HOMMAGE,
J'ai devant moi cet homme, étrangement enveloppant. Ce passionné que l'on m'avait décrit.
La cinquantaine bien sonnée, le cheveu grisonnant, épais et dense. Une barbe à en faire pâlir Hugo.
Des lunettes simples et rondes.
Il vous attire avait-on rajouté. Il vous attire à la fois par ce
regard sans concession qu'il vous porte et une voix chaude qu'il ne se
prive pas de vous faire entendre dès qu'on a le malheur de lui laisser
la parole.
Je voulais me rendre compte. Savoir qui était cet homme que
j'imaginais sur son fauteuil le dos courbé, absorbé par un clavier
d'ordinateur.
Voir la tête de celui qui était derrière chansonrebelle.free.fr
Je l'ai vu, je l'ai entendu. Nous avons partagé. Maintenant, je sais.
Ce pas tout à fait anarchiste mais libertaire convaincu qui a
entrepris depuis notre vraie connaissance de me faire mieux connaître
Léo Ferré.
Le hasard fait parfois bien les choses. Il y a peu, je venais de
regarder un reportage consacré à Ferré, hélas seulement la dernière
partie. J'y avais découvert un homme à la chevelure hirsute et blanche.
Il parlait. Il parlait de Popaul, de Pépée, de ses potes. On le voyait
au piano ou faisant semblant de diriger un grand orchestre. Il
souriait. J'espérais entendre en fond sonore « C'est extra »
mais non. A la presque fin de ce reportage Léo a chanté une chanson que
je ne connaissais pas « Mes vieux copains » si lourde de sens
que j'ai compris à ce moment que je ne devais pas jusqu'à lors
l'écouter vraiment. Et puis sa compagne est venue lui mettre une veste
sur les épaules. Il l'a remerciée du regard.
Vieux soldat, je ne pense pas être comme Léo, anarchiste, trop ancré
que j'étais dans mon éducation pauvre d'argent. Endoctriné de cette
religion catholique que m'imposa dès l'enfance une famille dépendante
de sa foi même si quand même elle était, riche d'amour.
Plus tard, bien plus tard, je me suis découvert libertaire moi aussi.
« Peut-être devons nous mériter nos rencontres » ominique Lacout
Et puis il y a les autres. Peut-être moins anar mais tout aussi
révolté que Léo. Boris Vian, Jean-Roger Caussimon, Félix Leclerc ne
font pas partie des moins connus.
« De Bruant à Ferré » Gérard Gorsse
La bohème, les chansons d'expression française.
Le chant, la musique, l'amour des mots. Les mots vrais, les émotions présentes. Une passion. Au fur et à mesure.
« Nous savons nous, sa tiédeur sensuelle, parfumée et troublante » (parlant des mélancolies troublantes) Dominique Lacout
Plus j'avance dans cette découverte plus m'apparaît cette envie
d'aller au-delà des choses. Absorber à ne plus me contenir. Et pourquoi
pas avoir de temps en temps les yeux qui brillent d'une poussière que
j'aurais reçu dans l'oil.
« Quand tu ne rêves plus t'es un peu mort » Jean Martin
La situation dans laquelle se trouvent les poètes aujourd'hui n'est
pas meilleure que celle d'hier. Ils sont à mon avis, et ce quoiqu'ils
en disent ou en pensent eux-mêmes, des révoltés ou des rebelles. Le
débat reste largement ouvert sur le sens que chacun donnent à ces mots
sans qui, les plus beaux textes, les plus belles chansons, nous ne
pourrions exister. Ils nous permettent de combattre toute forme
d'injustice. Ils nous permettent de combattre toute forme
d'intolérance. Ils nous permettent de faire partager notre philosophie
de la vie. Ils nous permettent de dire aux mal comprenant (mot inventé
par Coluche) qu'il y a autre chose que star academy ou ces talk shows
dans lesquels les moutons de ce grand troupeau qu'est notre société
actuelle viennent pleurer sur leur sort, plutôt que de combattre.
Oui ! Tous ces poètes me remuent la conscience bon dieu !
Certes de révoltes légitimes, les miennes. La faute peut-être à ma
solitude d'avant. Je suppose que moi aussi à un moment de ma vie j'ai
du mettre des cerises sur mon chapeau.
Notre frangin Gérard a un projet d'envergure pour les Jean
Martin, Fred Alpi, Annie Nobel et autres frangins et frangines abrités
sur son site. Naturellement sans lui demander son avis j'ai décidé que
je serais son associé dans ce projet. Ces choses là doivent mûrir alors
laissons le temps au temps. Gérard a la gentillesse de me faire
parvenir la correspondance qu'il a établie avec tous ces artistes et
entre nous je me régale de ce partage.
Je m'étais dis qu'un jour, la tribune libre de : Chanson Rebelle
aurait certainement droit à une de mes visites. Mais cette fois-ci
point de rébellions ou de révoltes. Il s'agit je crois, de ce que l'on
a coutume d'appeler un Hommage.
Frangins ! Frangines !! Redécouvrez ce que vous avez sans
doute oublié. Allez écouter ces chanteurs, ces poètes, ces crieurs de
vérités. Vous en reviendrez heureux.
Voilà, c'est fait. J'ai dis ce que j'avais à dire.
Allez Je prends ma guitare je joue « Chanson pour
l'auvergnat » et puis d'autres, quels rapports ?
Pleins !!!
Christian Rat