«LA CHASSE AUX CHANSONS»…
L’Histoire partout s’y est inscrite par les hommes et femmes qui au
fil des temps, l’ont fréquentée, l’ont façonnée, ont ouvert boutiques
et autres éventaires, fait rouler carrosse et autres véhicules
empuantissant. Les dames de petite vertu boutées hors les maisons
closes y ont établi leurs quartiers. La misère lui a donné une certaine
noblesse, une grandeur certaine.
Les artistes en ont également pris possession. Pour mieux en capter
toutes les couleurs, lui porter témoignage les peintres l’ont hantée.
Les chanteurs, accordéonistes et tour-neurs de manivelles sont venus
sur les trottoirs égrener les refrains des chansons popu-laires pour le
bonheur d’un public partageant avec eux une parcelle d’un bonheur
toujours fragile, à conquérir.
Jacques PREVERT, avec poésie, lui a rendu hommage, Edith PIAF,
Francis LEMARQUE, Jérôme SAVARY … et tant d’autres y ont débuté leurs
carrières…
Dans un monde d’intolérance qui se lisse, où l’individu devient, et
pas seulement dans le spectacle, un intermittent à durée indéterminé,
la rue et ses richesses ne pouvaient pas rester en dehors des attaques
qui partout sont portées à ce qui reste d’espaces de liberté et
d’expression.
Après une avocate, Valérie FAURE, qui en terres charentaises a été
sanctionnée par ses pairs pour avoir voulu «jouer des anches» en
accompagnant son mari de chanteur, c’est cette fois un chanteur,
Laurent ZUNINO qui est emmené «manu militari» par la force publique
venue en nombre le quérir, tel un malfrat de haute volée.
Son crime, odieux il faut le dire, lui a valu d’être condamné par le
Tribunal de Police de Paris à 163 euros d’amende. Cela aux motifs qu’il
avait fait acte «de cris et vociféra-tions »… ce qui est au moins faire
insulte à son talent, reconnu.
Il faut dire que la scène se passait dans le 16° arrondissement de
Paris où l’on aime par dessus tout, le silence et surtout celui fait
sur les affaires.
Monsieur Sarkozy, «l’Homme qui savait parler à l’oreille des
policiers» ferait bien de mobiliser toutes ses troupes car avec toutes
les manifestations prévues en ces temps difficiles, il y a de la
verbalisation dans l’air…
« J’ai pas tué, j’ai pas volé…j’ai seulement voulu chanter…. ! »
Et bien «contre… dansez» maintenant !
Gérard GAUTIER
Initiateur du Festival de chanteurs de rue de QUINTIN
B.P. 330 22003 Saint-Brieuc cedex 1
Téléphone : 02.96.33 .50.34