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LOUISIANE DORE-MILOCH "Le drame de l'excision"
 

 

Louisiane.jpg
Louisiane DORE-MILOCH 
 
 
"Comment suis-je ici"

Mon ami Léo m'a conseillée d'aller sur le site "Chanson Rebelle" car il y avait là une chanson sur l'excision.

Ce fut  pour moi non seulement une découverte, mais aussi une ouverture vers de grandes rencontres...

J'ai découvert  Gérard Gorsse, créateur du site "Chanson Rebelle" quelle personnalité!!!  Créateur bénévole,  dévoué et plein d'humanité, à qui je ne dirais jamais assez merci pour la somme de travail qu'il fournit et son implication personnelle pour que tout fonctionne bien.

J’ai entendu sur "Chanson Rebelle" la voix de Claude Michel. Cette voix, qui me rappelle celle d'Édith Piaf, ne m'a pas laissée indifférente

C'est avec ses tripes qu'elle prend position, donne sa place au clitoris  et crie la douleur des femmes excisées.

Ce fut là ma première rencontre avec "Chanson Rebelle"

Par ce biais … J'ai  encore l'opportunité de parler  de l'excision.

C'est un problème culturel qui  nous regarde.

Pour certains c'est le problème de "l'autre"  NON c'est le problème de tous. Et c’est tout le travail que fait aussi Martine Sarri pour sensibiliser chacun, informer et permettre un jour que les femmes soient libres  de leur corps.

J'ai voulu pour ce livre "Le drame de l'excision" dont je suis l'auteur, un visuel qui parle à tous. Un visuel qui montre ce que certains ne veulent pas voir.

J'ai voulu choquer l'opinion dans l'espoir d'éveiller les consciences.

Il s'agit aujourd'hui de se saisir du problème.
                                  "Enlever le clitoris c'est mutiler le sexe féminin".

Dans le dictionnaire de la langue française on trouve le mot clitoris :
                                  "Petit organe érectile de la vulve".

En ce qui concerne le mot  vulve dans ce même dictionnaire, il est écrit.
                                  Vulve : "Ensemble des organes génitaux  externes de la femme".

Si le clitoris de la femme est enlevé c'est une partie de son organe génital que l'on enlève. Ainsi, par comparaison à l'homme cela reviendrait à lui enlever une partie de son pénis, chose qu'aucun homme ne souhaiterait.

Vous avez dit rebelle, oui « Rebelle » je le suis quant au respect de la totale intégrité du sexe de la femme, car 60 000 fillettes de nos jours sont excisées en France, et 130 millions dans le monde. Mettons un terme définitif au non-respect de l'intégrité du corps de la petite fille.  

Louisiane11.jpg
 
"Non à l'excision"
Tiken Jah Fakoly
 
louisiane_dore-miloch.JPG
Éditions Courcelles Publishing
 
 
"L'excision" Claude Michel
Avec l'aimable autorisation de l'auteur
 

"L'éminent Docteur Pierre Foldés urologue que j'ai nommé : "Le styliste de l'intimité de la femme" écrit en avant-propos de mon livre "Le drame de l'excision" paru aux éditions Courcelles :"

Louisiane DORE-MILOCH

"L’excision rituelle, ce crime contre la femme, est bien longtemps restée dans l’ombre du non-dit et du silence coupable.

Depuis des siècles, des femmes jeunes on subi cette agression programmée, au prétexte d’une tradition multiforme.

Au cours de ces deux dernières décennies, le monde des femmes a commencé à réagir et à se rebeller.

Ce furent d’abord des femmes Africaines, qui les premières, mirent en question ce legs coutumier.

Puis vinrent dans les pays d’émigration les premières mises en examen d’exciseuses et de parents, à la suite de décès.

En France, les procès de Bobigny inaugurèrent la prise de conscience et aboutirent à l’interdiction de ces pratiques.

Pendant ce temps, les médecins sur le terrain africain furent interpellés par des femmes victimes de mutilations.

Les premières demandes portèrent sur la douleur de la blessure et la prise en charge des séquelles obstétricales.

C’est de ces contacts et de ces premières revendications qu’est née l’idée d’une chirurgie réparatrice.

Depuis, les recherches et la technique ont permis de proposer une issue thérapeutique à ces mutilations qu’on croyait irréversibles.

