Eric Viot est romancier et historien. Il se passionne pour la première guerre mondiale, et effectue un travail de recherche sur les soldats manceaux (habitants du Mans) dont 1694 sont morts pendant cette boucherie (liste non exhaustive). Il milite pour la réhabilitation des fusillés pour l'exemple dans la mémoire collective.
En 1917, Hamp, un jeune soldat engagé volontaire, attend son jugement dans une cave transformée en cellule. Il a été arrêté par un caporal, alors qu'il fuyait loin du front, hagard, en proie à une commotion cérébrale. Pour le conseil de guerre, cela s'appelle : désertion...
Société dégueulasse,
Où la différence n’a pas sa place.
Société pourrie,
Où seule l’élite survit.
Combien d’hommes elle va détruire,
Parce qu’ils nuisent à son délire.
Toi, parce qu’à cinquante balais,
Sans boulot, t’es un boulet.
Combien d’hommes elle va détruire,
Parce qu’ils nuisent à son délire.
Toi, parce qu’à vingt ans
Sans avenir, t’es gênant.
Combien d’hommes elle va détruire,
Parce qu’ils nuisent à son délire.
Toi, parce que la déprime
Un jour, t’as rendu moins sublime.
Combien d’hommes elle va détruire,
Parce qu’ils nuisent à son délire.
Toi, parce que la maladie
Un jour, t’as rendu moins érudit
Société, à réinventer de grâce
Où la différence doit avoir sa place.
Société, à réinventer j’vous en supplie
Où seule la tolérance survit
Il n'est que justice de réhabiliter ces poilus fusillés pour l'exemple pour avoir désobéi à des ordres souvent stupides qui les envoyaient à la boucherie. Eric Viot milite également pour que les noms de ces fusillés soient gravés sur les monuments aux morts de la guerre 14/18.
A la fin de la lecture de son livre, j'ai été partagé entre l'émotion qui se dégage de ses lignes, et une sourde colère contre cette boucherie inqualifiable dont les poilus ont fait les frais pour d'obscurs intérêts. Merci à toi Eric pour ce témoignage dont j'espère que les jeunes générations comprendront les enjeux et les souffrances des sacrifiés.