Mon ami Léo m'a conseillée d'aller sur le site "Chanson Rebelle" car il y avait là une chanson sur l'excision.
Ce fut pour moi non seulement une découverte, mais aussi une ouverture vers de grandes rencontres...
J'ai découvert Gérard Gorsse, créateur du site "Chanson Rebelle" quelle personnalité!!! Créateur bénévole, dévoué et plein d'humanité, à qui je ne dirais jamais assez merci pour la somme de travail qu'il fournit et son implication personnelle pour que tout fonctionne bien.
J’ai entendu sur "Chanson Rebelle" la voix de Claude Michel. Cette voix, qui me rappelle celle d'Édith Piaf, ne m'a pas laissée indifférente
C'est avec ses tripes qu'elle prend position, donne sa place au clitoris et crie la douleur des femmes excisées.
Ce fut là ma première rencontre avec "Chanson Rebelle"
Par ce biais … J'ai encore l'opportunité de parler de l'excision.
C'est un problème culturel qui nous regarde.
Pour certains c'est le problème de "l'autre" NON c'est le problème de tous. Et c’est tout le travail que fait aussi Martine Sarri pour sensibiliser chacun, informer et permettre un jour que les femmes soient libres de leur corps.
J'ai voulu pour ce livre "Le drame de l'excision" dont je suis l'auteur, un visuel qui parle à tous. Un visuel qui montre ce que certains ne veulent pas voir.
J'ai voulu choquer l'opinion dans l'espoir d'éveiller les consciences.
Il s'agit aujourd'hui de se saisir du problème.
"Enlever le clitoris c'est mutiler le sexe féminin".
Dans le dictionnaire de la langue française on trouve le mot clitoris :
"Petit organe érectile de la vulve".
En ce qui concerne le mot vulve dans ce même dictionnaire, il est écrit.
Vulve : "Ensemble des organes génitaux externes de la femme".
Si le clitoris de la femme est enlevé c'est une partie de son organe génital que l'on enlève. Ainsi, par comparaison à l'homme cela reviendrait à lui enlever une partie de son pénis, chose qu'aucun homme ne souhaiterait.
Vous avez dit rebelle, oui « Rebelle » je le suis quant au respect de la totale intégrité du sexe de la femme, car 60 000 fillettes de nos jours sont excisées en France, et 130 millions dans le monde. Mettons un terme définitif au non-respect de l'intégrité du corps de la petite fille.
"Non à l'excision"
Tiken Jah Fakoly
Éditions Courcelles Publishing
"L'excision" Claude Michel
Avec l'aimable autorisation de l'auteur
"L'éminent Docteur Pierre Foldés urologue que j'ai nommé : "Le styliste de l'intimité de la femme" écrit en avant-propos de mon livre "Le drame de l'excision" paru aux éditions Courcelles :"
Louisiane DORE-MILOCH
"L’excision rituelle, ce crime contre la femme, est bien longtemps restée dans l’ombre du non-dit et du silence coupable.
Depuis des siècles, des femmes jeunes on subi cette agression programmée, au prétexte d’une tradition multiforme.
Au cours de ces deux dernières décennies, le monde des femmes a commencé à réagir et à se rebeller.
Ce furent d’abord des femmes Africaines, qui les premières, mirent en question ce legs coutumier.
Puis vinrent dans les pays d’émigration les premières mises en examen d’exciseuses et de parents, à la suite de décès.
En France, les procès de Bobigny inaugurèrent la prise de conscience et aboutirent à l’interdiction de ces pratiques.
Pendant ce temps, les médecins sur le terrain africain furent interpellés par des femmes victimes de mutilations.
Les premières demandes portèrent sur la douleur de la blessure et la prise en charge des séquelles obstétricales.
C’est de ces contacts et de ces premières revendications qu’est née l’idée d’une chirurgie réparatrice.
Depuis, les recherches et la technique ont permis de proposer une issue thérapeutique à ces mutilations qu’on croyait irréversibles.
A ce jour, nous possédons un arsenal chirurgical qui permet d’envisager le traitement de tout type de mutilation et de leurs conséquences.
La France reconnait maintenant cette pathologie et la chirurgie est couverte par l’assurance-maladie.
D’autres pays suivent notre exemple et vont bientôt permettre et financer ces procédures.
Mais, bien plus que la possibilité d’un traitement, la médecine a pu surtout depuis dix ans étudier la réalité des mutilations sexuelles féminines.
Les conséquences de l’excision rituelle sont maintenant beaucoup mieux connues, tant sur l’obstétrique que la fonction sexuelle.
Des milliers de consultations et d’entretiens en « dialogue singulier » ont démontré l’impact réel sur la santé de la femme.
Les mutilations sexuelles féminines révèlent ainsi leur brutale réalité destructrice qui touche tous les aspects, moraux, mentaux ou physiques de la personnalité féminine.
Bien plus que la parole médicale, c’est le témoignage actif et militant de toute ces consultantes qui frappe.
Aucune ne fera exciser sa fille.
Il est donc de toute première importance de porter témoignage et de relayer la parole de ces femmes.
On doit parler de ces pratiques et montrer leur réalité.
C’est tout l’intérêt de l’ouvrage de Louisiane Dore-Miloch, qui servira activement cette cause."
Docteur Pierre Foldes
Pour Katoucha
(Martine SARRI, 29 février 2008)
Ne croyez pas ce qu’ils diront,
Elle voulait stopper l’excision
Ses yeux étaient rieurs et bons
Ne croyez pas ce qu’ils diront
Ils l’ont tué pour bâillonner
L’espoir, que ses mots apportaient
D’une société enfin sans haine
D’une société enfin humaine
A toutes ses soeurs mutilées
"SHOMO E-MURATA"
Femme de coeur et mère dévouée, Katoucha défile en Smalto pour l’association de la princesse Kata Mari pour venir en aide aux enfants burundais.