A ce jour, nous possédons un arsenal chirurgical qui permet d’envisager le traitement de tout type de mutilation et de leurs conséquences.

La France reconnait maintenant cette pathologie et la chirurgie est couverte par l’assurance-maladie.

D’autres pays suivent notre exemple et vont bientôt permettre et financer ces procédures.

Mais, bien plus que la possibilité d’un traitement, la médecine a pu surtout depuis dix ans étudier la réalité des mutilations sexuelles féminines.

Les conséquences de l’excision rituelle sont maintenant beaucoup mieux connues, tant sur l’obstétrique que la fonction sexuelle.

Des milliers de consultations et d’entretiens en « dialogue singulier » ont démontré l’impact réel sur la santé de la femme.

Les mutilations sexuelles féminines révèlent ainsi leur brutale réalité destructrice qui touche tous les aspects, moraux, mentaux ou physiques de la personnalité féminine.

Bien plus que la parole médicale, c’est le témoignage actif et militant de toute ces consultantes qui frappe.

Aucune ne fera exciser sa fille.

Il est donc de toute première importance de porter témoignage et de relayer la parole de ces femmes.

On doit parler de ces pratiques et montrer leur réalité.

C’est tout l’intérêt de l’ouvrage de Louisiane Dore-Miloch, qui servira activement cette cause."

                                                                                                        Docteur Pierre Foldes
 
Louisiane10.jpg
 
Pour Katoucha  
 
(Martine SARRI, 29 février 2008)

 

Ne croyez pas ce qu’ils diront,

Elle voulait stopper l’excision

Ses yeux étaient rieurs et bons

Ne croyez pas ce qu’ils diront

 

 

Ils l’ont tué pour bâillonner

L’espoir, que ses mots apportaient

D’une société enfin sans haine

D’une société enfin humaine

A toutes ses soeurs mutilées

 

"SHOMO E-MURATA"
 
katoucha1.jpg

Femme de coeur et mère dévouée, Katoucha défile en Smalto pour l’association de la princesse Kata Mari pour venir en aide aux enfants burundais.

Dans cette même lancée, elle crée sa propre association : KPLCE (Katoucha pour la lutte contre l’excision, pour dire non à cette mutilation et soutenir les victimes.

Elle est portée disparue dans la nuit du 1er au 2 février 2008, alors qu'elle rejoint son domicile, une péniche amarrée en bord de Seine à Paris. Le 28 février, son corps a été découvert dans la Seine à Boulogne-Billancourt, à environ cinq kilomètres de sa péniche, à la hauteur du pont du Garigliano. Les enquêteurs ont conclu à une mort accidentelle. Mais sa famille a déposé une plainte pour meurtre.

Voici le témoignage de Katoucha lors d'une interview où elle concluait :
 
"Je veux plus de petites filles qui pleurent pour ça"
 
 
 

Pourquoi des êtres humains se rejoignent, comme Louisiane Dore-Miloch originaire de la Martinique, Claude Michel, chanteuse féministe bretonne qui ne se tait pas et chante avec conviction et impertinence et Martine Sarri, chanteuse engagée qui balance  entre révolte contre l'intolérance et passion pout l'Afrique, et moi-même chanteur libertaire ?

D'abord par une passion pour l'Afrique, et puis cette colère contre une pratique rituelle qui mutile tant de fillettes afin qu'elles n'aient pas de jouissance sexuelle à l'âge de devenir femmes, pour qu'elles soient à la merci de leurs maris, qui souvent eux, sont polygames : je parle là de l'excision. Procréer ou avoir des rapports sexuels sans jouissance, cette blessure n'est pas que mutilation physique, mais aussi un traumatisme psychologique et affectif irréversible pour ces femmes devenues des objets sexuels.

Louisiane présente l'excision avec beaucoup de réalisme, tant par les mots que par les images qu'elle présente dans son livre, pas pour nous choquer, non mais pour que nous puissions être au plus prêt de ce que subissent ces fillettes. Elle aborde le sujet sous des aspects divers pour mieux nous dire, médico-physiologiques, Psycho-affectifs, historiques et socio-ethnologiques. Ces différentes lectures nous permettent de mieux appréhender ce qu'est cette mutilation.

Merci Louisiane de nous ouvrir les yeux sur ce traumatisme que nous ne connaissions pas assez, notre regard n'en sera que plus différent.

