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Le métier de chanteur de rue est honorable Version imprimable
05-06-2003

 

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Le métier de chanteur de rue est honorable  

Valérie Faure, une avocate de ce Barreau, au motif que cette dernière aurait «manqué aux principes d’honneur et de bonnes mœurs en jouant de l’accordéon dans la rue en sollicitant la générosité du public»  Elle accompagnait, en fait, son mari chanteur de rue. Le Conseil de l’Ordre n’avait pas mis à l’époque, les rieurs de son  côté.

Valérie Faure en ayant appelé de cette décision, la Cour d’ Appel de Bordeaux a rendu le 3 juin 2003 un arrêt qui la relaxe purement et simplement des poursuites disciplinaires. On se félicite du dénoue-ment de cette affaire un peu rocambolesque. 

Cependant, la lecture des attendus laisse perplexe. Sans doute très gênés aux entournures, les juges, dans leurs attendus ont un peu, à la manière des politiques utilisant la langue de bois, «tourné la mayonnaise»… …/…

« l’exercice de la profession d’avocat dans la dignité exclut toute activité publique et privée susceptible de porter atteinte à cette dignité : la profession d’avocat interdit pour celui qui entend l’exercer, de solliciter la générosité du public, en jouant de la musique dans les rues et sur les marchés en dehors de toute organisation officielle.

En effet, solliciter la générosité publique dans les rues et sur les marchés comme le font les musiciens aux modestes ressources et n’ayant pour survivre que leur art est, dès lors qu’il est accompli dans un but de profit  personnel et privé, un acte de subsistance et non une juste rémunération d’un talent déployé, l’obole déposée par le public pouvant avoir aussi bien comme motivation la récompense de la qualité artisanale déployée que la sanction d’un art décadent dont il est souhaité la fin rapide de sa manifestation.

Aussi lorsqu’il s’adonne à une activité artistique et plus particulièrement à une activité musicale dans la rue, l’avocat donne inévitablement aux passants qui le reconnaissent ou ont été renseignés sur sa qualité profes-sionnelle, l’idée que le métier d’avocat est une peu reluisante profession dont l’exercice ne suffit pas à assurer à celui qui la pratique une existence digne et décente… » …/…

Concernant l’interdit fait aux avocats, il ne semble pas exister de texte donnant un fondement à cette affirmation ? Par ailleurs Il serait intéressant de savoir qui détermine le caractère d’une organisation  «officielle» ?

Chacun appréciera  les propos concernant les chanteurs de rue. On comprend difficilement et on le regrette, que les gens de robes, pour rehausser le prestige de leur profession  puissent  porter atteinte  la dignité de celle des chanteurs de rue, en les rabaissant de telle manière ? Ces artistes, comme tous ceux qui les soutiennent  se sentent offensés. Il semble difficile d’accepter, de plus, le souhait de la fin rapide de ce qui est une facette de leur «liberté d’expression». 

Ces propos sont, à tout le moins, injurieux et oublieux des réalités difficiles d’une profession à caractère culturel. La rue, du fait de la disparition de nombreux petits lieux d’expression permet ’éclosion de nouveaux talents. Les chanteurs de rue, eux, sont des acteurs de la survivance de la chanson française.  Ils sont porteurs de lien social, leur rôle est reconnu sur le plan sociologique. Les chanteurs de rue appartiennent de plein droit aux Arts de la Rue dont une Société, digne de ce nom, doit s’enorgueillir. Il est souhaitable que «l’art décadent», dépassant l’intolérance qui va souvent avec l’ignorance, perdure pour le bien de tous ceux qui en vivent, parfois bien, et pour tous les publics qui sont heureux de les écouter, de communier avec eux, pour, parfois, tout simplement, un moment de bonheur. 

Le public qui sait être, souvent, bon juge.

Gérard GAUTIER
Initiateur du Festival de chanteurs de rue de QUINTIN
B.P. 330 22003 Saint-Brieuc cedex 1
Téléphone : 02.96.33 .50.34
 
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