Dans cette même lancée, elle crée sa propre association : KPLCE (Katoucha pour la lutte contre l’excision, pour dire non à cette mutilation et soutenir les victimes.
Elle est portée disparue dans la nuit du 1er au 2 février 2008, alors qu'elle rejoint son domicile, une péniche amarrée en bord de Seine à Paris. Le 28 février, son corps a été découvert dans la Seine à Boulogne-Billancourt, à environ cinq kilomètres de sa péniche, à la hauteur du pont du Garigliano. Les enquêteurs ont conclu à une mort accidentelle. Mais sa famille a déposé une plainte pour meurtre.
Voici le témoignage de Katoucha lors d'une interview où elle concluait :
"Je veux plus de petites filles qui pleurent pour ça"
Pourquoi des êtres humains se rejoignent, comme Louisiane Dore-Miloch originaire de la Martinique, Claude Michel, chanteuse féministe bretonne qui ne se tait pas et chante avec conviction et impertinence et Martine Sarri, chanteuse engagée qui balance entre révolte contre l'intolérance et passion pout l'Afrique, et moi-même chanteur libertaire ?
D'abord par une passion pour l'Afrique, et puis cette colère contre une pratique rituelle qui mutile tant de fillettes afin qu'elles n'aient pas de jouissance sexuelle à l'âge de devenir femmes, pour qu'elles soient à la merci de leurs maris, qui souvent eux, sont polygames : je parle là de l'excision. Procréer ou avoir des rapports sexuels sans jouissance, cette blessure n'est pas que mutilation physique, mais aussi un traumatisme psychologique et affectif irréversible pour ces femmes devenues des objets sexuels.
Louisiane présente l'excision avec beaucoup de réalisme, tant par les mots que par les images qu'elle présente dans son livre, pas pour nous choquer, non mais pour que nous puissions être au plus prêt de ce que subissent ces fillettes. Elle aborde le sujet sous des aspects divers pour mieux nous dire, médico-physiologiques, Psycho-affectifs, historiques et socio-ethnologiques. Ces différentes lectures nous permettent de mieux appréhender ce qu'est cette mutilation.
Merci Louisiane de nous ouvrir les yeux sur ce traumatisme que nous ne connaissions pas assez, notre regard n'en sera que plus différent.
Je mêle donc ma voix à celles de Louisiane, Claude et Martine et de celles qui témoignent pour dire "NON" à l'excision.
Gérard Gorsse, Février 2010
Annexe
Autre témoignage, celui d'Inna Bocoum, mannequin et chanteuse qui nous confie le drame de l’excision dont elle a été victime, et contre lequel elle se bat aujourd’hui pour éviter que d'autres petites filles soient victimes de mutilations génitales.
Un dernier témoignage, celui de Diaryatou Bah, guinéenne, qui a subi une excision à 8 ans. Elle nous éclaire sur la signification de l’excision dans la culture africaine. Aujourd’hui elle se bat contre la tradition de cette mutilation. (Interview de Trixie de Geffrier)
Et pour terminer un vidéorama de synthèse
Réalisation Gérard Gorsse
Conférence-débat du 23 mars 2010
Docteur Pierre Foldes
Louisiane Doré
Docteur Gérard Zwang
interviewé par Jean Claude Uzan
Avec Jean-Claude Santier
journaliste
Le public
Avec Jean Atias, éditeur
Crédit Photos : Jean-Claude Santier
"Un homme a souhaité qu'ait lieu cette conférence-débat. Pour lui ce combat contre l'excision n'est pas vain. Il a porté sa pierre à l'édifice, et participe ainsi avec tant d'autres, à ce qu'un jour le corps de la femme soit respecté dans son ensemble.
Merci à Monsieur Patrick Bloche député Maire,et à toute la municipalité du 11ème arrondissement de Paris.
Un merci particulier à Sophie Quéran et à toute son équipe, pour la bonne marche de ce débat-conférence.
Merci : à Gérard Gorsse qui au travers de "Chanson Rebelle a permis de diffuser l'information.
Les célèbres docteurs Pierre Foldès et Gérard Zwang qui ont tenu en haleine le public.
Isabelle Gillette Fayé la directrice du GAMS (groupe pour l'abolition des mutilations sexuelles) a tenu à honorer de sa présence cette rencontre et nous a rappelé le fonctionnement de son association. (1)
Merci aussi à Diaratou Bah pour son témoignage.
"Le drame de l'excision", malgré les grêves de ce 23 mars, à été pour toutes les personnes présentes dans la salle d'une préoccupation majeure.
Ceci signifiant : que le combat doit continuer.
Je remercie personnellement chacune des personnes présentes dans la salle ce soir-là ainsi que toutes celles m'ayant appelée pour me dire qu'elles étaient bloquées dans les transports.
Par la force et la volonté de tous, hommes et femmes, de vouloir défendre l'intimité de la femme, la soirée fut d'un succès total
Encore un grand merci à tous ceux qui de loin me soutiennent."
(1) Isabelle GILLETTE-FAYE, Sociologue est directrice de la Fédération Nationale GAMS (Abolition des Mutilations Sexuelles Féminines et des Mariages Forcés)
La Fédération Nationale GAMS est partenaire d'Amnesty International Irlande, pour la Campagne Européenne Fin aux Mutilations Sexuelles Féminines. Pour tout renseignement complémentaire, consultez : http://www.endfgm.eu
La Fédération Nationale GAMS est membre du Collectif des 24 associations, labellisées Grande Cause Nationale 2010 contre les violences faites aux femmes.