Je mêle donc ma voix à celles de Louisiane, Claude et Martine et de celles qui témoignent pour dire "NON" à l'excision.

Gérard Gorsse, Février 2010
 
Annexe

Autre témoignage, celui d'Inna Bocoum, mannequin et chanteuse qui nous confie le drame de l’excision dont elle a été victime, et contre lequel elle se bat aujourd’hui pour éviter que d'autres petites filles soient victimes de mutilations génitales.

Un dernier témoignage, celui de Diaryatou Bah, guinéenne, qui a subi une excision à 8 ans. Elle nous éclaire sur la signification de l’excision dans la culture africaine. Aujourd’hui elle se bat contre la tradition de cette mutilation. (Interview de Trixie de Geffrier)

 
Et pour terminer un vidéorama de synthèse
 
Réalisation Gérard Gorsse 
 
 
Conférence-débat du 23 mars 2010
 
 
Louisiane21.jpg
 
Docteur Pierre Foldes
 

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Louisiane Doré
 

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Docteur Gérard Zwang
interviewé par Jean Claude Uzan
   

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Avec Jean-Claude Santier
journaliste

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Le public  
 

Louisiane25.jpg

Avec Jean Atias, éditeur

  Crédit Photos : Jean-Claude Santier
 

"Un homme a souhaité qu'ait lieu cette conférence-débat. Pour lui ce combat contre l'excision n'est pas vain. Il a porté sa pierre à l'édifice, et participe ainsi avec tant d'autres, à ce qu'un jour le corps de la femme soit respecté dans son ensemble.

Merci à Monsieur Patrick Bloche député Maire,et  à toute la municipalité du 11ème arrondissement de Paris.

Danielle Hoffman Rispal,Sophie Pradinas-Hoffman Hélène Bidard.

Un merci particulier  à Sophie Quéran et à toute son équipe, pour la bonne marche de ce débat-conférence.
Merci : à Gérard Gorsse qui au travers de "Chanson Rebelle a permis de diffuser l'information.

Les  célèbres docteurs Pierre Foldès et Gérard Zwang qui ont tenu en haleine le public.

Isabelle Gillette Fayé la directrice du GAMS (groupe pour l'abolition des mutilations sexuelles) a tenu à honorer de sa présence cette rencontre et nous a rappelé le fonctionnement de son association. (1)

Merci aussi à Diaratou Bah pour son témoignage.
"Le drame de l'excision", malgré les grêves de ce 23 mars, à été pour toutes les personnes présentes dans la salle d'une préoccupation majeure.

Ceci signifiant : que le combat doit continuer.

Je remercie personnellement chacune des personnes présentes dans la salle ce soir-là ainsi que toutes celles m'ayant appelée pour me dire qu'elles étaient bloquées dans les transports.
Par la force et la volonté de tous, hommes et femmes, de vouloir défendre l'intimité de la femme, la soirée fut d'un succès total

Encore un grand merci à tous ceux qui de loin me soutiennent."

(1) Isabelle GILLETTE-FAYE, Sociologue est directrice de la Fédération Nationale GAMS (Abolition des Mutilations Sexuelles Féminines et des Mariages Forcés)

La Fédération Nationale GAMS est partenaire d'Amnesty International Irlande, pour la Campagne Européenne Fin aux Mutilations Sexuelles Féminines. Pour tout renseignement complémentaire, consultez :  http://www.endfgm.eu

La Fédération Nationale GAMS est membre du Collectif des 24 associations, labellisées Grande Cause Nationale 2010 contre les violences faites aux femmes.

Louisiane Doré
 



  Commentaires (19)
1Ecrit par Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir , le 03-02-2010 13:00

Bravo merci à vous monsieur qui vous occupez de ce site. Parler de l'excision on ne le fera jamais assez. Une amie m'a dit de venir sur ce site... Chapeau bas... 
Il faudrait que les médias s'y intéressent mais... Ils ne pensent qu'aux gros sous... La douleur et le massacre que l'on fait subir a ces petites filles est notre problème à tous. Où peut on trouver le disque de Claude Michel ? Quand au livre il semble lui aussi très parlant. Je vais me le procurer. Merci pour ce site que je découvre aujourd'hui.

