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LEONARD COHEN aux arènes de Nîmes
 
 
Par Gilles Poulou
 
Cohen_Nimes1.jpg
Dessin Gilles Poulou
 
Le 20 août 09
                          

 « There is a crack in everything, that’s how the light gets in »
 
 (Il  y a une fissure en toute chose, c’est par là qu’entre la lumière)
 
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Photo Gilles Poulou

Jeudi soir, 20 août, dans le cadre féérique des arènes du vieux Nîmes, un jeune homme de soixante-quinze ans a enchanté les six mille spectateurs présents dans les gradins.

La chaleur étouffante de la journée s’estompait peu à peu lorsque Léonard Cohen, accompagné de ses six musiciens et de ses trois choristes a pénétré sur la vaste scène, peu après vingt heures.

« Tonight will be fine »… La nuit n’était pas encore tombée lorsqu’il entonna « Dance me to the end of love ».

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Photo Gilles Poulou 

Loin des modes et au delà des styles, sans pose aucune et dans une majestueuse simplicité, loin des  shows et des effets pyrotechniques, la voix grave (encore plus basse que jadis) fait mouche et touche au cœur.

On retrouve avec nostalgie « Bird on the wire » dont Cohen fait l’intro en français : « Comme l’oiseau sur la branche / Comme l’ivrogne dans la chorale de minuit / J’ai tenté d’être libre à ma façon ».

Cohen est révérencieux. Envers le public et devant ses musiciens –grandes pointures !), l’homme au chapeau retire son couvre-chef maintes fois en signe de respect.

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Photo Christine Berg 

Javier Mas virtuose du luth (ainsi que des mandoline/guitare 12 cordes)  nous gratifie d’une superbe et longue intro sur le petit bijou qu’est « Who by fire », donnant à la chanson une autre dimension que la version studio.

Les trois choristes sont lumineuses. Sharon Robinson chante seule « Boogie street » alors que les Webb Sisters donnent leur interprétation de « If it be your will », introduite par le maître qui en récite les premiers vers. Frisson garanti !

Le public est debout pour « The partisan »  que Cohen réserve au public français.

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Photo Gilles Poulou 

Cette belle communion est encore plus palpable lorsque la nuit avance.

 « Take this walz » (d’après Lorca) embue les yeux tandis que l’ironie de « Everybody knows » laisse un goût amer. (« Tout le monde sait que les dés sont pipés / Tout le monde roule en croisant les doigts / Tout le monde sait que la guerre est finie / Tout le monde sait que les braves types sont perdus / Tout le monde sait que le combat était arrangé / Les pauvres restent pauvres, les riches deviennent riches / Ça se passe comme ça / Tout le monde le sait. ») *

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 Photo Christine Berg 

Graeme Allwright a adapté, autrefois, avec talent, les chansons de Léonard .

Cohen disait lui-même que les adaptations, en français, de Graeme avaient rendu ses chansons plus « présentables » à ses propres yeux.

Le néo-zélandais, quant à lui écrivait alors : « J’espère que nous nous retrouverons un jour sur une route plus ensoleillée ».

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Photo Gilles Poulou 

Et justement ,le poète semblant jadis dépressif ou triste apparaît plus apaisé avec le temps, souriant, esquissant quelques pas de danse, se retirant dans l’ombre afin de mettre en valeur les superbes solos de ses musiciens.

En rappel, après une « standing ovation » et un « So long Marianne » repris en chœur (cœur ?) par le public, il nous gratifie d’un « Famous blue raincoat » inattendu.

Dans la nuit nîmoise les musiciens, choristes et techniciens entonnent a cappella « Whiter thou goest ».

Un dernier mot de l’enchanteur à son public :

« Il y a longtemps que je t’aime, jamais je ne t’oublierai. »

Chapeau bas  Mister Cohen !

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Photo Gilles Poulou 
 
* "Tout le monde le sait" Adaptation de Graeme Allwright

 Gilles Poulou, Août 2009
 


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