maternelle sous peine de sévères punitions. Dans les réserves les
danses du soleil furent interdites, puis la Ghost Dance. Le 15 décembre
1890 Sitting Bull est assassiné au moment de son arrestation sur ordre
de l’agent des affaires indiennes. Le 29 décembre 1890 à Wounded Knee,
rejoignant la réserve de Pine Ridge 300 sioux, hommes, femmes enfants
et le chef Big Foot sont massacrés sous les balles des nouvelles
mitrailleuses Hotchkiss du 7ème de cavalerie. Fin de guerres indiennes
comme on les appelle.
A Mount Rushmort, au cœur des Black Hills, les terres sacrées, il
fut sculpté 4 têtes de président US, suprême affront, suprême
humiliation.
Aujourd’hui depuis plus de 10 ans, un homme sculpte à la dynamite et
au marteau-piqueur, dans une montagne bien plus grande, Crazy Horse à
cheval. Le début des années soixante voit la naissance du Red Power,
mouvement de résistance. Le Black Power rentre très vite en contact
avec le Red Power. Puis l’American Indian Movement voit le jour
en 1968 à Minneapolis afin de défendre le droit des indiens. En 1975
deux agent du FBI trouvent la mort sur la réserve de Pine Ridge suite à
une confrontation avec des membres de l’AIM. Léonard Peltier est accusé
de meurtre et emprisonné. Il est aujourd’hui le plus ancien prisonnier
politique de la planète.
En 1980 les Sioux se voient proposer 122 millions de dollars par la
cour suprême en dédommagement de la prise illégale des Black Hills
résultant du non-respect du traité de 1868.
Les Sioux refusent l’argent et exigent de nouveau la restitution de
leurs terres. Cet argent avec les intérêts est toujours bloqué sur un
compte.
En 1999 Bill Clinton est en visite sur la réserve sud de Pine Ridge.
Il est le deuxième président américain en un siècle à mettre le pied
sur l’une des 300 réserves indiennes des états unis.
« Les blancs ont interdit aux noirs de s’intégrer dans leur
société et leur système et, en même temps, ils ont voulu forcer les
indiens à accepter ce qu’ils refusaient aux noirs »
Vine Deloria. « Custer died for your sins”
“Je chante parce que c’est ma meilleure arme pour me battre.
Oka Hey signifie bienvenue”
Yerssin Foe
Le Parcours
Sous d’autres noms il chante dans le groupe Vox Dei de 78 à 82.
Nombreux concerts sur la scène alternative.
Début 83 ; sortie de l’album posthume "De profundis" Création de Nagaïka Djinn : Gibus, Bataclan….
Il se consacre ensuite au théâtre, travaille avec Jérôme
Deschamps : création d’un « court-métrage » de théâtre
accompagnant le spectacle « Les blouses » de JD à l’Almeïda
Théâtre de Londres en mai 83.
Retour à l’écriture et à la composition musicale.
"Conquistador" : premiers concerts en solo au Théâtre de la Bastille en avril 84.
Il crée avec Patrick Abrial un spectacle théâtral et musical sur
Lautréamont, « Maldoror-chants pour une fin de siècle »,
réalisation commandée par le C.A.C. de Tarbes et le Ministère de la
Culture dans le cadre de l’opération « Coups de talents dans
l’hexagone », présenté à Tarbes, Toulouse, Albi en mars 85.
Il chante encore le soir "Chez Georges", "le Gerpil", "L’Ecluse", "La Tanière", "Fréquence Alizees"…
Rupture en 87 : il chuchote pendant plus de 15 ans à l’oreille des chevaux.
Petit fils de Lakota Oglala, Yerssin Foe revient aujourd’hui avec
quelques tatouages en plus, sa guitare et ses armes pour chanter les
combats, les douleurs, les espoirs, les esprits.
Crazy Horse n’est pas mort. Sunk Manitu Tanka San Isnala non plus.
Avec l'aimable autorisation de l'auteur
Discographie
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"Warpony, CD, 2008
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Actualités
En attent d'informations)
Contacts
Contacts : François Deshayes 12, La grange aux malades 89500 Les Bordes. tel : 03 86 96 01 42