2Les médias et l'excision
Ecrit par Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir website, le 04-02-2010 08:32

J'ai humblement, en tant qu'animateur radio avoir consacré plusieurs émissions traitant de l'excision, dont deux avec Louisiane. 
http://edc.stardist.org/edc/php/rec_show_h.php?type=T&date=2009-10-01&base_dir=/edc/part/carton_jc/idfm&sub_dir=tleep&serveur=cjc&rec_dir=idFM/tleep&f_mp3=date

3L'excision
Ecrit par Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir , le 04-02-2010 13:51

Cette barbarie se passe en France. Réagissons contre ces crimes chez nous afin de pouvoir les faire disparaitre partout dans le monde. Merci à tous ceux qui se battent contre cette monstruosité qui meurtrit les enfants.

4Ecrit par Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir , le 06-02-2010 14:06

l'excision est malheureusement la résultante du cercle vicieux de 3 choses vécu en l'homme 
(non-apaisement/frustration/souffrance.L'opposé du cercle vicieux est le cercle vertueux de 3 choses qui sont:satisfaction/désir/plaisir) & de l'incorporation d'une non-remise en cause du diktat issu de la frustration masculine par la femme (ce qui génère la domestication/résignation/contrariété à cette logique, car non-contesté), qui devient pour elle sa constitution de normalité identitaire (existence auquel elle s'identifie dans leur amour-propre) de la FEMME VERTUEUSEMENT DÉSIRABLE

5L'excision
Ecrit par Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir , le 06-02-2010 14:03

Katoucha, j'ai lu votre livre il y a plusieurs années, je suis de ces petites filles touchées et blessées à tout jamais dans leur chair la plus intime.  
Votre livre m'a permis d'oser en parler à d'autres femmes, qui dans la majorité m'ont répondu : moi aussi. 
Bien sûr, que pour certains c'est le problème de l'autre, et c'est pour cela que nous nous devons de dire Non. 
Merci à vous.

6Ecrit par DOMINIQUE BRANIER website, le 07-02-2010 17:03

C’est en 1981 que je lis "La parole aux négresses", étude et témoignage de Thiam Awa. 
Pour la première fois, j’aborde l’horreur de la mutilation génitale que l’on fait subir aux jeunes filles (excision mais aussi infibulation et autres trouvailles, héritage d’une tradition millénaire). 
Après cette lecture, je me retrouvai en colère, pris d’une intarissable haine à l’endroit de ces hommes et de ces femmes qui, au péril de la vie de leur progéniture, n’hésitent pas à ôter une partie de ce qui fait la quintessence de la femme. 
Tout comme après avoir vu « Nuit et brouillard », je me sentais prêt à en découdre avec tous les tortionnaires, tous les barbares. 
Et qu’on ne me parle pas du respect de la culture d’autrui. 
Ou alors acceptons les pogroms, le lynchage, les lois raciales, les massacres ethniques comme données intrinsèques de cultures que nous devons nous garder de juger. 
L’excision représente l’expression la plus abjecte, la plus radicale de la négation de l’autre. 
Elle incarne la triomphe de l’ignorance, de la barbarie sous les oripeaux d’une tradition séculaire. 
Plus qu’un assassin qui ôte la vie, l’exciseur ou l’exciseuse détruit l’être et crée un fantôme traversant sa propre existence comme une ombre sans corps. 
Qui peut justifier un tel crime ? 
DOMINIQUE BRANIER

7Ecrit par Martine Sarri, le 08-02-2010 11:42

Témoignage d’une jeune fille Massaï Samburu par Martine Sarri 
-Martine Sarri : chez nous le mariage est le plus beau jour de la vie d’une jeune fille ! Chez les Maasaï j’ai vu la mariée pleurer trois jours avant la cérémonie ? A cause de l’excision ? Tu savais comment ça se passait ? 
-N : Oui et j’avais peur, on en parle entre filles, Mon père et ma mère m’ont dit qu’un homme me voulait que j’allais être excisée, c’est tout. 
-M.S : Tu n’as pas essayé de dire non ? 
-N : J’ai essayé mais ils m’ont dit : « tu dois être coupée c’est la tradition tu n’as rien à dire » 
Quand le moment est arrivé, ça s’est passé dans la case, on m’a adossée à un pieu, assise sur une peau, les jambes repliées. Une femme derrière moi a immobilisé mes bras et mon torse, une autre a tenu ma jambe droite, une autre encore ma jambe gauche pour que je ne bouge pas. L’exciseuse a approché sa main de mon ventre a fouillé entre mes jambes, saisissant ce qui nous sert à nous amuser, à taillé par trois fois et j’ai hurlé ! 
Ma mère a mis sa main sur ma bouche. Tais-toi, tout le village va se moquer de toi et ton mari ne sera pas content ! 
-N : Je ne pouvais même pas me débattre ! Je n’écoutais plus, mes dents étaient serrées, la douleur m’enveloppait, me possédait, tout mon être se mobilisait contre elle, mais elle était là, elle durait, s’incrustait. Un liquide chaud, écarlate, s’écoulait sur mes jambes, tout était rouge, je m’enfonçais dans le sol avec le mal. L’exciseuse a badigeonné mes plaies avec de la graisse pour stopper le sang. Mais le flot ne s’arrêtait pas et la douleur était devenue moi tout entière! …..On a dit que j’avais failli m’endormir  
-M.S : Comment t’endormir? 
-N: On ne dit pas mourir chez nous, on dit s’endormir. Les Maasaï pensent que tous les êtres vivants sont de passage sur terre et vivent une autre vie ensuite. Je suis restée allongée trois jours. On m’apporta à boire du lait et du sang pour me fortifier. Je restais là, essayant de ne pas penser. Je n’osais pas bouger et je buvais le moins possible pour ne pas uriner car ça réveillait la douleur. 
Le troisième jour commencèrent les préparatifs de la cérémonie et les femmes me préparèrent pour le mariage…

8J'ai honte d'être un être humain.
Ecrit par Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir , le 10-02-2010 19:26

J'ai peine à y croire en 2010, on continue à faire de l'excision. Où est l'état, où sont les droits de l'homme, comme toujours rien n'est fait pour les minorités et pour les pauvres. Les grandes nations qui se vantent d'appliquer les droits de l'homme ça ne les intéresse pas qu’une petit fille innocente, africaine née dans un petit village soit massacrée, mutilée ou violée, ce qui les intéresse c'est la richesse de ce continent qu'elles se partagent avec des dictateurs qu'elles soutiennent, et qu'elle laissent toujours au pouvoir pour préserver leurs intérêts et continuer à piller et à manger sans se rassasier la nourriture des pauvres citoyens africains. J'ai honte d'être un être humain.

9Drame
Ecrit par Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir , le 15-02-2010 22:59

Tarik, êtes-vous encore au pays des bisounours ? Croyez-vous que les dieux ont une baguette magique ? 
Vous avez peine à y croire, moi pas. 
Plutôt qu'avoir honte, soyez de ceux qui soutiennent partout dans le monde la cause des enfants.  
Merci

10Ethique et déontologie
Ecrit par Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir website, le 15-02-2010 17:09

Bonjour, 
Il n'est pas souhaitable, pour respecter la gravité de cette mutilation, que des réponses soient superficielles. 
Le sujet est d'une gravité telle que des personnes s'exposent à des menaces pour leur prise de position. 
Alors soyons intellectuellement à la hauteur de cette gravité. 
En tant que modérateur du site, je n'hésiterai pas à ne pas diffuser des messages inconvenants. 
Salut et fraternité 
Gérard Gorsse

11Ecrit par Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir , le 28-02-2010 10:39

Il m'a fallu du temps pour regarder l'intégralité du sujet. 
Les témoignages sont trop forts pour être encaissés tous ensemble. 
Quel courage ressort de ce que j'ai vu et entendu ...  
Bien sûr, j'avais connaissance de ce drame, mais c'est tellement facile de ne pas se sentir concerné ! 
Bravo à vous les audacieuses, je suis de tout coeur avec vous, votre combat est beau, comme l'est la femme accomplie, intégrale et indispensable. 
L'horreur est partout, avec nos pauvres talents, combattons-là, de nos mots, de nos notes et de toute notre force. 
Musicalement 
Didier Astre

12Ecrit par Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir website, le 03-03-2010 19:43

Juste pour vous dire, Gérard, que je relaie votre page, et surtout le cri d'horreur de toutes les femmes qui subissent l'excision et ses conséquences, sur autant de site où il m'est permis d'en parler. 
Bien à vous.

13élue
Ecrit par Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir website, le 20-03-2010 17:33

Louisiane que dire si ce n'est continue cette lutte car nous somme avec toi une rebelle + deux rebelles = trois rebelles il étais une fois un ange posée parmi nous KATOUCHA ne brisons pas la chaîne . 
la mutulation sexuelle plus jamais nous ne laisserons faire à nos petites soeurs, nos filles,et nos petites filles . à la "voix d'ange K "repose en paix .

14Contre la circoncision des enfants
Ecrit par Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir website, le 29-03-2010 21:30

Le nouveau journal de l'AME est en ligne: 
http://enfant.ovh.org/

15shomo emurata ! va-t-en excision!
Ecrit par Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir website, le 01-09-2010 09:34

Bonjour Louisiane et bonjour Gérard...l'osotua de cette grande chaîne d'amitié que représente ce site. "Osotua" en Maa la langue des maasaï signifie "cordon ombilical", c.à d. l'amitié qui lie toutes les personnes que Gérard rassemble depuis des années sur son site. Merci d'avoir pris fait et cause pour un combat que je mène depuis 2005 et que d'autres mènent depuis plus longtemps que moi. 2005 a été le déclic pour la féministe que je suis et qui s'est trouvée confrontée à ce rite! comment une telle abomination pouvait perdurer jusqu'à ce troisième millénaire et ne soulever que de tièdes sursauts dans un pays qui se réclame des droits de l'homme...pardon...on ne parle pas du droit des femmes ! à force de nous expliquer que c'est "compris" dans la définition...on a complètement oublié que les femmes étaient la moitié de l'humanité et que ces droits de l'homme, acquis à la révolution de 1789, étaient aussi les droits des femmes! Hélas comme disait Louise Michel 
"Si l'égalité des sexes était reconnue ce serait une formidable brèche dans la bêtise humaine!" ...la bêtise se porte bien et reste entière. enfin, la France est tout de même le seul pays qui a fait une vingtaine de procès contre les exciseuses.Je voulais simplement vous dire que en septembre à la fête de l'humanité nous serons au stand de femmes solidaires, mon association "AILES DE SILIGI" et moi et que nous pourrons discuter ensemble de l'excision et des moyens que nous avons pour combattre cette mutilation. Nous serons heureuses de vous rencontrer .En Octobre la vice présidente Maasaï de l'association Grâce Mesopirr fera une table ronde sur l'excision au Kenya lors des rencontres des peuples indigènes au Cannet des Maures du 30 septembre au 4 octobre et en Novembre le 19, la présidente de notre association relais au Kenya "SILIGI EL MAA Pauline Lenguris et moi même participerons aux tables rondes organisées par SANTE SUD à Marseille sur l'excision et les violences faites aux femmes. 
Si tous le monde s'y met on va arriver à stopper, excisions, mariages forcés, viols, lapidations et autres horreurs infligées aux femmes dans cette société patriarcale, pour la simple raison qu'elles sont nées femmes. Courage toutes et tous, ensemble, nous y arriverons! "yes we can!....

16Une minute de ma vie
Ecrit par Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir website, le 02-09-2010 10:20

UNE MINUTE DE MA VIE… 
 
Un jour pareil aux autres se lève sur la savane environnante. Il n'est que 5h30', mais déjà, tout le village vit dans l'attente de l'événement. 
Pour moi, âgée maintenant de quinze ans, ce ne sera pas un jour ordinaire, ce sera l'un des plus importants de ma vie. 
Ma famille a décidé qu'il était venu le temps de quitter l'enfance, de devenir une jeune fille prête au mariage. Qui sait, peut-être viendra-t-il demain, celui qui demandera ma main ? 
Pour être une femme Samburu, je dois obligatoirement subir l'excision. Personne ne voudra m'épouser si je ne me soumets pas à ce rite, si je me refuse à cette cruauté, à ces heures de souffrances dont m'ont déjà parlé les anciennes de la famille. 
Hier soir, je me suis fait raser la tète et enduire de couleur rouge, obtenue d'un mélange de graisse de vache et d'argile rouge. Je n'ai pas dormi, en pensant à la cérémonie dont je serai bien malgré moi la vedette, en écoutant les anecdotes du temps passé. 
Les premières lueurs du levant s'annoncent, l'exciseuse a fait son entrée dans la case, toute souriante, l'arme du crime à la main. Je ne me plaindrai pas, la lame de rasoir est neuve, encore propre et bien coupante. 
L'angoisse me saisit, je me mets à trembler de tous mes membres. Dans un éclair, je revois mes compagnes, excisées avant moi, les yeux dilatés par la douleur, tout leur être révolté sous cette mutilation définitive. 
Mais je dois cacher ma peur, ma mère est la, à m'observer, prête à toute remontrance et à me rappeler le bon comportement pour la circonstance...pas un cri, pas un pleur, pas un mouvement... 
Soudain, tout se précipite, on me pousse en dehors de la hutte, il fait encore froid, il n'y a pas que l'angoisse qui me fasse trembler. 
Une peau de vache est déposée en hâte à l'entrée et, perdue dans ma peur, j'entends les voix qui m'enjoignent de retirer ma robe, d'exposer ma nudité de jeune fille. 
Je m'exécute, mais je ne vois plus rien autour de moi ; je dois me concentrer sur le refus de la douleur. 
Il fait plus froid encore, on vient de m'asperger d'un mélange de lait et d'eau. Trois femmes m'obligent à m'asseoir, deux m'écartent les jambes avec force, une me maintient le dos. 
Je vois la lame, les doigts de l'exciseuse qui cherche dans mon intimité les points les plus sensibles, tout ce qui aurait pu faire de moi une femme à part entière. 
Ensuite, je ne sais plus....Une douleur si vive, si intense, répétée par trois fois m'a déchirée...mais je n'ai pas crié, je n'ai pas bougé ...j'ai plissé les yeux, j'ai serré les dents autant que possible. 
Quand je rouvre les yeux, je suis assise dans une mare de sang, qui s'agrandit ; le sang coule toujours, mais l'opération semble satisfaire l'assistance et, pour panser mes plaies, on y applique sans la moindre délicatesse, de la graisse de vache. 
Je dois me relever, retourner sur ma couche préparée spécialement à cet effet et me reposer. Une plainte m'échappe, je n'en peux plus. Ma mère me rappelle vite à l'ordre, ce serait honteux qu'un homme de passage m'entende gémir. 
On me laissera seule avec ma peine, mon corps détruit à jamais, jusqu'à l'heure où je serai forcée de boire le mélange de sang et de lait, préparé pour moi, afin de reprendre des forces. 
Je suis enfin une femme, je suis désormais prête à être vendue à l'homme qui pourra payer le nombre de têtes de bétail exigées par mon père. 
De par l'excision, je suis mure, je suis propre, je suis enfin à même de donner naissance à des enfants sains qui feront la fierté de mon mari et de sa famille. 
 
ECRIT PAR lailasamburu

17Quitter l'enfance !...
Ecrit par Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir , le 18-09-2010 18:10

Pour ce témoignage. Merci.  
Ce n'est pas facile pour une femme d'aller à la rencontre "de" moments si douloureux... Au fond d'elle même. Cela ne laisse pas intacte, de ramener à la surface ces souvenirs tant physiques que psychiques. 
Ce témoignage va au-delà de ce que l'imaginaire peut mettre en évidence. 
Merci d'avoir eu ce courage. 
Franciska

18Une minute ?
Ecrit par Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir , le 23-09-2010 11:47

Quel témoignage ! Parler de la barbarie est une chose, mais trouver les mots si précis et, paradoxalement, si "beaux", est formidable ! La "minute" qui dure toute la vie, quelle force. Bravo pour votre courage et , bien évidemment, je suis de tous ceux qui avec leurs maigres moyens, soutiennent votre combat. Cela malheureusement ne changera rien à votre douleur, mais si nous pouvons faire en sorte que la sauvagerie recule, ce sera toujours quelque chose ...

19Un travail qui a du merite
Ecrit par Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir , le 09-10-2010 11:10

Chère Louisiane, 
(':)')je tenais a vous remercier de cet ouvrage pleins de vérités et de réalités, que vous nous offrez à moi et au monde, merci de nous parler de ce sujet si délicat et si dur a la fois; tant de jeunes filles en ont souffert. Je ne me souviens pas avoir entendu parler d'un autre ouvrage qui parle de l'excision avec une telle poigne.(':cry') 
Vous aurez grâce à ce livre sûrement aidé bon nombre de femmes ou de jeunes filles à parler et peu être à dire non à une éventuelle future excision. Je ne suis pas directement concerné par ce sujet ni même un membre de ma famille , mais cette pratique pour moi barbare me révolte!!!! alors merci d'en avoir parlé ainsi et bonne continuation a vous!! Écrivez nous ENCORE!!!!!!!! :) :)

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